Ce matin, la hotte du Père Noël a été livrée. Elle devait l'être en semaine mais les jouets ont traînés et ne sont arrivés qu'aujourd'hui, date ultime puisque c'est ce jour que nous partons.

Les jouets sont arrivés et les trois Tarquinets sont présents, se demandant âprement qui s'annonce par cette sonnette d'interphone...

Pas moyen de faire autrement, je les abandonne deux secondes pour aller chercher les paquets en bas (car de nos jours les livreurs postaux refusent de monter dans les étages, même avertis de la présence d'enfants en bas âge ils vous claquent le combiné au nez et vont déposer vos paquets à votre bureau de Poste...)

De retour parmi eux (et les jouets dans le couloirs) je réfléchis : comment vais-je donc remplir le coffre de la voiture sans attirer leur attention ? Une seule façon : le faire sans eux !

Je leur jette un coup d'oeil : Tarquinet est noyé dans la télé, Tarquinette enfile des perles et Tarquinou rince les manches de son pull dans un fond de cuvette. Oui ! Pourquoi pas après tout ! C'est quand même mieux que de leur gâcher la magie de Noël !

Je répète, je mets en garde, je rassure et surtout je me dépêche. Le coffre de ma voiture est un gouffre, me voilà déjà de retour.

Arrivée dans le couloir j'avise d'abord le chat Tarquari flairant le paillasson des voisins. Tiens, pourtant j'étais sure d'avoir claquée la porte en partant !

Je me rue dans l'appartement par la porte ouverte en grand. Tarquinet est bien présent, toujours noyé dans la télé. J'appelle la puinée et le petit dernier en vain. J'interroge, je questionne, j'enquiers. Un morne "heu..." me fait sortir de mes gonds et jette Tarquinet dans ses vêtements, tout à coup paniqué par le ton de sa mère.

Je fonce dans le couloir Quel escalier prendre ? Monter ? Descendre ? Où chercher ? Je dévale les degrés en hurlant, en appelant ma belle et mon bébé, à tue-tête, à corps et à cris.

Parvenue au rez de chaussée je reconnais immédiatement le "Maman" de Tarquinou. Je sors de la cage d'escalier et je les vois tous les deux. Les yeux rougis et l'angoisse à fleur de paupière. Ils se donnent la main. Tous les deux, d'habitude à se chamailler, ils se tiennent serrés l'un contre l'autre, se rassurant de la chaleur de l'autre. Tarquinette est pieds nus, entortillée dans un paréo jaune fluo, un marcel fleuri sur son dos. Tarquinou en couche et chaussettes patauge dans l'eau qui dégoutte de ses manches imbibées.

Je les ai pris contre mon coeur ma belle et mon bébé qui étaient partis à la recherche de leur mère.

Nous sommes revenus près de Tarquinet tout penaud d'avoir été si absent.

Et maintenant, tous ensemble, nous partons.

Passez un joyeux Noël, nous allons essayer d'en faire autant.