Quand le passé est présent, le "je" devient "on"

Je les regarde grandir en pensant à lui.
Curieuse sensation où je les vois perdre leur traits enfantins pour prendre qui les yeux, qui le nez, qui le rire de leur papa.
Je reconnais la courbe d'une joue, le dessin d'une oreille et même la forme d'un crâne.
Et moi, je ne sais toujours pas dire « je », j'use du « on » à foison, pronom indéfini qui me permet d'associer indéfiniment "Papa" aux prises de décisions et aux félicitations. En revanche, toute forme de réprimande ne s'articule qu'exclusivement à la première personne du singulier. « Je ne suis pas contente ».
Je leur raconte ses histoires, ses bêtises, ses drôleries, et surtout l'immense amour qu'il leur portait.
Ils rient, pleurent parfois, mais en redemandent toujours.
Le temps s'est arrêté un après-midi de septembre avec son cœur dans une chambre d'hôpital. Il reste ses histoires, ses bêtises, ses drôleries et son amour.
Il ne reste plus que cela.
Par Veuve Tarquine
vendredi 25 mars 2005 à 00:58
Chagrine Tarquine
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