Là où la colère jaillit, délétère et bienfaitrice
Cela fait 11 mois qu’elle grossit cette colère, 11
mois que je la raisonne au nom de mes enfants, 11 mois que
j’essaie d’oublier. Et plus je la tais et plus elle
se renforce. J’ai tenté d’emprunter tous
les chemins de traverse, j’ai tenté de la
contourner mais rien y a fait, vous n’avez pas un instant
imaginé que c’était à
dessein et uniquement pour protéger le lien que vous aviez
avec mes enfants que je vous évitais. Alors vous avez
été trop loin. Un mot de trop suffisait pour que
l’ire vienne tout engloutir.
Vous aviez donc cru que j’étais comme vous, de la
race des couards ? De ceux qui attendent que mon mari soit mort pour
venir vomir chez moi votre haine et votre jalousie puis de ramper peu
après : « Promets-nous que cela restera
entre nous, la douleur vous a fait dire n’importe
quoi ».
Bien sûr que non, la douleur vous a
libéré, ! Vous attendiez ce moment depuis si
longtemps ! Depuis 12 ans, mon mari vigilant et amoureux me
protégeait, car vous saviez qu’en dépit
de l’immense amour qu’il vous portait, jamais il ne
vous aurait pardonné vos immondes paroles.
Depuis tout ce temps que je vous entends dire du mal de tout le monde,
que je vois le vide se faire autour de vous et de votre aigreur
blessante, de votre rancœur malveillante… Deux
jours après sa mort, vous vous êtes
lâchés. Depuis tout ce temps que vous rongiez
votre frein, il a fallu taper fort : « famille de
cons, famille issue de cons », gueulant
comme des porcs dans un appartement qui n’avait connu que des
vagissements de nouveaux-nés et des rires à
gorges déployées.
« Famille issue de cons »…
des mots pour faire mal s’il en est… Mon
père mort, ma mère vivant ses derniers jours, et
moi issue de ces deux cons là… Cela aurait pu
prêter à sourire… Le crétin
néandertalien et la blatte visqueuse qui viennent
crachouiller leurs miasmes envieux contre un
décédé au renom passé (mais
la jalousie n’a pas besoin de faits pour
prospérer) et une femme qui ne leur avait jamais fait aucun
mal, pour l’heure parfaitement inoffensive puisque au fond de
son lit d’agonie.
Mais vous m’avez blessée. Vous m’avez
fait mal comme personne ne m’a jamais mal. Vous avez
planté votre aiguillon de haine dans un corps
déchiré de douleur : mon mari mort, ma
mère méconnaissable et digne attendant la sienne.
J’ai pensé à mourir ce soir
là. Je regardais le sol trois étages plus bas. Il
me fallait enjamber le vélo de mon époux et
affronter l’image de mon père.
J’étais prête à franchir le
premier obstacle mais le second m’a
arrêtée.
Voyez-vous ce sont les cons qui m’ont mis au monde qui
m’ont protégée contre vous ce
soir-là. Ils m’ont donné non seulement
l’absolue certitude de leur incommensurable amour mais ils
m’ont muni d’armes d’une
efficacité redoutable contre les cloportes sans
génie que vous êtes. La colère !
« Comment oses-tu ? »
c’est la seule chose que vous avez réussi
à balbutier quand ma colère vous a
balayés. Il est là mon précieux
héritage ! Ce que ces cons m’ont transmis : je ne
respecte aucune autorité en tant que telle… Et
présentement je ne vous reconnais aucune qualité,
certainement pas l’intelligence dont vous êtes
parfaitement dépourvus, pas plus que
l’imagination, incapables de reproduire d’autres
schémas mentaux que ceux dans lesquels vous
végétez, et votre douleur que vous brandissez
comme un bouclier n’est pas pour moi un prétexte
de respect.
J’ose… vous m’avez blessée de
la plus cruelle, de la plus lâche des manières
lorsque j’étais à terre. Je me suis
promis que jamais, plus jamais vous ne m’atteindrez. Et
j’ose vous le faire savoir… Car je me fous que
l’on m’aime ou non ! J’ai
déjà eu tout l’amour du monde.
Moi je préfère que l’on me
déteste pour de bonnes raisons que l’on
m’aime de mauvaise façon !
Alors dorénavant vous aurez donc matière
à médire, à maudire et à
vomir. J’assumerai sans ciller, sans regret, les
conséquences de ma colère. Car les cons dont je
suis issue m’ont encore appris une chose que vous ignorez :
le respect de soi-même… Je ne vais pas me mettre
à ramper pour vous prier « que cela
reste entre nous »… Plus jamais
vous ne m’atteindrez car je vous méprise et ce
n’est pas vous qui pouvez impunément venir me
cracher d’arrêter une larme qui ne vous regarde pas
à l’anniversaire de mon fils. Pauvres abrutis !
Par Veuve Tarquine
jeudi 26 août 2004 à 23:05
De bric en vrac
#169
rss










Commentaires
Le jeudi 26 août 2004 à 23:13
par
msc
#
Le vendredi 27 août 2004 à 00:25
par
Veuve Tarquine
#
Le vendredi 27 août 2004 à 00:55
par
Alice
#
Le vendredi 27 août 2004 à 04:00
par
miss lulu
#
Le vendredi 27 août 2004 à 08:30
par
Mijo
#
Le vendredi 27 août 2004 à 09:09
par
Anne
#
Le vendredi 27 août 2004 à 09:39
par
padawan
#
Le vendredi 27 août 2004 à 09:46
par
Mel'O'Dye
#
Le vendredi 27 août 2004 à 09:57
par
bilbo
#
Le vendredi 27 août 2004 à 10:11
par
Véronique
#
Le vendredi 27 août 2004 à 11:58
par
wam
#
Le vendredi 27 août 2004 à 12:08
par
Samantdi
#
Le vendredi 27 août 2004 à 14:56
par
BabOOn
#
Le vendredi 27 août 2004 à 16:47
par
Veuve Tarquine
#
Le lundi 30 août 2004 à 04:13
par
Love is the answer
#
Le mercredi 24 août 2005 à 14:57
par
Guignolito
#
Le jeudi 25 août 2005 à 14:11
par
Shantti
#
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.