Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


mardi 31 mai 2005


L'envers du X

les victimes d’inceste ou de viols, les droguées ne sont pas prises en charge par la société pour bénéficier d’un traitement ou d’un processus d’aide. Elles sont alors directement manipulées par des souteneurs ou des producteurs, parfois dès la sortie des foyers. Elles sont récupérées de façon industrielle pour alimenter les productions bas de gamme en tout genre, jusqu’avec des dogues, des ânes, des chevaux, etc. Chacun y trouverait son compte, que ce soit les services sociaux déjà saturés et incapables de répondre à la demande, ou, bien sûr, les boîtes de production du X tout venant, qui font leur beurre sur ces anciens enfants martyrisés, habitués à la douleur comme à la docilité.
Voilà le voile que lèvent les associations sur ces filles.


GANG BANG — La pornographie, bagne sexuel ndustriel
Via rezo.net

A lire d'urgence... en intégralité, en dépit des mots qui heurtent, et d'une furieuse envie de vomir...





Sa clef est dans la boîte aux lettres.

Une étrange sensation au moment où j’arrive chez moi et que je retrouve le double des clefs dans ma boîte aux lettres. Je n’avais pas pensé à cette éventualité en quittant mon appartement ce matin. La porte de l’appartement est fermée à clef. La clé est dans la boîte.

Plus jamais elle n'ira dans la poche où des années durant, elle est restée. Enfin ! Ils sont partis ! La porte de l'appartement est fermée à clef. Enfin ! Ils m'ont laissée !

Ils ne seront dorénavant plus là pour m'expliquer qu'il est préférable de ranger les confitures ici plutôt que là. Ils cesseront enfin de fureter dans mon appartement dont ils m'ont quasiment dépossédée au prétexte de me simplifier la vie. Ici je ne suis plus chez moi mais chez mon mari dont ils sont les seuls représentants.

Je serre sa clef dans le creux de main. C'était la sienne, celle de son appartement, celle de mon appartement et celui de nos enfants.

Seule. Seule après toutes ces années. Seule à affronter la vie. Seule quand tout le monde voudrait m'entourer. D'aucuns pour m'aider, d'autres par pur désoeuvrement, pour se donner une contenance parce qu'ils ne savent plus quoi faire de leur propre vie.

Seule ! Dépouillée du sens de ma vie, de mon appartement et presque de mes enfants, je n'aspirais plus qu'à l'être.

Hideux dialogue de sourds où l'on se lamente sur votre sort : « mais comment va-t-elle s'en sortir toute seule », alors que vous-même n'aspirez plus qu'à l'isolement.

Laissez-moi seule avec ma vie en lambeaux, mes enfants, mon chat et mon appartement.

Laissez mes confitures à leur place et cessez donc de laver les affaires de mon mari ! Je souhaitais tant conserver l'empreinte de son odeur...

Filez ! Fuyez ! vous n'êtes pas seulement chez lui mais aussi chez moi et je suis de celles qui pansent leur plaie en solitaire !

Cessez donc de vouloir organiser ma vie, de faire de ma cuisine un jeu de piste pour retrouver le sel et laissez-moi enfin pleurer mon mari et me recueillir avec mes enfants !

Vous ne voyez donc pas que je suis en train de me débattre pour que ceux-ci conservent au moins leur quotidien, dernier repère d'une vie qui s'est effondrée, qu'ils vont à l'école, qu'ils ont même des devoirs à faire et qu'ils n'aiment pas vivre dans un hall de gare ?

Laissez-moi pleurer ma mère et ne vous en déplaise, parler d'elle avec mes enfants.

Si je n'ai dorénavant plus de parents, nul ne prendra leur place.

Si je n'ai dorénavant plus de mari, nul ne me parlera en son nom.

Sa clef est dans la boîte aux lettres. J'aurais préféré qu'elle ne quitte jamais sa poche. Sa clef est dans la boîte aux lettres et elle n'ira plus jamais dans la leur. J'en fais le serment !

  

Ce billet constitue ma participation au Billet en sablier du lundi de Kozlika.

  

Toute ressemblance avec des faits qui se sont réellement déroulés n'est pas totalement fortuite.

  



lundi 30 mai 2005


Bloguons sans peur et sans reproche !

De fait, dans la plupart des cas de blogs menacés de poursuites par des personnes mécontentes s'estimant mises en cause, les poursuites annoncées échoueraient immanquablement. Dans bien des cas, elles visent juste à effrayer le blogueur, qui est un impécunieux notoire et préfère mettre hors ligne un billet plutôt que d'engager quelque frais pour se défendre.


Indispensable billet chez mon confrère Eolas : Blogueurs et responsabilité pour tous ceux qui veulent bloguer sans peur et sans reproche et même rire à gorge déployée de certaines assertions trop fréquemment répandues.




dimanche 29 mai 2005


Où l'on fête les mères.

Maman je taime plus que tout au MONde et papa ossi ma petite maman cheri que jaimerai pour toujour

Cette année, ils n'ont rien ramené de l'école et c'est heureux car les cadres en agglo fabriqués à Taiwan encore sous cellophane ou les mini pot-pourris senteur WC offerts par la mairie et distribués aux enfants 15 minutes avant la sortie des classes afin de les remettre le lendemain à maman transformaient le collier de nouille en somptueuse création artistique !

Ils en ont vaguement parlé qu'aujourd'hui c'était la fête des mères mais je me suis empressée de leur dire que ce n'était pas très important et je pensais qu'entre Thoiry hier et la piscine ce matin ils avaient eu le temps d'oublier.

Moi, j'y pensais cependant. Je pensais qu'il y a deux ans, j'aurais téléphoné à ma mère pour lui dire qu'il ne fallait pas qu'elle compte sur moi pour lui souhaiter une fête qu'elle abhorrait, et encore, elle était chanceuse car comme j'étais d'humeur facétieuse j'avais presque pensé à lui offrir un aspirateur où une friteuse ! Elle aurait ri aux éclats et elle m'aurait remercié d'avoir pensé à l'appeler.

Et puis on aurait tout de suite changé de sujet pour deviser de longs moments sur le référendum, pour s'esclaffer de cette campagne politique qui brille par sa médiocrité, des choix de Chirac qui, cette fois à l'échelle de l'Europe, nous a refait le coup de la dissolution, on aurait fait des pronostics, on aurait échangé nos idées...

J'étais perdue dans mes pensées quand Tarquinet me lance : « Maman, tu as regardé sur l'ordi ? ».

Je lève les yeux et je vois posé devant l'écran un cahier très particulier. Un très beau cahier que son papa lui avait acheté le dernier été, juste avant la rentrée. Quelques jours à peine avant de nous quitter pour toujours.

Tarquinet n'avait jamais rien écrit dans ce cahier. Il le gardait précieusement, c'est tout.

Aujourd'hui sur une page du beau cahier, Tarquinet a tracé des mots pas seulement pour moi, mais aussi pour papa.




vendredi 27 mai 2005


Les tarquinets se déclinent en deux sous-espèces :

Chez les Tarquinioles, nous avons dorénavant des tarquinets mâles à poils courts :

Tarquinet et Tarquinou à poils courts

  

En revanche, et en dépit de nombreuses menaces, la tignasse de Tarquinette a été conservée !

Tarquinette

  



jeudi 26 mai 2005


Des souris et des tarquinous

Tarquinou est un drôle de petit garçon qui :

  • quand je lui dis « je t'aime » me rétorque « je t'ééé maman »

  • quand je lui dis « je t'adore » me rétorque « je t'adooo maman ! »

  • quand je pars travailler réclame « bidou ! » « bidou ! » Et apprenez que « bidou » ne signifie pas « bisou » mais « Scoubidou » ! Oui, comme il n'aime pas que je parte il réclame incontinent le film qu'il préfère et dans lequel il s'absorbe... Je ne fais pas autre chose lorsque je plonge dans mon ordi ou dans un bouquin pour ne pas penser à Tarquin...

  • Tarquinou, quand on lui parle de son papa, il vous rétorque très spontanément « papa é mo ! »

  • Tarquinou a un nouveau film fétiche : les indestructibles !! où M. Indestructible est « papa » !, Elastigirl est « Maman » et Tarquinou une souris féroce !
  

N'empêche que Tarquinou a raison, tous les papas devraient être indestructibles...

  



mardi 24 mai 2005


Photo d'un jour, photo toujours.

Tarquinet les yeux perdus dans la télé



Dans le grenier de la demeure, il y a des valises pleines de photographies, sur nombre d'entre elles figurent des personnes aujourd'hui disparus, je pourrais donc considérer que ces bagages contiennent tout ce qu'il reste de mon histoire.

Mais en réalité, cela ne m'émeut guère.

Non, moi les photographies qui me font monter les larmes aux yeux ce sont les tirages maison en noir et blanc, ceux où je figure, seule ou avec zomozygote. Non par narcissisme ou égotisme mais parce que ces photographies là sont l'incontestable témoignage de l'amour de Papa.

Quand je les ai sous les yeux je ne peux pas ignorer combien il nous aimait.

Alors maintenant, allez savoir pourquoi, je n'ai de cesse de prendre mes enfants en photo...




lundi 23 mai 2005


Comment je venge mon papa et ma maman

J'avais 26 ans, c'était l'année où j'avais prêté serment et où nous avions recueilli Tarquari. Je ne savais pas encore que j'abritais une véritable déveine de tragédienne.

Un soir de juillet, j'avais 26 ans, un papa et une maman.
Un matin de juillet, j'avais 26 ans, mais plus de papa et une maman dont il n'y avait pas que les os qui étaient fracassés.

C'était mon premier drame, je l'ai reçu de plein fouet, l'horreur le disputant à l'incrédulité, puis au dégoût le plus profond quand ses circonstances furent connues.

C'était le premier et j'en ai gardé un tel sentiment d'iniquité, une telle intensité dans la douleur qu'encore aujourd'hui une sourde colère gronde.

Alors quand j'en tiens un de ces chauffards, de ces soudards avinés multirécidivistes qui démolissent des vies et brisent des familles collectionnant les annulations de permis et la fuite des responsabilités ; quand j'en tiens un de ces fanfarons qui ivres au dernier degré vont réussir à accuser un mort des pires forfaits routiers ; quand je les entends balbutier des excuses bidons plus préoccupés par l'idée de perdre leur permis que celle d'avoir tué quelqu'un ; quand je les tiens à portée de main, juste sous le nez de leurs juges, alors je me rappelle.

Je me rappelle la douleur qui vous tord les tripes, qui vous fait vomir, je me rappelle la rage et l'envie de mordre, je me rappelle non seulement ma peine mais toutes celles que j'ai vues défiler, tous ces clients effondrés, abîmés, détruits, ces estropiés, ces orphelins, ces veuves ou ces grands blessés.

Alors, quand j'ai le ventre serré et la voix qui tonne, je sais combien elle est féroce et mordante ma colère !  

Ce que secrètement j'espère, c'est que dans le silence d'une nuit à Fleury, ils cessent un instant de penser à leur permis, à leur belle voiture inemployée ou à la guigne dont ils s'estiment victimes ; que dans le silence d'une nuit à Fleury, ils l'entendent enfin cette douleur, cette rage, ce désespoir et qu'ils comprennent enfin pourquoi ce mal-là est inacceptable.

C'est dans les salles d'audience que je venge mon papa et ma maman.




dimanche 22 mai 2005


Douceurs épistolaires

gervaise ai toute pouri du zizi et des faice moisi pouri des crote de nez moisi pouri qui pice le caca et la merde

Mouais... Tarquinet aurait mieux fait de ne pas "dire" ça ... et encore moins de le laisser traîner en évidence sur le bureau !!

Ça va barder !!




Terrain vague

des tags sur le mur d'un terrain vague



samedi 21 mai 2005


Détournement de canon !

Tarquinet avec MON canon !

Je rêve ou son sourire est sardonique ?




La guigne...

Un hortensia artificiel

Déjà ce matin, le CD censé ressusciter mon VAIO est demeuré muet... et en tout état pas suffisamment costaud pour le ranimer... « Je vous en envoie un autre » m'a-t-on dit. Bon j'attends... de toute façon au point où j'en suis, je n'en suis plus à une semaine près.

Comme la journée commençait mal et que je craignais de ne pas parvenir à fuir mes démons, je pensais pouvoir protéger mes marmots de ma ténébreuse morosité persistante en m'ensauvant loin d'ici. Branle le bas de combat on décide de passer la journée à Thoiry ! On mangera là-bas ! On mangera n'importe quoi, et même de la barbe à papa ! On prends les appareils photos, un biberon, deux couches et on file. J'ai fait trois mètres.

Le temps de m'aperçevoir que j'avais un pneu à plat.

J'ai compris comment sortir la roue de secours, j'ai débusqué, extrait et débloqué ce putain de cric puis je me suis en tête de comprendre où il pouvait bien se poser (le mode d'emploi de la voiture a beau être en italien, j'ai quand-même compris qu'ils n'envisageaient à aucun moment de manier un cric pour changer une roue...)

Je commençais à me résoudre à demander de l'aide quand un charmant voisin est passé et m'a expliqué que c'était sur l'aspérité-là qu'il fallait le placer (les italiens apprennent-ils à manier le cric au berceau pour se dispenser de signaler ce surprenant logement ?).

Malheureusement tout s'est arrêté là : les écrous sont vissés tellement serrés qu'ils ont été impossible à retirer, mon charmant voisin y a laissé une clef "à rallonge" qu'il a refusé que je lui rembourse et le garagiste m'attend lundi matin, avec, sans doute, non plus une roue a réparer mais un jeu de pneu-avant à changer...

Au point où j'en étais, après avoir affronté la déception des tarquinets et m'être résolue à ne même pas savoir changer une roue toute seule, je me suis dit que c'était le moment où jamais de remettre les pieds au cimetière que j'ai fui depuis de longs mois et d'aller admirer les plantes crevées qui ne manqueraient pas d'ornementer le dernier refuge de mon Tarquin.

Et bien, les plantes ont survécu, elles... super !




jeudi 19 mai 2005


Fermeture sporadique

noir



mercredi 18 mai 2005


Mouahahahah





Flagrant délit

Tarquine endormie

On ne devrait jamais apprendre à ses enfants à se servir d'un appareil photo...

Bon, puisque je détiens la preuve flagrante qu'il l'a utilisé sans requérir mon autorisation, je m'en vais de ce pas entrer en voie de condamnation ! !





Etre patron d'entreprise, il faut que je vous le dise ...

« Ne cherche plus, jeune journaliste aux cheveux ébouriffés et aux goûts musicaux hypes et pointus: pour notre édification à tous, quelqu'un a déjà pensé à écrire l'hymne des blogentrepreneurs Leumeuriens.  »

Le chant des Lemeuriens — chez Melismes




mardi 17 mai 2005


Où je n'aime pas que l'on dévoie le féminisme !

Je ne sais pas ce qu'il va sortir de ce scrutin du 29 mai, mais franchement mon avis sur la question est d'ores et déjà définitif : la constitution rend con !!

Après le SPAM de nullisimes réactionnaires en mal de justification divine, j'ai découvert aujourd'hui le communiqué suivant : « Un appel pour un non féministe » :

« Au nom "du combat pour le progrès social et de l'égalité des sexes", des associations féministes appellent à voter non. Elles se sont rassemblées en une Coordination féministe pour le non à la Constitution - Appel des 200. «La Constitution subordonne les droits sociaux au respect de la concurrence et aggrave les effets de la domination patriarcale+, estiment les signataires. »



Un appel pour le non féministe ? Eu égard à mes convictions sur ce sujet, l'article me semble pour le moins lapidaire...

J'engage donc des recherches sur cette nouvelle affirmation relative à ce contient cette fameuse Constitution européenne, exécutoire de toutes les passions du moment...

Je reconnais avoir une certaine défiance face aux mots grandiloquents que l'on prononce avec d'autant plus d'emphase qu'il s'agit de dissimuler l'absence de rigueur d'un raisonnement.

C'est donc avec beaucoup de circonspection que j'accueille les invocations au "droit de la concurrence" et "l'aggravation des effets de la domination patriarcale"... Difficile d'imaginer meilleur exemple de langue de bois...

J'avoue par ailleurs qu'en matière de féminisme, je reconnais à certaine le statut de pointure hors catégorie... Madame Simone Veil en faisant partie au premier chef !

Or, il se trouve que Madame Simone Veil n'a pas exactement compris cela de la constitution...

Comme je n'aime pas beaucoup me contenter d'une formule "prête à penser" dans laquelle je n'aurais qu'à me glisser, je procède derechef à des recherches afin de déterminer par moi-même pourquoi la constitution européenne nuirait aux femmes.

Mal m'en a pris car ce que j'y ai lu ne m'a convaincu que d'une chose... c'est que c'est du pur foutage de gueule ! C'est de la récupération de bas étage sans envergure et sans talent et l'idée qui sous-tend ce genre de discours me dégoûte au plus haut point !

Je tiens d'abord à préciser que pour le coup je me suis moi-aussi avalé la constitution et plus particulièrement sa deuxième partie relative aux droit fondamentaux dans l'Union.

Venir soutenir que la constitution nuit aux femmes en raison de leur sexe est du même ordre que d'accuser la constitution du 4 octobre 1958, le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 ou la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, de préjudicier aux femmes... Ils s'agit de textes fondateurs rédigés en termes généraux et il faudrait une particulière mauvaise foi pour soutenir qu'ils nuisent à mes intérêts d'animal sexué...

Et bien la constitution européenne, c'est pareil ! sauf qu'en plus, elle dit cela :

Article-II-83 Égalité entre femmes et hommes

L'égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d'emploi, de travail et de rémunération. Le principe de l'égalité n'empêche pas le maintien ou l'adoption de mesures prévoyant des avantages spécifiques en faveur du sexe sous-représenté.


Pourquoi donc des associations féministes appellent à voter non ? Les arguments sont divers et variés et s'orientent dans deux grande directions

(je passe sous silence la stupidité de l'affirmation selon laquelle " l'autre raison pour les femmes de rejeter cette constitution est l’opposition générale des femmes à la guerre ", qui démontre à mes yeux un sexisme aussi épais que de soutenir qu'une femme doit se consacrer à ses enfants ou qu'elle est nécessairement douce et tendre...)


Bref, deux orientations "anti-féministes" sont à retenir : La première est que "dans le texte du traité constitutionnel, de nombreux droits essentiels pour les femmes (notamment le divorce, la contraception, l'avortement) ne sont pas reconnus"

Personnellement je trouve que l'argument manque singulièrement de brio... C'est oublier avant tout ce que signifie le terme Constitution... Une constitution n'a pas pour vocation à remplacer le code civil, le code pénal et le code de la santé publique ! ce n'est pas parce que la constitution ne mentionne pas le PACS ou le droit des successions que l'Europe est homophobe ou spoliatrice ! Ne figure dans la constitution que le corpus commun des principes fondamentaux de ses états membres, c'est le propre des textes fondateurs et soutenir que cela constituerait un recul dénote une méconnaissance totale des mécanismes constitutionnels.

Bref, on reproche à la constitution européenne d'être précisément une constitution... Cela ne me convainc pas

L'autre pendant à cet appel au non est d'ordre économique, c'est l'adaptation aux femmes du discours d'ATTAC ou du PCF et cet aspect là me fout singulièrement en boule...

Ne vous trompez pas, ce qui me fout en boule ce ne sont pas les arguments politiques d'ATTAC ou du PCF contre la constitution.

Ce qui me met hors de moi c'est qu'au prétexte de féminisme on vous balance des arguments strictement politiques ni n'ont rien à voir de près ou de loin avec le féminisme.

Autant je peux respecter les premiers autant cette récupération sans envergure me dégoûte.

Non le féminisme n'est pas une valeur de gauche ! Et c'est moi, que d'aucuns trouvent gauchiste qui le clame ! J'ai trop entendu les discours enflammés de ma mère dont nul ne pourrait mettre en doute la sincérité, j'ai bien trop de respect pour Madame Veil pour me laisser prendre dans des rets aussi épais ! A quand le discours selon lequel il n'y aurait que de bonnes féministes que de gauche ?

Je remarque d'ailleurs que d'autres associations féministes se sont déclarés pour le OUI pour des motifs bien plus pertinents que l'analyse de bas étage que l'on nous sert ici...

Laissez donc les femmes choisir en conscience leur orientation politique, sans vous ériger en gardien du temple! C'est cela aussi respecter les femmes !





Rions un peu

Alors que j'attendais paisiblement mon tour dans la queue d'une boulangerie de quartier, la dame qui me précédait s'est brusquement retournée afin de me signifier d'un regard mauvais que mon rire la dérangeait.

Il est vrai que j'étais éperdue de rire devant mon PDA :

« C'est ainsi que notre pays est devenu un grand manège où l'on tourne en rond. Avec deux conséquences palpables : des véhicules qui ont tendance à s'affaisser sur leur côté droit, et la prolifération d'un nouvel art populaire sur les îlots centraux. »

(...)

« L'épanouissement de l'art giratoire divise le pays presque aussi radicalement que le projet de Constitution européenne. Une France d'en haut y voit un cauchemar : «Terribles symboles de la nullité culturelle d'élus à l'imagination artistique débordante, où le dérisoire rivalise avec le pathétique, cela aux frais du contribuable+, assène l'historien d'art Robert Métivier (1). La France des administrés, elle, trouve cette déco plutôt chouette... »


Circulez, ronds-points à voirLibération — Édition du 16 mai 2005.


A peine revenue de mon échapée, j'inondais mon clavier de miettes en m'étranglant de rire avec l'inimitable verve d'Eolas :

« Et bien moi je dis : vive les 4x4 urbains, vive le nucléaire, touchez pas à mes actions Carlyle et Halliburton, ni à mon bol de Corn Flakes transgénique, ni à mon slip kangourou à 1 euro fabriqué en Chine. Je refuse de trier mes ordures si on ne me paye pas pour ça, je n'achète jamais "Le Réverbère", et quand vous rouvrirez les goulags, je suis volontaire pour être dans le premier convoi.

Oui, je suis votre pire cauchemar, et comme tous les vrais méchants de ciné, je caresse le rêve secret d'être à l'origine de la fin du monde après avoir réduit l'humanité en esclavage (rire diabolique). »


Commentaire d'Eolas chez Embruns.




lundi 16 mai 2005


Presse expresse

Dans la presse, certains perdent la mémoire :

« Dans l'idée qu'il pourrait peut-être écrire son patronyme, on lui a donné une feuille de papier et un crayon. En fait de mots, il a réalisé un croquis détaillé d'un piano à queue. Tout excité, le personnel de l'hôpital l'a amené dans la chapelle de l'établissement où se trouvait un piano. L'homme s'est assis devant l'instrument et a commencé à jouer, transfiguré. Pour la première fois depuis sa découverte, il paraissait calme et détendu. Il a joué des heures durant. C'est un virtuose dit-on, d'exception renchérissent certains. »

«Pianoman+Libération — Edition du 16 mai 2005 »


D'autres feraient bien de se souvenir qu''il n'y a pas de pire publicité que celle que l'on voudrait faire disparaître... et qu'internet n'est pas dénué d'une certaine forme de mémoire... (Via Embruns et un commentaire de Karl.)

Et puis, à Cannes, d'aucuns deviennent lyriques :

« Il s'agit d'une fellation, filmée en plan serré, comme jamais encore on n'en avait filmée. Avec une lenteur infinie, avec une douceur infinie, comme une effusion douloureuse, comme l'expression d'une configuration métaphysique. Lui d'abord, obèse, basané et recueilli. Elle ensuite, au terme d'un mouvement insensible qui révèle sa tête collée au pubis et la blondeur de ses tresses, puis, dans le contre-champ qui dévoile l'organe, la clôture spirituelle des paupières, la blancheur et la jeunesse de sa chair. Contrairement à la fameuse peinture de Magritte, aucun texte n'est requis pour signifier que "Ceci n'est pas une pipe". »

"Batalla en el cielo" : le Mexique du sexe, du sang, du sacrifice humain !— Le Monde — Edition du 16 mai 2005.




vendredi 13 mai 2005


La mort, l'amour et la déveine

J'ai compté : dans trois jours, cela fera exactement 90.125 jours que je suis née. Oui, vous lisez bien : j'ai 246 années, 8 mois et 27 jours et non je n'ai pas oublié les années bissextiles. « Comment ? Cela n'est pas possible ? » C'est pourtant vrai.

Vous n'avez jamais eu l'impression que parfois le temps s'accélérait ? Qu'il comptait double ? Voire triple ?

Vous savez, comme quand vous écoutez Jacques Brel pleurer en chantant « Ne me quitte pas ». Vous ne l'avez pas ressentie vous cette soudaine pesanteur dans le cœur ? La conscience particulière que la douleur que vous ressentez est celle d'une pleine éternité ?

Souvenez-vous, il le chantait aussi dans Orly : « Ça y est, elle a mille ans »

La première fois que je m'en suis aperçue c'est en lisant Anna Karénine, un passage de quelques lignes seulement [tome II, page 165 de l'édition du livre de Poche (Cf. extraits)], celui où Varenka et Serge Ivanovitch se perdent à tout jamais, celui où leur échappe le seul instant où ils allaient enfin pouvoir s'aimer et peut-être même toucher le bonheur.

Qu'il est donc lourd le temps des drames et des occasions enfuies. Comme elles pèsent ces enclumes de larmes, de géhenne ou d'aubaines irrémédiablement perdues.

Léon Tolstoï est un génie ! Je l'ai su quand j'ai compris que certains hameçons mettent des années à s'affûter puis quelques secondes pour s'émousser. Après, il est trop tard à tout jamais.

Et pourtant... moi je l'ai planté mon hameçon ! Je l'ai planté dans le cœur de l'homme que j'aimais !

J'ai 90.122 jours, j'ai 246 années, 8 mois et 27 jours néanmoins je ne suis pas née le 14 août 1758.

On dit parfois que la vie est une putain. Mais ce n'est pas vrai ! Jamais putain aussi cruelle n'a vécu ici bas. Non, la vie est une cautèle ! La vie, elle se déguise en souriante gitane aux couleurs acidulées pour mieux vous clouer au pilori. Ne vous fiez pas aux jupons vert pomme et aux froufrous jolis. Si la vie vous sourit c'est peut-être qu'elle veut mieux encore vous tordre le cœur !

Et n'imaginez pas pouvoir lui fuir, qu'il s'agisse d'amour et de mort, elle vous harponnera où que vous soyez, au goulag ou sous les cocotiers, à 15 ans révolus ou au grand soir de votre ultime sortie.

L'amour et la mort, la mort et l'amour, ces mots pour moi désormais se confondent.

J'ai 246 ans et l'impression que cela ne m'affecte plus guère. Non, décidément, je ne vous dirais pas que je suis d'une humeur de chien ou fatiguée des hommes, ni même que j'attends la fin en comptant les années. Non, je suis bien trop anéantie pour penser à l'amour et à la mort. Le premier est parti, la seconde m'a déjà tout pris. Dorénavant je me contente d'encaisser le temps en ne me divertissant que de mes seuls coups de dents.

Et ne me dites pas que dans 15 ans révolus, au goulag ou au soir de mon ultime sortie je me prendrai à y songer. A cela, je ne veux point songer.

  

Ce billet constitue ma seconde contribution au dis-moi dix mots de Kozlika, vous pouvez par vous-même vérifier qu'il contient donc les éléments suivants :

  • quelqu'un : Jacques Brel
  • un lieu : sous les cocotiers
  • un repère temporel : dans trois jours
  • un autre quelqu'un : Léon Tolstoï
  • un nombre : 90125
  • une couleur : vert pomme
  • une caractéristique personnelle : la cautèle
  • une humeur : une humeur de chien
  • un objet : un hameçon
  • un truc quelconque : le bonheur