un embouteillage


Ce soir, sur mon vélo, j'ai vu Paris revêtue de ses habits de lumière les plus laids : jaune ou blanc devant, rouge-sang derrière.


Alors, le long des files bruyantes et malodorantes, dans la nuée des automobiles, on se fait des amabilités entre deux-roues.

On se fait des courbettes, on se remercie d'un signe de tête et on se faufile sur les pavés que les voitures nous ont à regret concédés.

Et puis, de hochements de mon couvre-chef en regards péremptoires, j'ai quitté la cohue, j'ai glissé loin de la mêlée.

J'ai pédalé dans la ville et j'ai compris où j'étais : à la croisée des chemins. D'un côté il y a ce qui est derrière moi, de l'autre côté, ce qui est devant moi.

Et moi je m'assois parce que j'ai envie de prendre mon temps !