Le gorille de l'entrée était absolument charmant ! Il m'a autorisé à parquer ma bicyclette presque sous son nez : pas de doute, c'est un homme du monde !

Bon évidemment quand en traversant la salle pour retrouver mes acolytes maniaco-billetistes, j'ai avisé trois serveurs en train de danser en petites culottes derrière le comptoir se dandinant le popotin façon danse des canards post Lambada, je me suis exclamée in petto que la soirée allait être insolite !

Parvenue au fond du bouge, j'avoue avoir immédiatement enclenché le mode radar eu égard à la conjonction d'une série de facteurs -pour moi- très invalidants.

  1. Je ne voyais quasiment rien ! Imaginez un éclairage type lanterne sourde complété par le rayonnement culturel d'un écran de télévision géant et enrichi en nuages de fumées si tabagiques qu'elles parvenaient même à masquer l'intempérance des explétives volutes artificielles.

  2. Je n'entendais quasiment aucun son intelligible si ce n'est une musique dont la force du volume sonore était inversement proportionnelle à la qualité musicale (n'y voyez aucune critique digne de ce nom, s'agissant de la musique diffusée dans les établissements contemporains, j'ai des goûts de chiottes)

  3. Hors de tout repère visuel et sonore je me suis accrochée à mon panier de vélo comme une palourde un bernique breton à son rocher distribuant sourires bêtes et coup d'oeil hagard et glauque du genre de celle qui garde le sac à sa copine.
Je remercie donc sincèrement tout ceux qui sont venus me saluer car en ce qui me concerne j'étais tellement désarçonnée que je ne savais plus trop qui était "Paris-Carnet" et qui ne l'était pas ! (sans compter que je suis plus timide qu'il n'y paraît).

L'arrivée du bataillon de bidasses à la coupe de cheveux aussi réglementaire que leur tenue en société après deux verres de bière a fini de m'achever, j'ai fui lâchement vers l'air frais...

De cette expérience du sexy bar je peux constater :

  • J'ai toujours aussi horreur des boîtes de nuit, quand bien même seule leur ambiance est empruntée.

  • Les mecs beaux qui se remuent les fesses en petite tenue me laissent parfaitement de marbre. Je ne suis pas encore assez mûre pour aller hurler dans les spectacles de Chippendale !

  • Je deviens sourde (je commençais à m'en douter)

  • Je n'aime plus l'odeur de la fumée de cigarette et ça c'est quand même la plus grande nouvelle de l'année !

Pour être parfaitement honnête, je dois souligner que ce billet n'est en rien un désaveu du choix de Phérine qui a su dégotter au pied levé un endroit où nous rencontrer, étant entendu que la quérimonie d'une vieille bique dans mon genre doit être placée incontinent au rang des gloses insignifiantes.

Par la suite, en compagnie d'Eolas (auprès de qui j'ai pu m'excuser de l'indigence de certains de mes commentaires) Laurent, Olivier et Lolosquared nous avons trouvé refuge au Polly Mangoo Magoo et je suis littéralement tombée sous le charme de cet endroit !

Sans doute inspirée par la sérénité des lieux (où des joueurs d'échec se recueillaient aussi) nous avons évoqué avec force détail et un souci de l'énumération historique que ne démentirait pas un comptable obsédé des allumettes de la feue SEITA, le long calvaire de Damien (non, pas ce Damien_ là mais ce Damien-ci). Nous avons donc devisé gentiment sur le savoir-faire -ou non- des bourreaux du bon vieux temps... Laurent en bon marin a enrichi nos horizons avec l'art du noeud dans la pendaison...

Bref, j'ai encore passé une excellente soirée !

Post Scriptum : GeorgeS, si tu passes par ces pages, saches que je n'ai rien oublié de l'affront que j'entends bien te faire laver !