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dimanche 30 janvier 2005


L'exact centre de mon univers

le Pont Neuf à Paris

N'avez vous jamais eu l'impression de savoir intimement où se situait votre centre du montre ?

Un endroit que vous aimez et qui vous aime. 

Un lieu que l'on croise et recroise au fil de sa vie mais que jamais l'on abandonne.

Un quelque part autour duquel sa vie s'enroule sans que l'on en ai conscience ou si peu.

Le centre de mon monde est le Pont Neuf à Paris.

Je n'en connais pas l'exacte raison. Pourquoi lui et non la gare de Lyon ou la Place Saint Michel, je ne sais. Mais j'ai l'absolue certitude que c'est lui !

Je me souviens encore de la première fois où je l'ai vu. C'était un jour d'octobre je crois.

J'étais une petite banlieusarde qui venait tout juste d'obtenir son baccalauréat et qui s'était inscrite en Fac de Droit à Paris — pour ne plus faire de physique ! J'étais avec une amie dont ma soeur avait fait connaissance à l'épreuve de musique.

Elle m'avait reconnue dans l'interminable file d'attente de notre commune inscription. Durant tout l'après midi nous avions papoté. Nous partagions la même banlieue, le même décalage vestimentaire entourées que nous étions de tailleurs Chanel et de carrés Hermès et un indiscutable goût pour la musique classique.

C'est grâce à celui-ci que la méprise de notre simili rencontre pris fin. Car je n'osais lui avouer mais je ne l'avais pas « remise ». Alors que nous nous remémorions l'épreuve musicale, elle m'indiqua que la reconnaissance instrumentale était vraiment du gâteau : un violoncelle ! (elle s'en félicitait car pianiste de formation, elle fréquentait peu les instruments d'orchestre).

Je m'étonnais de sa réponse puisque quant à moi j'avais entendu un alto ! Or il était parfaitement impossible que l'une ou l'autre se soit trompée. On ne loupe pas un violoncelle, même quand on est pianiste ! Et moi, eu égard à ma note (un miraculeux 18 qui me permit de ne pas passer les épreuves de rattrapage alors qu'il me manquait 5 points, en ayant 8 en poupe, mes notes furent relevées d'emblée), je savais que mon alto était juste (les deux points que j'avais perdus portaient sur la reconnaissance des accords, mineurs, majeur, tout ça quoi... Il n'y avait que les pianistes qui obtenaient ces deux points là !).

J'ai donc compris que la confusion n'était pas dans les instruments mais dans ceux qui les tenaient ! Une seule question dissipa quiproquo : elle avait passé l'épreuve un mercredi et moi un mardi ! Donc c'était bien avec Zomozygote qu'elle avait conversé et non avec moi ! Qu'à cela ne tienne, notre amitié était scellée !

C'est donc en sa compagnie que je le vis la première fois. Il était tard, nous avions passé l'après midi à acheter chez l'un et l'autre des Gibert nos premiers bouquins de droit. J'en avais profité pour acheter un petit plan de Paris car je devinais déjà qu'elle me ferait courir cette ville là.

A l'époque on ne parlait que de lui. Alors nous avons marché vers la Seine et parvenues sur le Pont Saint-Michel, j'ai ouvert mon petit plan de Paris pour le trouver. J'ai fidèlement repéré sur la carte l'endroit où nous nous trouvions et en levant les yeux pour chercher ma direction j'ai tourné le regard à gauche. Il était là qui m'attendait alors que j'étais bêtement perdue dans mon plan à le chercher !

Il avait mis ses plus beaux atours. Il était blanc, il était brillant, il était majestueux et enjoué. Il éblouissait dans la lumière du soir. Il la captait, il la retenait et il s'en drapait. Le Pont Neuf emballé par Christo avait emballé mon coeur à tout jamais.

Si la première rencontre scella notre union, la deuxième la confirma, c'était quelques jours plus tard, Papa s'emballa aussi par le battage autour de lui et un soir, sans raison, si ce n'est l'envie de faire partie aussi de cette merveilleuse aventure, il nous embarqua, Zomozygote et moi, dans sa voiture. La nuit, il était plus beau encore je crois, et son souvenir plus précieux encore...

Depuis, il n'a pas quitté ma vie. Quand, étudiante, je travaillais dans le Grand Magasin qui le surplombe, je descendais, le midi, près de l'eau pour voir ses dessous en croquant mon sandwich.

Et maintenant ses pavés font frétiller ma bicyclette à chaque fois que je vais au Palais... c'est à dire souvent !

S'il est loin maintenant le temps où je regardais mon plan quand il était sous mes yeux, l'ivresse de notre première rencontre ne s'est pas dissipée. C'est toujours avec émotion que je le rejoins.





Soirée canapé

les trois tarquinets endormis sur le canapé



samedi 29 janvier 2005


Prises pornographiques

Ce billet est est réservé à un public majeur et averti. Il contient des textes et des photos classées X qui peuvent être choquantes pour certaines sensibilités.

« J'ai lu attentivement les paragraphes ci-dessus et signe électroniquement mon accord avec ce qui précède en cliquant sur le bouton "Lire la suite" »




vendredi 28 janvier 2005


L'ascension sécuritaire

un tapis dans des escaliers

Cela fait un bon moment qu'elle court la connerie sécuritaire. Sans doute depuis toujours. Elle est la folie qui nous permet de croire que l'on est maître de tout et surtout de ses peurs les plus irraisonnées. Elle nous propose un système de pensées tracé au cordeau où il n'y a pas de place pour la réalité des faits, et encore moins à l'analyse des besoins mais uniquement à l'assouvissement de sentiments primaires.

C'est à peu près dans le même ordre d'idée que mes descentes dans le frigidaire quand le vague à l'âme, la frustration ou la déception m'étreignent.

Bref, une illusion qui n'a pas grand chose à voir avec la rationalité.

Ces pensées me sont venues en descendant la cage d'escalier d'un très cossu immeuble du 16ème arrondissement de Paris.

Tapis rouge sur parquet ciré et toute nouvelle installation, votée à la quasi unanimité des co-propriétaires, d'une caméra derrière la porte cochère épiant les va-et-vient de tout un chacun.

Pourtant à quelques pas de là, dans la cage d'escaliers si propre et si pimpante les deux-tiers des interrupteurs de l'éclairage élyséen ne fonctionnent pas.

Et puis le beau tapis s'enfuit ! Les barres qui le maintiennent se desserrent sans cesse. L'épais feutrage de laine fait des siennes se mouvant en circonvolutions assassines.

La coûteuse caméra ne filmera sans doute jamais l'agresseur échappé des journaux télévisés, outre que les statistiques le décrivent comme rarissime, on suppute aisément qu'il saura détourner son minois de cet objectif là !

Comme elle sera inemployée, je leur aurais bien suggéré de la déplacer de quelques pas pour la placer dans la cage d'escalier. Là où statistiquement parlant on a beaucoup plus de chance de se faire agresser par un insidieux tapis avec la double complicité des interrupteurs électriques et du parquet ciré.

La caméra n'empêchera pas la chute dans les escaliers qui vous transformera sans trop de difficulté en paraplégique mais elle devrait dissuader, le temps que les secours arrivent, l'agresseur échappé des journaux télévisés, de vous trucider !

Vous riez, mais il n'y a pas seulement que les co-propriétaires frileux du 16ème arrondissement de Paris qui cèdent à cette illusion.

Non, souvenez-vous, cela guette tout le monde, même les députés...




mercredi 26 janvier 2005


Où l'on reparle du narcissime !

L'ours du Concours «The 1st European Weblog Awards+ en sous-vêtements

Au rayon du « Best Personal Weblog », si vous voulez voter pour moi, votez pour moi.

Si vous ne voulez pas voter pour moi, alors votez pour elle parce qu'elle mérite de gagner.

Si votre dessein n'est que de voter contre moi, alors voter pour celui ou celle que je devance, ou qui est d'ores et déjà premier, me paraît un excellent choix !

Et pour remercier tous ceux qui m'ont accordé leur suffrage — ou non —, je pense qu'un effeuillage s'impose... Ma très temporaire mascotte dévoilera donc ses charmes tout le long du concours !



Heu ? Quelqu'un sait quand il prend fin ce concours ? Mouis, parce que le nounours j'aimerai bien qu'il ne reste pas trop longtemps céans quand même, les roses jurent un peu...



J'ai omis de le signaler mais évidemment qu'au rayon du « Best Weblog By An Expatriate », je ne peux que vous conseiller de plébisciter Pasfolle et qu'à celui du « Best Weblog From France », Eolas me semble s'imposer de soi !



Et oui, je sais aussi qu'il manque les meilleurs... « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »...






Une pincée de pensées !

J'avais envie d'écrire un long billet pour dénoncer ma peur du narcissisme. Cet insidieux poison qui menace tout blogueur digne de ce nom et où, soudain, certains sombrent sans aucune discrétion, s'offrant à leurs lecteurs en pâmoison.

J'avais envie d'écrire un long billet pour décrire combien j'aime déambuler dans Paris avec mes Tarquinets, cavaler sur les Champs Elysées comme des vrais touristes et puis les faire frissonner dans les cachots de la Conciergerie.

J'avais envie d'écrire un long billet sur mon chat Tarquari qui réchauffe mon lit et apaise mes chagrins sans contrepartie mais que je vois vieillir un peu plus chaque jour et dont je crains la prochaine disparition.

J'avais envie de vous décrire la profondeur des silences d'un appartement où tout soudain les cris d'enfants s'apaisent et où l'on n'entend plus que les pages du livre que Tarquinet tourne sous sa couette en priant pour que je ne le surprenne.

Et puis j'ai cessé de penser à ce que j'allais écrire et j'ai écrit ce que je pensais !





Paris à zéro

Mes gants ! J'ai oublié mes gants ! Et le froid est mordant. Je ne regrette pourtant pas d'être à bicyclette. C'est chouette Paris à zéro ! Les motards ne s'étonnent pas de voir des larmes couler. Alors que quand il fait 20 Ý c'est déja beaucoup plus suspect...

Ils sont sympas les motards. A tous les feux rouges et demandent immanquablement: « Alors ? pas trop froid ? ». En réalité, c'est mon « n'écrasez pas Maman ! » qui les attendrit. Et moi de répondre : « Non ! En vélo on a beaucoup moins froid qu'en moto ! + Ce qui est pure vérité, on a même beaucoup moins froid que lorsque l'on se déplace à pied.

Mais c'est quand-même une chance d'avoir oublié mes gants. Je pense à mes doigts gelés. C'est un peu lancinant. Exactement ce qu'il me faut pour empêcher mes larmes de couler.

Et puis je pense au Leclerc aussi ! Et ça m'énerve ! Tiens, je vais vous donner un conseil d'ami ! Si vous voulez éliminer un cycliste, offrez-lui des piles rechargeables Clartech « marque repère + chez Leclerc ! Ils affirment qu'elles sont rechargeables 1000 fois mais je vous rassure tout de suite : après deux charges complètes elles sont parfaitement incapables d'alimenter le feux arrière d'un vélo plus de 4 minutes et demi. Tiens j'ai même une chouette formule à leur proposer ! : « Leclerc ! L'échafaud des vélos ! » Humm, je ne suis pas certaine qu'ils aiment...

Je profite du feu rouge avenue des Ternes pour mettre ma dynamo. Et je les vois immédiatement. Ils se ressemblent tant. Ils chahutent sur le trottoir. Le plus jeune est à l'âge où l'on a besoin d'un prétexte pour se presser dans les bras de son père. Ils courent autour d'un arbre. Et puis dans un grand éclat de rire le père attrape son fils qu'il enserre dans ses bras. Ils sont heureux comme des rois ces deux là. Et ils partagent le même sourire lumineux...

Merde ! Le feu est vert ! J'ai la vue brouillée et les joues mouillées. Et puis j'ai oublié mes gants. Et puis je n'ai plus ses grands mains chaudes pour venir prendre les miennes. « Bon ! arrête un peu ton cinéma, froid aux doigts, c'est pas la mort ! Et sois un peu raisonnable, tu ne vas pas mettre tes menottes dans ta poche ! »

Quand je suis rentrée chez moi j'avais l'onglet mais un visage pas trop défait pour entendre leur immense « Maman ! » et voir le sourire lumineux de mes marmots à moi.

Et pendant que j'y pense, je vais de ce pas mettre mes gants dans ma sacoche !




mardi 25 janvier 2005


V.I.B ou V.I.B-ra pas ?

J'ai découvert le mois dernier, — grâce à la fée Ping — que l'adresse de ces carnets avait été proposée dans le cadre des nominations pour le Best Personal Weblog.

Et puisqu'il se trouvait que dans cette catégorie-là, j'étais alors le seul blog francophone, je m'étais promis que pour une fois, quand le jour du vote aurait retenti, j'aurais fait sonner clairons et toscins pour vous inviter à défendre les couleurs de notre langue !

Je découvre aujourd'hui aujourd'hui grâce à Edouard qui n'est pas une sale bête (et d'autant moins que c'est en partie grâce à lui que mon nom figure là-bas !) que les hostilités ont commencé et que je suis en concurrence directe avec Pasfolle !!!!!

Voui... C'est ici que cela se passe et Au Texas, tout le monde est fou sauf moi est l'autre blog francophone dans la catégorie des best personal weblog.

Or, il se trouve que j'adore Pasfolle ! Que Au Texas, tout le monde est fou sauf moi est inscrit au panthéon de mes adorations, elle est l'un de mes quatre blogs cardinaux !

Comment voulez-vous maintenant que je vous fasse l'article ?

Bref, amusez-vous à cliquer partout et voir les luttes d'influence auxquels certains se livrent, c'est assez visqueux...

De toute façon, moi, je m'en vais suivre la recette des V.I.B. chez Chiboum, je vous la conseille, sauf si comme certain vous êtes totalement dénué de sens de l'humour ! (et une bise à Laurent qui lui, sait rigoler !)




lundi 24 janvier 2005


Câlins nutritifs

S'il y a bien une institution que j'exècre par dessus tout, ce sont les câlins, et en particulier celui que les Tarquinets réclament le soir avant d'aller se coucher !

Oui ! Oui ! Je vous vois d'ici prendre un air offusqué. N'empêche que tous les soirs c'est la même sérénade.

Au début, ils sont calmes, viennent se peletonner contre moi pour me faire de grandes déclarations.

Et puis les déclarations prennent un ton moins caressant...

Ensuite, mes Tarquinets se transforment en petits démons et s'égosillent de façon hystérique !

Alors, je sévis ! ... Ce qu'il y a de bien quand ils sont petits, c'est que leur chair est tendre sous la dent...

Si le soir avant de vous coucher vous avez un petit creux... je vous le conseille... Car ensuite, on ne s'endort que mieux !




dimanche 23 janvier 2005


Où l'on aime les dimanche

Les Tarquinets au Zoo de Vincennes




Un grand amour ne s'arrérage pas

Il m'aimait comme jamais on m'avait aimé.

Il m'aimait comme je ne savais pas qu'on puisse aimer.

Il m'aimait comme je n'avais pas imaginé qu'on puisse m'aimer.




samedi 22 janvier 2005


Petit Poucet veut son papa

visage réalisé avec des cailloux blancs sur une tombe
Petit Poucet veut son papa






Irréfutable analyse autographologique

Je ne le disais pas mais quand-même, je me suis mise à douter ! Que l'éminent grand-père de mes enfants me téléphone à la seule fin de s'enquérir si « je me fais toujours soigner + a distillé en moi de sombres soupçons ! Et s'il avait raison ?

Bon c'est vrai, ma psy n'a pas l'air de partager exactement son avis... Il est aussi exact que j'ai eu le sentiment que sa question était plus dictée par le fiel que motivée par la finesse d'un diagnostic. Mais quand-même ! Il faut savoir se remettre en question !

Aucune hésitation ! Je m'auto-analyse !

Le plus simple et le plus rapide quand on est pas psy c'est évidemment la graphologie, science exacte s'il en est !

Précisément, je viens de dégoter un manuel de graphologie usuelle dans les recoins de la demeure !

Hop, incontinent, je couche deux mots sur le papier :

Moi V.T.

Voyons voir ce qu'il dit cet éminent R. de Salberg, membre de la Société de Graphologie de Paris ! Hein ?? [silence consterné] Quoi ?? [silence accablé] Je rêve ! Mon beau-père aurait dorénavant un avis autorisé ?

A ce moment de ma lecture, je m'effondre en larmes, je déchire mes vêtements et je m'arrache les cheveux. Réalisez plutôt : je vais devoir me résoudre à être rayée du barreau... Qui sait si mes enfants ne vont pas m'être retirés ?

Je suis... Je suis...

Je suis une personnalité conjuguant la vulgarité et l'envie, j'intrique et j'aspire à dispenser le mal par le mensonge en restant tapie sous un manteau de bonhomie concupiscente et timide.

L'avarice et la cupidité me gouverne. Je vole sans panache, subreptice et vicieuse.

Je suis une égoïste avare n'ayant cesse de dérober à ceux qui peuvent jouir !



Si ! C'est vrai ! C'est écrit :

extrait du manuel de graphologie : égoïsme avare

extrait du manuel de graphologie : tendance au vol


J'en connais un qui doit être content !




vendredi 21 janvier 2005


Beu-leu-beu-leu-beu ! heu !

Tarquine en laideur, en vraie laideur !



Vous ne pensiez quand-même pas que j'allais attendre qu'il me fasse une laideur !

Non Môssieu ! Moi les laideurs, je me les fais toute seule !

Et toc ! ;)




jeudi 20 janvier 2005


C'est lourd l'hérédité !

Vous ne savez pas ? Et bien, cela me désole mais je suis forcée de l'admettre :

En vélo je suis quand-même vachement moins classe que papa...


papa sur un vélo en 1947



Je remarque cependant avec satisfaction que je suis aussi moins frimeuse...



papa frimant avec son corps d'athlète en 1947


Mouais... mon papa c'était vraiment un frimeur ! ( Z'avez vu ? il rentre son ventre !!!)



Hum.... mon blog présente trop de sportifs en ce moment... Il faut que je change ça !




C'est la fin du "suivez-moi jeune homme"

Pour éviter que des malheureuses victimes ne tombent sous leurs salves, une nouvelle parade est née. Ce n'est pas à proprement parler un gilet pare-balles mais plutôt un empoisonnement à la source grâce à l'attribut nofollow.

Si vous souhaitez empêcher les effluves de votre beau blog dotclear d'aller chatouiller les narines de ces infâmes droïdes, il y a juste trois fichiers à modifier selon ces instructions.

Ce sont eux qui le disent !




mercredi 19 janvier 2005


et le moment où papa revient...

Un bébé, quelle aventure

Il y a certains moments de ma vie auxquels je ne peux pas penser sans pleurer. Il y en a trois exactement, c'est la naissance de chacun de mes enfants. Il suffit que j'entrouvre la porte de ces souvenirs-là pour me faire balayer par un torrent de larmes et me tordre de douleur. Moi qui n'ai pas peur d'affronter grand chose de mon passé, le meilleur comme le pire, là je touche à ce qu'il m'est le plus insupportable de me remémorer sans lui.

Les enfants sont pourtant friands de ces anecdotes si touchantes où l'on parle d'un papa et d'une maman dont ils ne se souviennent pas mais qui sont déjà tout à eux.

Comme je n'aime pas les silences convenus et encore moins les secrets, je leur dis à peu près tout sans pleurer, hormis le récit de leur naissance.

Ce soir, ils ont voulu que leur raconte un livre dont j'avais fait l'acquisition quand j'attendais Tarquinou et que je conseille vigoureusement à tous les enfants en passe de devenir grand frère ou grande soeur.

C'est très drôle, c'est très intelligent et loin de tous les poncifs qu'on a l'habitude d'entendre.

Ce soir donc, j'en ai entrepris la lecture dans mon grand lit qui accueille la famille au grand complet pour raconter l'histoire vespérale.

A un moment cependant, j'ai prétexté un rhume pour filer en vitesse, je me suis mouchée et j'ai essayé de sécher mes larmes. En vain. Non décidément, cette page là m'est encore trop poignante pour être lue sereinement.

et le moment où papa revient...




Carion le magnifique

Après Laurent, dont chacun peut admirer la plastique, Pierre Carion nous fait l'honneur, à son tour, de son anatomie.

Je me suis permise de rejouter le détail qui nous fait tous perdre la tête !




Je complète ce billet par une magnifique réalisation d'un blogueur anonyme. Qu'il soit ici remercié pour le formidable éclat de rire qu'il a provoqué ainsi, bien évidemment, que Pierre, au corps si... dynamisant !





La mort, je vous la sers à l'apéro ou en plat de résistance ?

C'est elle qui m'y a fait penser, dans un bien joli billet dont la lecture a réveillé des souvenirs que je ne parviens pas à enfouir...

Il faut dire que j'ai une certaine habitude de ces choses là.

De cette expérience, j'en ai tiré un certain nombre de constatations parfois évidentes mais aussi surprenantes.

Celle qui me dégoûte le plus mais que j'ai malheureusement rencontrée à chaque décès c'est le messager qui se glorifie de l'importance de sa nouvelle.

La première fois que je l'ai côtoyé c'était dans un avion. C'était le 11 septembre 2001 à 13 heures et quelques minutes. Je venais de plaider devant la Cour d'appel de Toulouse et je n'avais eu le temps que de sauter dans un taxi pour attraper l'avion qui s'envolait vers Paris. Dans l'habitacle confortable nous écoutions France Info. C'est ainsi que juste avant de parvenir à l'aéroport le chauffeur et moi-même avions entendu l'horrible nouvelle, celle des avions, du World Trade Center. Attérée, je payais la note, et courrais vers l'enregistrement juste à temps pour pouvoir embarquer.

Dans la zone d'embarquement, je voyais les hôtesses qui changeaient de couleur, l'une d'elle à qui je m'adressais pour je ne sais quel renseignement lisait avec consternation son écran. Comme je l'avisais que j'avais appris également la nouvelle, elle m'informa que les dépêches se succédaient actuellement sur leurs écrans et qu'ils étaient effondrés (ce que je ne pouvais que constater). Elle me demanda alors et avec raison de ne pas divulguer l'information, ce n'était pas la peine d'affoler les autres passagers qui, présents dans la zone d'embarquement depuis un bon moment n'avaient pas encore été avertis de ce que le monde avait changé désormais...

J'acquiesce bien évidemment et réalise que je n'avais même pas fait le rapprochement avec le fait que j'allais prendre place dans un avion !

Or, il se trouvait qu'un autre individu avait lui aussi appris la nouvelle, son téléphone avait sonné pour le lui annoncer juste avant que nous n'embarquions. hein ? C'est pas possible ? Quoi ? Mais c'est dingue !!!!

Le personnage, insignifiant au demeurant, était dans la file devant moi. Je le vis qui s'adressa immédiatement à son voisin de gauche : Vous ne savez pas ? Des avions pleins de passagers ont été projetés sur des tours aux +tats Unis, il y a plein de morts...

Immédiatement repéré par l'hôtesse, celle-ci fonce sur lui, l'interrompt à peine sa phrase achevée et lui demande vraisemblablement la même chose qu'à moi, à savoir de faire montre de discrétion le temps du vol.

L'homme obséquieux opine du chef, laisse la jeune femme s'éloigner et parvient à se taire pendant 2 minutes. Au bout de ce temps se voyait sur sa face le désir évident de faire l'important et d'annoncer à tous ses voisins la TERRIBLE nouvelle.

Ils nous a gonflé durant tout le voyage, cherchant à exploiter jusqu'à la dernière miette son petit pouvoir.. celui de savoir que des milliers de gens étaient morts.

Et bien des gens comme ça, figurez-vous que cela court les rues... Personnellement à chaque décès que j'ai annoncé j'ai toujours rencontré quelqu'un pour me dire, laisse, je vais prévenir et qui, malheureux ou non, gonfle le jabot savourant à l'avance l'importance de sa nouvelle...

C'est curieux quand il faut l'annoncer aux enfants, le seul conseil que l'on vous donne c'est de leur mentir ! Comme si moi j'allais mentir à mes gosses !




mardi 18 janvier 2005


Câlins et coup de fil

La chose qui me manque le plus c'est de ne plus avoir d'intimité avec mes enfants. Nous sommes très souvent ensemble, bien évidemment, mais je ne suis jamais seule avec l'un d'eux. Pourtant qu'ils sont bons ces moments là où celui qui est avec vous cesse toute concurrence pour la place sur mes genoux où les bras autour de mon cou. Ces moments où l'on est là que pour eux et où l'on se fait des confidences, des câlins ou des papouilles.

Ce soir, les deux aînés sont ravis de passer la nuit chez leur ancienne "tata", leur nourrice marocaine qui les a sevrés d'amour pendant de longues années et qui demeure visiblement pour eux un élément structurant.

Alors je reste seule avec Tarquinou et je vais de ce pas le rejoindre pour terminer une soirée canapé dont nous avons le secret.

C'est qu'il ne le sait pas encore mais il en a bien besoin d'être câliné... Son grand-père vient de m'appeler pour me demander si je me fais toujours soigner... Que c'est pathétique un vieux machin qui n'a plus de dents pour planter son venin et qui crachouille sa haine en se bavant sur le menton...

Mes pauvres chatons, vu leurs dispositions, je ne sais pas si vous les verrez souvent vos grands-parents... J'ai gardé précieusement la copie de ma lettre, je pense qu'ils auront besoin de savoir la vérité quand ils seront plus grands...

Pour l'heure, je retourne près de mon tout petit qui résiste au sommeil pour mieux s'endormir dans mes bras !

S'ils s'imaginent qu'ils vont me gâcher cette soirée-là alors que je ne leur permets déjà plus de me gâcher la vie...