A titre liminaire, j'indique que cette lettre ouverte a été publiée à la suite de la lecture du blog « le journal de Max » à sa grande époque, et non de son ouvrage, « le blog de Max » dont je me réserve la lecture les jours prochains.Il se trouve que j'ai bien trop de boulot ces jours-ci pour satisfaire ma curiosité pourtant considérable

Le journal de Max

Monsieur Max,

Je vais vous le dire tout de go, je n'aime pas ce que vous écrivez. Je n'aime pas votre blog. Je n'aime pas votre ton et votre renommée me consterne.

Vous allez me demander -avec raison- quel est l'intérêt de pondre un tel billet, entièrement dédié à quelqu'un contre lequel je peste, et que la bienséance m'ordonnerait d'ignorer plutôt que lui consacrer pareille publicité.

En réalité, je ne vous veux rien de mal, et la jalousie ne fait pas partie de mes défauts. Non, simplement j'avais envie de vous l'écrire alors comme vous raffolez que l'on parle de vous, je me suis imaginée que vous ne me tiendrez pas rigueur de publier ici mon poulet.

Adoncques, je n'aime pas votre mépris et votre condescendante pitié à l'égard du sexe féminin. Je n'aime pas votre anglaise intérieur cuir,vos costumes YSL, votre femme qui suce, je n'aime pas votre playmate hebdomadaire récompensant les courageux qui ont lu la totalité de vos billets.

Je n'aime pas votre impérieux dédain pour votre prochain.

Je n'aime pas vous lire car vous appliquez à la lettre toutes les méthodes du parfait attrape gogo avec un remarquable brio et la précision d'une horloge suisse.

Je n'aime pas sentir sur moi votre oeil aussi froid que la prothèse oculaire d'un serial killer décérébré.

Vous recourrez à la démesure pour flatter votre ego outrancier quand nous autres le faisons avec discrétion.

Vous êtes prêt à tout pour assouvir votre soif de notoriété "lie Max et Max te liera" et surtout vous le criez quand tous les autres -dont je suis- le taisons.

Vous baladez votre arrogance et votre superbe sur des phrases à l'esthétique irréprochable. Vous méprisez le monde avec une cruauté que celui-ci vous rend bien et j'ai le sentiment que la lecture multi quotidienne de vos statistiques doit-être -légitimement- jubilatoire.

Je ne crois pas à votre cinéma -ce qui n'a aucune espèce d'importance- et je suis départie de l'humour et de l'âcreté propre à comprendre et apprécier votre suffisance. Mais surtout je ne peux nier la redoutable efficacité de votre vitrine et de vos manoeuvres.

En réalité, je ne vous aime pas car vous ne donnez rien de vous. Vous ne faites que prendre.

Vous n'existez que grâce à ceux que vous dépréciez, vous avez besoin du boudin de la photocopieuse, des connards en troupeau et de votre lectorat dessillé, gourmand et amusé pour que les mots vous laissent vivre.

Monsieur Max, ne m'en voulez pas, mais la franchise de vos méthodes, la maîtrise de votre formidable ironie ne parviennent pas à racheter, en ce qui me concerne, l'absence d'humanité dont vous habillez votre chirurgicale verve .

Ainsi, si je ne puis que m'incliner devant la virtuosité et l'efficacité de votre jeu dévoyé, permettez-moi de regretter le fiel de votre rideau de fumée.

Je vous prie de croire, Monsieur Max, à l'assurance de ma considération distinguée.