Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


mercredi 30 mars 2005


Maladive collusion

Il y a des jours où je rêverais d'être une vieille bique célibataire SANS MARMOTS ET SANS ORDINATEUR !

Comprenez-moi le mercredi pour moi devrait être une journée de repos ! Si je conçois aisément que ledit repos du mercredi en compagnie de trois enfants ne soit en réalité qu'une pure gageure, il ne faudrait pas trop épuiser la bête...

Passer la nuit en compagnie de deux enfants fiévreux qui toussent et vomissent à qui mieux mieux ne fait pas exactement des activités relaxantes.

Quand de surcroît et pour la seconde fois en à peine deux mois votre VAIO vous plante là sans sommation et sans autre remède qu'une réinstallation complète, je rêve d'une vie où je me consacrerai uniquement aux points de croix, aux réunions Tupperware et à la pêche le long des bords de seine...

Incontinent, je file étrangler l'insolent qui ne dort pas encore avant d'aller prendre une double ration chez Morphée...




mardi 29 mars 2005


Premier printemps

Quand on me demande mon âge souvent j'hésite. Non parce que j'ai des coquetteries de vieille dame mais parce que je ne m'en souviens jamais.

Jamais je ne souhaite les anniversaires, tout simplement parce que je ne m'en souviens pas plus, et il n'y a que celui des Tarquinets que je ne laisse passer.

Et chaque année je tombe des nues quand il se trouve quelqu'un pour me souhaiter le mien, je réalise alors que mon âge a crû d'une unité ce qui m'indiffère assez je crois.

J'avoue que complètement désemparée par l'arrêt de ses carnets, j'ai omis de souhaiter à Pierre un bon anniversaire, ce dont je m'acquitte ici présent.

Et avec deux jours de retard, je m'aperçois que de bric et de blog vient de fêter son premier printemps.

478 billets et 4.140 commentaires après la genèse, je peux affirmer que je ne regrette rien, que ces feuillets ont fait bien plus que passer le temps et qu'ils ne seraient rien sans vous. J'ai commencé ces gribouillages parce que j'avais arrêté de fumer, que je n'aime pas boire et que j'avais peur de chercher dans les jeux en ligne une vie meilleure au détriment de mes marmots. Consciente qu'il était trop tard pour me noyer dans l'alcool et trop mère pour tout foutre en l'air, je me suis accrochée à ce petit bout de net.

Je me souviens de mes premiers émois de blogueuse et au premier chef de mettre les mains dans le cambouis, je me vois écumer les forums et les premiers blogs pour trafiquer les fichiers idoines à une installation sous free, je me rappelle de ces formidables essais où j'assignais des couleurs criardes à chaque élément pour déterminer précisément la façon dont ceux-ci s'agençaient, m'amusant déjà d'exposer des laideurs.

J'ai ensuite adoré découvrir petit à petit, au hasard d'un accord entre deux couleurs ce à quoi allait ressembler cet endroit. Étonnée et un peu abrutie après avoir abusé des coloris perroquet c'est le #fff4ff qui a emporté le morceau, et ce, alors que d'aussi loin que je me souvienne je n'ai jamais aimé le rose...mais j'aimais le bleu et ce bleu-là était encore plus beau sur du rose. Fi des convictions, ce qui compte c'est ce que l'on aime, et non ce que l'on n'apprécie guère, le rose aura donc ici droit de cité !

Ces tâtonnements effectués, j'ai enfin saisi la plume, j'ai couché sur ces feuillets ce qu'il était plus facile d'écrire que de dire. Je n'avais plus d'interlocuteur pour tuer le temps de mes soirées esseulées alors je les ai passées ici, avec vous. J'ai ri, j'ai pleuré, je me suis mis parfois en colère, j'ai réfléchi, balbutié, découvert des quantités de choses, fait des rencontres extraordinaires, sans doute été ingrate et souvent, j'ai regretté, prise par le temps, de vous avoir négligé.

Je ne crois pas avoir triché, je ne pense pas m'être façonnée un masque de scène, même si je sais avoir durci les traits de mes réparties pour être bien certaine de ne rien susciter qui pourrait ressembler de près ou de loin à de la pitié.

Ce qui est certain c'est que jamais je n'avais imaginé que cette année passerait si vite et qu'elle verrait autant de visiteurs venir feuilleter ces billets ! Je n'ai jamais eu d'idée déterminée en commençant ces griffonnages, je ne sais pas non plus ce que le temps leur réservera mais je sais que je vous dois un grand merci. J'ai bien conscience que la formule est un peu sèche, mais elle est éminemment sincère, sans aucun autre artifice que celui de vous dire que je vous dois beaucoup.




lundi 28 mars 2005


Où Laon voit l'ost

Bertrade, dite Berthe au grand pied épouse de Pepin III le bref et mère de Charlemagne y est née. Moi, plus modestement, j'allais souvent me perdre dans ses ruelles, d'abord avec mes parents puis avec Tarquin.

J'aimais y chercher les animaux invraisemblables juchés sur les pentes vertigineuses de sa cathédrale, bœuf ou guépard, agnelet ou dragon, tous devenus à cette altitude des chimères éternelles. J'aimais déambuler sur ses pavés grossiers et luisants de pluie, souvent près de mon père, parfois en goguette avec ma mère et plus tard dans la main de Tarquin.

Moi qui collectionne les souvenirs autant que les vieilleries, je ne pouvais pas ne pas y emmener les tarquinets ! Alors tous les quatre, sous une fine pluie axonaise nous avons investi la cité, nous l'avons transpercée de part en part, sautant sur ses pavés et courant sur ses remparts.

Grands amateurs de cathédrale, celle-là les a enchantés ! Il faut dire qu'être accueillis par un hippopotame et un rhinocéros a été pour le moins apprécié ! Ils y auraient bien passé la journée, cherchant les tombes de chevaliers (qui sont légion au milieu des dalles), admirant les statues de « reine dont le bébé s'est tué » et surtout allumant leur « bougie en pensant à Papa et aussi à Mamou et même à Papou mais je m'en souviens pas ! »

Une fois la bruine retrouvée, je les emmenés là où l'horizon est formidablement loin et je leur ai raconté à quoi servaient ces remparts et pourquoi cette ville dominait le nord et le sud, l'est et l'ouest. Je leur ai conté le temps des guerres, des catapultes et des hallebardes, le temps de la féodalité.

Et je leur ai dit que là où nous étions nous pouvions presque voir ces seigneurs et leur ost immense et bigarrée s'avancer dans le lointain, de là où nous étions nous les attendions d'un moment à l'autre !

En tout cas c'est que mon père me disait et je crois qu'il avait raison. Je ne vais jamais là-haut sans saluer cette armée, c'est ma façon à moi, sans cierge ni prière, de penser à mes morts.




vendredi 25 mars 2005


Quand le passé est présent, le "je" devient "on"

Tarquin et Tarquinou

Je les regarde grandir en pensant à lui.

Curieuse sensation où je les vois perdre leur traits enfantins pour prendre qui les yeux, qui le nez, qui le rire de leur papa.

Je reconnais la courbe d'une joue, le dessin d'une oreille et même la forme d'un crâne.

Et moi, je ne sais toujours pas dire « je », j'use du « on » à foison, pronom indéfini qui me permet d'associer indéfiniment "Papa" aux prises de décisions et aux félicitations. En revanche, toute forme de réprimande ne s'articule qu'exclusivement à la première personne du singulier. « Je ne suis pas contente ».

Je leur raconte ses histoires, ses bêtises, ses drôleries, et surtout l'immense amour qu'il leur portait.

Ils rient, pleurent parfois, mais en redemandent toujours.

Le temps s'est arrêté un après-midi de septembre avec son cœur dans une chambre d'hôpital. Il reste ses histoires, ses bêtises, ses drôleries et son amour.

Il ne reste plus que cela.




mercredi 23 mars 2005


A quand le vrai journalisme d'investigation ?

un vélo

Grâce à Melfrid, cyclo-combattant urbain, je découvre stupéfaite l'allocution radiophonique de Madame Isabelle Monrozier :

« On dit souvent que les cyclistes en ville ne se sentent pas en sécurité, eh bien figurez-vous, moi aussi, au volant de ma voiture je ne me sens pas en sécurité quand je roule en présence de cyclistes, et je me demande pourquoi, finalement, on ne leur fait pas passer un permis. Je croise tous les jours un cycliste qui ne respecte pas le feu rouge du grand carrefour de la Maison de la radio. Le code de la route stipule que les automobilistes doivent laisser une distance de sécurité lorsqu'ils dépassent un cycliste. Mais les cyclistes, eux, ont-ils un règlement quand ils se faufilent entre les voitures? »



Utiliser les ondes pour diffuser les mesquines récriminations que l'on confie habituellement à sa shampouineuse me dépasse un peu mais dorénavant plus rien ne m'étonne dans le paysage audiovisuel français...

En revanche, j'aimerai assez que cette journaliste enfourche sa bicyclette un après-midi dans Paris afin de vérifier in situ le bien fondé de ses glapissements.

Elle pourrait ainsi s'apercevoir que le code de la route en général et les règles de circulation routière en particulier ont été érigées en seule considération des véhicules à moteur et que les plans de circulation parisiens sont parfaitement inadaptés aux vélos.

C'est ainsi qu'il est, en l'état, concrétement impossible d'exiger des cyclistes qu'ils respectent à la lettre les trois quarts des normes dites impératives.

Tout parisien un tant soit peu attentif a d'ailleurs constaté que les policiers qui patrouillent à vélo ne se comportent pas non plus comme cette éminente chroniqueuse semble l'exiger, ce qui démontre la minutieuse observation qui a présidé à la rédaction de sa chronique...

Pire encore, les automobilistes ne se souviennent des règles applicables aux cyclistes qu'à l'occasion d'un feu rouge allégrement franchi mais ignore superbement toutes celles dont les premiers sont censés profiter !

Isabelle Monrozier apprendra ainsi qu'un vélo n'a jamais la priorité, quand bien même il viendrait de la droite, que les pistes cyclables sont des bandes d'arrêt-minute pour automobilistes pressés, que les "sas vélo" ne servent qu'à décorer le macadam de petits vélos blancs sans que l'on puisse exiger des automobilistes qu'ils en respectent la signification.

Je rajoute que dans nombre de carrefour la meilleure façon de rester en vie est d'anticiper le feu vert et de passer avant de se retrouver coincé dans le flux automobile et que si vous avez le tort d'aller tout droit quand la voiture qui vous double tourne à droite, priez pour ne pas être enrouée : un hurlement sonore est la seule façon de conserver votre trajectoire... Que voulez-vous les automobilistes sont du genre primaire....

Et enfin, le plus drôle, je suis bien persuadée qu'Isabelle Monrozier fera la queue pendant des heures derrière d'oblongues files de bagnoles et respirant consciencieusement les émanations de leurs pots d'échappements !

Il convient d'ailleurs de souligner que la plus grande partie des automobilistes est composée de gens d'une autre trempe que celle d'Isabelle Monrozier et la plupart d'entre eux, moins bornés que cette journaliste, déportent leur véhicule dans les files afin de laisser circuler les vélos sur le côté de la chaussée.

Enfin, je puis me permettre un conseil, Madame la journaliste, plutôt que que de clamer votre appartenance au troupeau de frustrés qui enragent de voir un vélo "griller un feu", essayer donc d'imaginer ce que serait la circulation dans Paris si 10%, seulement 10 % des automobilistes prenaient leur vélo.

Je ne suis pas certaine que les 90% restants ne seraient pas gagnants !




lundi 21 mars 2005


Sourire rongeur...

Et pourquoi S.O.S Petite Souris n'existe pas, hein ? Je vous le demande !

Je récapitule :
  • Trouver de la monnaie... alors que l'on est lundi, que je n'ai pas tiré de sous et que j'ai tout dépensé hier au pied de la Tour !
  • Vérifier s'il ne me reste pas un vieux bonbon racorni au fond d'une poche (inutile de fouiller la redoute à bombec, elle est vide ! Je le sais bien c'est moi qui ai tout mangé !)
  • Ne pas réveiller Tarquinette ! Elle croit indubitablement à l'intervention magique de ce facétieux mustélidé : à 20 heures elle allait déjà soulever son oreiller pour vérifier si la bestiole était passée !
  • Ne pas OUBLIER la dent ! Ça c'est ma grande spécialité... merci Tarquari qui m'a déjà sauvé deux fois la mise ! J'ai prétexté qu'à la vue du chat la souris s'est enfui préférant laisser la dent que sa vie !
Je vous l'assure c'est un dur défi d'être à la hauteur des espérances de nos marmots ! Et ce soir, ce n'est pas gagné...



dimanche 20 mars 2005


Ascensionnelle offensive dominicale

Reflet de Tarquinioles

Nous sommes partis en rangs serrés, le cœur vaillant et le pas combatif.

Sortis de sous la terre nous l'avons alors aperçue, altière, triomphante et côtoyant le soleil brûlant.

Alors qu'à de nombreuses reprises et au moment même de l'assaut, nous avions échoués vaincus par le nombre et par l'ennui, aujourd'hui il était dit que notre belle entreprise serait couronnée de succès !

S'il est vrai que le plus petit d'entre nous a capitulé durant l'abordage et cherché refuge chez Morphée, les trois survivants avec poussette et détermination sont parvenus à s'y hisser !

Et je puis vous assurer que quand l'ascension est terminée, la récompense est à la hauteur de sa renommée ! Ce jour, enchantés et réjouis, nous sommes désormais victorieux de Madame la Tour Eiffel.




Le sol vu du premier étage de la Tour Eiffel







« Mais arrêtez de grogner comme un animal ! »

« Alain Bentolila a été témoin, lui, d'une scène de "passage à l'acte" encore plus symptomatique au tribunal de Créteil. Accusé d'avoir volé des CD dans un supermarché, un jeune se faisait littéralement "écraser", ce jour-là, par l'éloquence d'un procureur verbeux à souhait. "Le gars n'arrivait pas à s'exprimer, raconte le linguiste. Le procureur lui a alors lancé : "Mais arrêtez de grogner comme un animal !" Le type a pris feu et est allé lui donner un coup de boule. J'ai eu l'impression que les mots se heurtaient aux parois de son crâne, jusqu'à l'explosion. Quand on n'a pas la possibilité de laisser une trace pacifique dans l'intelligence d'un autre, on a tendance, peut-être, à laisser d'autres traces. C'est ce qu'a voulu faire ce gars en cassant le nez de ce procureur. "Une "trace" chèrement payée : six mois de prison ferme. »
Vivre avec 400 mots — Le Monde du 18 mars 2005

On ne demande certes pas à un procureur d'être gentil, compréhensif et compatissant. Il n'est pas là pour cela ! En revanche, j'exècre cette façon qu'ont certains de vouloir anéantir ceux qu'ils considèrent non plus comme des justiciables mais comme leur proie. Combien en avons-nous vu de ces mises à mort grotesques où l'on sent que la justice n'a plus sa place et qu'elle a cédé le pas à la parodie ?

Je me souviens avoir entendu un bel après-midi de province, une agressive — mais néophyte — représentante de la magistrature debout évoquer à l'audience les ennuis fiscaux d'un honorable commerçant de la ville dont elle avait eu connaissance au cours d'un stage précédent et pour l'heure poursuivi en raison d'un accident de la voie publique...

J'ai entendu un président de Cour d'appel intervenir pour assurer à la prévenue, écroulée de douleur et d'incompréhension que les réquisitions ne constituent en aucune façon l'appréciation de la Cour...

Mais pour être parfaitement honnête, et outre le fait que l'on pourrait en dire à peu près autant de certaines prestations de membres de ma profession, j'en ai vu aussi de brillants ! J'en ai entendu de ces superbes morceaux de tempête empreinte d'humanité. J'en ai vu qui savaient les mots pour faire courber la tête non de haine mais de contrite lucidité.

De tous les métiers judiciaires c'est à mon sens le plus difficile et celui où vous n'aurez pas l'ombre d'une reconnaissance...





L'amour du laid

D'aucuns s'étant plaints de dommages ophtalmiques ensuite de l'exposition de leur précieux globes oculaires à la puissante oeuvre visuelle dite "laide", je vous conjure de mûrir ardemment votre décision de lorgner celle-ci.

Ce billet est réservé à un public pourvu d'un appareil oculaire vigoureux. Il contient une image qui peut être choquante pour certaines sensibilités.

« J'ai lu attentivement les paragraphes ci-dessus et signe électroniquement mon accord avec ce qui précède en cliquant sur le bouton "Lire la suite" »




samedi 19 mars 2005


Les blogs d' Boulogne

  • «19:44 : Y'en a un qui est planqué, qui ne veut rien dire, de peur qu'on dise des méchantes choses sur lui...+
  • «15:36 : 15 €, tu m'lis, Chéri ?+
  • «15:27 : Il veulent reprendre le fil des débats..... Ils sont assis dessus...+
  • «15:15 : Je me barre - Y'a que des menteurs sur scène "j'y passe que 20 mintues" par ci, "je n'écris pas pour être lu" par là. "Moi j'ai un vrai métier..." pffff.. Y'a qu'à les regader tous, ils ont la cerne marquée et les doigts frétillants.;; ILS SONT TOUS ACCROS;+

Et ainsi de suite...

Ils ont l'air de bien s'amuser à Boulogne...

Si vous avez deux minutes à perdre, allez donc lui laisser un petit mot !





En votre âme et conscience

Si vous avez l'âme martiale, la fibre judiciaire ou que tout simplement vous rêvez de porter le costume de cour, c'est le moment où jamais !

Soyez le Juge chez mon excellent confère Eolas.




Impromptu sur le net

Je n'aime pas que les vieilleries de la demeure, je chéris aussi celles que l'on trouve sur le net. En la matière et malgré la découverte récente des signets de la Bibliothèque de France ma destination reste, presque exclusivement, la bibliothèque numérique Gallica, et j'aime y musarder, non seulement dans les lots photographiques et les ouvrages en mode texte mais également dans les illustrations d'ouvrages anciens.




vendredi 18 mars 2005


Ma bouée d'amitié !

Kozlika n'habille pas que les blogues de dotclear ! Non, elle m'a fait l'insigne honneur de me réaliser rien que pour moi l'« anti-déprime à Tarquine » ! Jugez vous-même : elle n'est pas belle ma bouée d'amitié ?

recto : une bouée de face, verso : «n'écrasez pas Maman !»



jeudi 17 mars 2005


Où c'est une véritable escouade qui vient me sauver de la noyade

Aujourd'hui avec Tarquinette on s'est fait une sortie entre filles ! Comme il faisait beau et chaud, nous avons décidé d'aller sur des rives exotiques et poisonneuses. Alors comme nous ne savions pas comment faire, Julie a envoyé illico deux petits bateaux pour réaliser notre rêve ! Je suis montée sur le pont d'un beau bateau blanc et Tarquinette d'un petit bateau bleu surmonté d'une adorable voile rouge.

Deux petits bateaux flottent dans une baignoire

Quand nous sommes arrivés, le beau dauphin gris de trousseau_de_clés nous a accueilli avec force criailleries, alors pour le remercier nous avons immédiatement pêché un gros poisson dodu et le lui avons offert !

Tarquine et Tarquinette près d'un bassin où nage un dauphin

C'est à ce moment que Samantdi nous a rejoint avec son pédalo et que l'on a bien rigolé en pensant à toutes les choses que l'on peut faire en allumant des bougies sur des petits coins de toile !

Samantdi sur son pédalo

Un immense merci à vous pour cette si jolie ballade !!!





Où l'on devient coupable d'être victime du sida

«Isabelle et Aurore ont rencontré Christophe en 1999. Il est volage ; elles le quittent ; leurs relations n'ont pas duré un an.+ [...]

«un jour, l'ex-épouse de Christophe les informe toutes les deux qu'il se sait séropositif depuis 1998. Aurore et Isabelle effectuent un test de dépistage. Positif. Elles portent plainte.+
[...]

«Le 28 juin 2004, poursuit l'historien, le tribunal de Strasbourg condamnait Christophe à six ans d'emprisonnement pour administration de substances nuisibles suivie de mutilation ou infirmité permanente, peine confirmée en appel le 4 janvier.+[...]

Christian Saoult venait de dire qu'il était fier de présider une association (Aides) «pleine d'hommes et de femmes séropositifs qui ont choisi de ne pas porter plainte »
.


J'ai toujours beaucoup de mal à supporter les discours où l'on sacrifie les individus sur l'autel du bien commun (discours toujours abondamment dispensés par ceux qui n'ont précisément subi aucun préjudice) mais que l'on vienne reprocher à des individus d'exercer une de leur prérogatives les plus fondamentales et partant d'être des sujets de droit, cela me laisse sans voix...

Oui, oui, je sais bien que l'on secoue le spectre de l'extrême droite sur la pénalisation de la contamination, mais franchement si Le Pen se mettait tout soudain à clamer qu'il faut guillotiner les alcooliques, cela justifierait-il que l'on condamne les victimes de chauffards ivres qui s'aviseraient de porter plainte contre ceux-ci ?

Au motif de ne pas créer un "précédent" il faudrait donc considérer que toute personne se sachant séropositive bénéficie d'une immunité totale en contaminant sciemment ses partenaires à tour de bras. Et malheur à la victime qui s'en plaindrait, coupable elle-même d'avoir accordé sa confiance !

Cela m'évoque les arguments que d'aucuns croyaient pouvoir soulever en matière de viol et d'avortement... Ah ! la faute sous-jacente de la victime, argument aussi insidieux que malsain mais toujours usité par certains...

Et pourtant, ce faisant on ne raisonne pas autrement que comme l'auteur du délit : « c'est à l'autre à se protéger de moi, c'est de sa faute s'il m'accorde sa confiance... tant pis pour lui ! »

Que l'on discute de la nature du délit, des éléments constitutifs de l'infraction, je le comprends évidemment, mais que l'on reproche par principe à des victime de porter plainte, je n'y vois que l'expression la plus méprisable d'un totalitarisme dévoyé.

C'est visiblement le mal de ces temps modernes... Au prétexte de défendre sa cause, ses propres victimes, on vilipende voire souille d'autres victimes...




mercredi 16 mars 2005


Blogozodiazépines

cachet de somniblog


Ce soir, il a avalé un cachet rose en cachette...

Bon, bah du coup je vais bouquiner !

Mais il ne perd rien pour attendre!




mardi 15 mars 2005


Des livres, des rires, des larmes, des vies et des morts.

Pierre Carion dont je ne sais plus si j'aime tant son blog pour son formidable talent ou si je le déteste encore plus parce qu'il affiche sans aucun complexe le compte à rebours de sa fin, m'a tendu le témoin d'un questionnaire sur les livres.

Je ne suis pas très fana des questionnaires mais sur les bouquins je réponds !

J'ai une véritable adoration pour les livres et une relation un peu spéciale avec eux : je lis un livre comme on mange un gâteau. Je n'ai jamais perçu la lecture autrement que comme un vecteur de plaisir. Si j'aime je dévore, si j'aime pas, je laisse.

Je ne lis pas un bouquin qui m'ennuie. Je patiente un peu parce que l'expérience m'a montré qu'il faut laisser le temps à l'auteur de rentrer lui aussi dans son bouquin (souvenez-vous des 80 premières pages de la Chartreuse de Parme... c'est à mourir d'ennui, et pourtant la suite est fabuleuse !).

Bref, sauf antipathie soudaine et insurmontable je donne donc à l'auteur 80 pages pour m'engouer (ce chiffre de 80 étant un véritable hommage à Fabrice Del Dongo).

Et moi ce que j'aime ce sont les histoires ! Les vrais, les passionnantes, qui vous nouent les tripes, vous font rire ou pleurer, vous mettent en colère ou vous transportent de joie. Peu me chaut de me cultiver, de lire des trucs sérieux ou le dernier livre à la mode que tout le monde se doit d'avoir lu. Moi ce que je veux c'est aimer... rien d'autre !

En réalité, je n'ai jamais été autre chose qu'une petite fille qui lit Kazan, Bari, chien loup ou Ces dames aux chapeaux verts Mes premiers livres sont mes plus beaux souvenirs et je suis toujours en quête de ce sentiment si précieux où l'on ne fait plus qu'un avec son bouquin, où l'on s'y oublie totalement, où on est dans le livre, où l'on est le livre.

C'est ainsi que j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps dans le métro (dans un temps où je n'étais ni veuve, ni orpheline), j'ai tellement hurlé de rire dans un wagon de train que ma voisine a voulu connaître le titre de mon bouquin (Monsieur Malaussène de Daniel Pennac), et j'ai bien dû m'évader 24 fois du Château d'If... Oui car une autre de mes particularité est de relire les livres que j'aime... de les relire et les re-relire. Et cette épreuve là est difficile à passer ! Parce que certains livres que l'on a adoré supportent très mal d'être scruté une seconde fois. J'ai connu ainsi de graves désillusions, un véritable désenchantement...

Pour dire la vérité, tout cela c'était avant... parce que depuis la mort de Tarquin, je n'arrive plus à lire. A chaque fois c'est pareil, à chaque deuil, je n'arrive plus à me plonger dans un livre... Mais là je sens bien que c'est en train de revenir, le plaisir de lire, l'envie de m'oublier dans les livres est revenue et je sais que je vais bientôt me replonger dans le papier !

Comme je considère que l'état de deuil n'est pas un état normal ni constant (enfin, je le souhaite) je réponds donc à ce questionnaire sans tenir compte de ces contingences factuelles, affectives et émotives et sans même m'interroger quant à savoir si je triche...

  • Combien lisez-vous de livres par an?

Ouf... très compliqué à déterminer... si je suis en métro deux à trois livres par semaine, comme je suis presque tout le temps en vélo, je lis moins qu'avant, sauf si j'ai des déplacements professionnels (vive le train !). Parfois je me noies dans les quotidiens, parfois je dévore des bouquins à tour de bras... Seule constante, je dépense plus d'argent dans les livres que dans les vêtements (et je n'achète quasiment que des poches mais il est vrai que je n'aime pas non plus « m'habiller »). Pour faire une réponse digne de ce nom, je dirais environ 50 livres par an.

Je rajoute de suite que très souvent je ne me souviens pas des titres des bouquins que j'ai lus et que la quatrième de couverture ne suffit pas non plus à m'éclairer, de sorte que je les achète parfois en plusieurs exemplaires...

  • Quel est le dernier livre que vous ayez acheté?

« La photographie » chez Larousse. Donc pour moi pas un vrai livre au sens où je l'entends. Sauf puisque l'on parle de Larousse, j'ai oublié de vous dire que j'adore les dico aussi... Les livres de mots... un vrai régal, on ouvre une page au hasard et on ne sait jamais par où on va parvenir à en sortir...

Mais avec ce bouquin de photo (moi je me perds un peu dans les focales fixes, pas fixes...alors je vais potasser un peu tout ça...) j'ai aussi acheté « le sang du renard » de Minette Walters. Parce que j'adore les polars, et j'adore Minette Walters !

  • Quel est le dernier livre que vous ayez lu?

Techniquement(je reprends les termes exacts de la réponse de Pierre Carion !) c'est donc « la photographie » chez Larousse. Sauf que je ne me souviens plus très bien de toutes les contingences des focales fixes et qu'il va donc falloir que je m'y replonge dare dare... Je passe aussi sur le bouquin de jardinage que je me suis acheté pour tenter de faire quelque chose de l'immense jardin de la demeure, alors que je n'ai jamais rien fait poussé de ma vie...

En réalité, si j'écarte aussi les dico et les bouquins de droit, le dernier livre que j'ai lu c'est « L'appât invisible » de Carol O'Connel et j'ai adoré ! (voui, c'est encore un polar !)

  • Listez 5 livres qui comptent beaucoup pour vous ou que vous avez particulièrement appréciés.

Cinq ? Seulement cinq ? c'est un peu court, jeune homme...

Le premier est facile : c'est celui que j'emporterai sur une île déserte :

« La guerre et la paix » de Léon Tolstoï. Avec une pensée émue pour mon papa qui me l'avait offert en Pléïade. A l'époque j'étais déjà tombée sous la plume de Monsieur Léon Nikolaïévitch Tolstoï notamment avec Anna Karénine — Anna Karénine... je vous en citerais un passage un jour, un extrait de pure génie ! — et avec ses nouvelles, divines, humaines, merveilleuses et réalistes. Lisez ou relisez « Maître et Serviteur », c'est l'essence même du génie russe !

Bref, j'adorais Tolstoï de tout coeur mais un bouquin sur les guerres napoléoniennes, ça me gonflait déjà ! Très moyennement emballée par ce cadeau je me suis dit qu'il ne passerait pas le test des 80 pages... Que nenni ! Je suis tombée dedans au bout de 10 pages, je ne parvenais plus à le quitter, je dormais avec, je respirais avec, je mangeais avec, je pleurais avec, je mourrais avec, je vivais avec.

Dans la multitude de livres que j'adore, que j'encense, et qui me transporte celui-là est unique, peut-être parce qu'il s'agit aussi des guerres napoléoniennes justement, parce que je les ai même aimées ces guerres là, que j'ai frémi quand les armées françaises sont arrivées au bord de la Bérézina, que j'ai compris pourquoi les russes aimaient le vieux général Koutousof, et que ailleurs à Moscou, Pétersbourg ou Tilsit, des gens vivent, s'aiment et meurent, avec tourments ou résignation. Cette oeuvre là est la quintessence du roman !

L'Odyssée d'Homère. Je l'ai lu en classe de cinquième et je me souviens que ma prof de français n'avais pas voulu croire que je l'avais vraiment lu... Il faut croire qu'elle, elle n'avait pas vu derrière ces mots antiques la magie d'Athéna qui sans relâche et sans jamais se décourager va protéger Ulysse contre vents et marée, dans le plus long, le plus beau et le plus merveilleux de tous les périples. J'ai honni Poséïdon, j'ai remercié Leucothée, j'ai respecté Alcinoos, j'ai frémi avec Circé... Et cela continue encore !

Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos Tout est génial dans ce livre ! un roman épistolaire ! la forme la plus aboutie et la plus personnelle que l'on puisse rêver pour des personnages de roman ! Et cette langue... cette façon de vous faire accroître le pire sans que la moindre licence ne puisse s'y trouver. Des mots ciselés, des trésors de non-dit parfaitement exprimés, des chausses-trappes égrillards à chaque virgule, des candeurs suspectes ou si appétissantes... Un pur joyau de maîtrise...

Le comte de Monte Cristo d'Alexandre Dumas. Ce livre là je l'ai lu je ne sais combien de fois... en passant mon bac je me souviens je me faisais violence pour en fermer les pages et enfin réviser... Cela faisait pourtant la 4 ou 5ème fois que je le lisais. Plus tard, je me souviens avoir violemment percuter un poteau de la rue de Charenton en me rendant à l'EFB tout en trépignant dans la rue parce que je savais avant l'intéressée elle-même que Valentine de Villefort allait finir par épouser Maximilien Morel ! Dans ce livre là j'ai vu des fautes, des répétitions, j'ai deviné que certains passages n'étaient pas tous écrits de la même main, j'ai surpris des longueurs, des facilités et des raccourcis, des imperfections... mais je ne l'en aime pas moins... Edmond Dantès reste pour moi l'éternel romanesque, le héros de ma jeunesse qui jamais ne disparaîtra. Il vit quelque part sur une île, loin de tout, vengé des hommes mais infiniment désabusé et j'espère toujours qu'il finira par retrouver son amour, celui de sa Mercédès si belle et si pimpante dans ce Marseille du siècle dernier.

Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell Et le premier qui me dit que c'est un roman à l'eau de rose trahira le fait qu'il n'a pas lu ce sommet d'impertinence policée, d'incorrections révérencieuses passées au crible d'une plume aussi ronde que souple. Il faut un sacré génie pour inspirer le respect pour une femme qui ne respecte rien, et pas même ses enfants, qui triche mal et sans vergogne, qui ne recule devant rien pour parvenir à ses fins, dont la seule chose digne d'admiration n'est certainement pas son intelligence mais sa beauté insolente et... sa rage de vivre...

En vieillissant j'ai découvert de façon surprenante que ce livre n'était quasiment jamais lu par la gent masculine... Pourtant c'était le livre préféré de mon papa et il nous le disait souvent, preuve à mes yeux que c'était vraiment quelqu'un d'intelligent...

Voilà, pour les cinq de la question. Je complète pourtant ma réponse en vous indiquant qu'il y a aussi les bouquins que j'exècre et dont, contrairement à nombre d'avis autorisés, je ne comprends pas même comment on peut les avoir terminés. Le premier de cette liste est Belle du Seigneur d'Albert Cohen... Ce livre est à mes yeux quasiment illisible tellement il m'ennuie et son succès est pour moi une véritable énigme...

  • A qui allez-vous passez le relais (3 blogs) et pourquoi?

Eu égard à ma conviction que les bouquins ne doivent être que du bon temps, à personne et à tout le monde, à tous ceux qui, en lisant ce billet, auront envie de partager à leur tour leur amour ou leur désamour des livres.




lundi 14 mars 2005


Où l'on sait pourquoi certaines coquilles de noix s'appellent « Optimiste »



Samantdi l'a proposé, nombre d'entre vous s'y sont embarqué et trousseau_de_clés l'a fait !

Je me laisse un peu porter par les flots le temps de profiter et de l'esquif et de l'air marin et je vous rejoins bientôt !




dimanche 13 mars 2005


Le goût du rien

Tout s'est écroulé alors pour ne pas sombrer, j'ai commencé par arrêter de fumer. Je me disais que l'obsédante envie d'une clope serait un dérivatif à mes tourments.

Moi qui ne conduisais qu'avec une extrême parcimonie, je me suis mise, pour la première fois, au volant de notre Espace rallongée. Une fois les portières bien rayées, elle passe désormais partout... Simplement je n'ai jamais remis à zéro le compteur journalier. Peut-être pour conserver sa dernière empreinte digitale, celle qui s'est imprimée au départ de notre ultime départ en vacances.

J'ai refusé la béquille des somnifères pour supporter ce grand lit qui ne grince plus sous ses 130 kilos. Alors parfois, quand cette immensité m'impressionne, je prends mon VAIO pour le mettre à sa place et je m'endors devant un DVD mais jamais devant une histoire d'amour. Les histoires d'amour me font pleurer.

Comme je suis dorénavant seule pour regarder mes enfants grandir, je les mitraille encore davantage avec mon appareil photo, comme s'il fallait que je leur en laisse une trace. Mais cela ne remplacera jamais le regard d'un père...

Et puis cahin-caha, on refait notre quotidien, on rebatit nos habitudes, on pleure plus souvent mais on rit presque autant. On ne sait pas encore si on s'en sortira mais on est encore là et c'est déjà beaucoup.

Et cependant quand on a refait son train-train, quand les souvenirs seront dorénavant sans lui, quand la mort semble avoir cessé de rôder autour de nous, ce qui est criant d'évidence, ce qui me prend à la gorge, c'est sa putain d'absence, définitive et incontournable, c'est combien il me manque, c'est à quel point il est acéré, l'aiguillon du deuil et combien la douleur me rend farouche...

Je sais bien que c'est quand le plus dur semble passé que l'on sombre.





Les voir grandir...