Là où l'on provoque une brèche à la sourde colère
Mais quels droits s’arrogent-ils donc pour me crier
méchamment d’arrêter quand
j’écrase une larme à
l’anniversaire de mon fils ? Parce qu’il y aurait
donc une hiérarchie dans la douleur ? Certaines se clament,
d’autres se taisent. La vôtre s’affiche.
La mienne doit se taire !
Elle risquerait de les incommoder et puis surtout, elle signifie que
j’existe… Ma douleur ne vous est
tolérable qu’associée à la
vôtre, dès lors que je vous ai signifié
que je ne mélangerai pas mes larmes aux vôtres,
elle est malvenue.
Ici on pleure un fils ! Pas un père et encore moins un mari !
Peu importe que quiconque ne pouvait ignorer combien leur fils
m’aimait. Peu leur chaut qu’il y a deux ans,
c’est dans mes bras que celui-ci pleurait de joie, en tenant
dans ses immenses mains son Tarquinou tout juste éclos :
c’est un détail qui ne saurait pas même
les condescendre à autoriser cette larme à couler.
Pauvres petits vieux enfermés dans votre douleur, une prison
de silences convenus, d’attitudes savamment contrites, de
jugement à l’emporte pièce et de
l’immuable certitude que le monde entier doit vous respecter.
Vous me faites pitié avec votre peine en
bandoulière, pétris de la certitude que
l’on doive vous aimer, vous qui êtes incapables de
regarder les autres autrement que pour y chercher l’image que
vous peaufinez, trop attentifs à guetter ce que
l’on pourrait penser de vous, pour prêter attention
à celui à qui vous vous adressez. Le sens du mot
partage vous est parfaitement inconnu.
Et ça s’offusque et ça invoque
l’amour filial pour exiger que l’on vous aime !
Décidément, vous n’avez pas compris que
je n’étais là que par la
grâce de mes enfants… uniquement pour eux et ne
pas porter la responsabilité de les couper d’une
famille qui n’est pas la mienne…
Mais mes enfants ne vous donnent pas le droit de me vomir un «
arrête » sec et mauvais comme un
coup de trique.
Sachez que mon « mode survie »
à moi n’implique pas que deux estropiés
de la vie se permettent impunément de venir pourrir la
mienne…
Par Veuve Tarquine
jeudi 26 août 2004 à 23:00
De bric en vrac
#168
rss










Commentaires
Le vendredi 27 août 2004 à 09:05
par
Anne
#
Le vendredi 27 août 2004 à 10:02
par
Kozlika
#
Le vendredi 27 août 2004 à 11:27
par
Mel'O'Dye
#
Le vendredi 27 août 2004 à 16:18
par
Veuve Tarquine
#
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.