Un bébé, quelle aventure

Il y a certains moments de ma vie auxquels je ne peux pas penser sans pleurer. Il y en a trois exactement, c'est la naissance de chacun de mes enfants. Il suffit que j'entrouvre la porte de ces souvenirs-là pour me faire balayer par un torrent de larmes et me tordre de douleur. Moi qui n'ai pas peur d'affronter grand chose de mon passé, le meilleur comme le pire, là je touche à ce qu'il m'est le plus insupportable de me remémorer sans lui.

Les enfants sont pourtant friands de ces anecdotes si touchantes où l'on parle d'un papa et d'une maman dont ils ne se souviennent pas mais qui sont déjà tout à eux.

Comme je n'aime pas les silences convenus et encore moins les secrets, je leur dis à peu près tout sans pleurer, hormis le récit de leur naissance.

Ce soir, ils ont voulu que leur raconte un livre dont j'avais fait l'acquisition quand j'attendais Tarquinou et que je conseille vigoureusement à tous les enfants en passe de devenir grand frère ou grande soeur.

C'est très drôle, c'est très intelligent et loin de tous les poncifs qu'on a l'habitude d'entendre.

Ce soir donc, j'en ai entrepris la lecture dans mon grand lit qui accueille la famille au grand complet pour raconter l'histoire vespérale.

A un moment cependant, j'ai prétexté un rhume pour filer en vitesse, je me suis mouchée et j'ai essayé de sécher mes larmes. En vain. Non décidément, cette page là m'est encore trop poignante pour être lue sereinement.

et le moment où papa revient...