mardi 31 août 2004

Je fanfaronnais ces jours-ci ! Je me sentais des ailes. Une
colère enfin clamée,
d’émouvantes retrouvailles avec la capitale et des
tarquinets vibrants de rires et de câlins !
On peut dire que j’ai été roidement
cueillie. Une phrase a suffit, une phrase relative à des
bêtes dispositions fiscales… Je n’ai
pourtant peur ni des mots ni de parler. « Tarquin
est mort en septembre ».
Je me suis soudainement emparé de mon casque à
vélo. J’ai crié un « Au
revoir » précipité en filant
vers la porte d’entrée. J’ai
dévalé les escaliers en hoquetant. Les clefs de
mes antivols étaient brouillées par les larmes.
Le casque de travers, le nez dégoûlinant,
j’ai fui à perdre haleine.
Fuir les larmes en espérant que le vent les
sèche, fuir l’envie de se recroqueviller, de se
mettre en boule, là, sur le sol, pour crier tout son
soûl en ignorant le monde alentour.
Fuir les regards apitoyés de ceux qui savent ma peine sans
pouvoir la soulager.
Fuir cette putain de déveine qui m’a
enlevé mon mari et mes parents et qui me fait douter de tout
(verrais-je mes enfants grandir ? vais-je mourir
demain ? mes enfants vivront-ils encore après
demain ? lequel mourra le premier ? …)
J’ai foncé dans Paris, j’ai
pédalé vers mes marmots et ensemble, on a fait la
nique à la vie.
On a joué aux chatouilles. Tarquinou
a adoré !
Par Veuve Tarquine
mardi 31 août 2004 à 23:46
Chagrine Tarquine
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lundi 30 août 2004
J’ai enfin été la saluer comme
il se doit la grande Dame ! Du haut de mon vélo je
l’ai civilement abordée à petit
braquet.
Ses pavés luisants et glissants persistent à
venir narguer de leur illustre généalogie les
pans de lisses macadam posés durant
l’été.
Les arbres pétant de santé continuent
à exhiber fièrement leur vertes parures en
lisière des belles avenues.
Je l’ai respirée à plein poumons. Le
parfum des sables mouillés de l’Avenue
Foch se mêlait à celui des pelouses
fraîchement tondues.
J’ai adressé un fugace clin d’œil
aux croisées ouvragées d’une claire
façade de l’élégante rue
Royale. Plus loin, je me suis enroulée autour de
la fière colonne
Vendôme pour rejoindre la rue de la Paix (dernier
quartier avant la case départ du Monopoly
!)
J’ai retrouvé ces hordes de voitures
défilant aussi bêtement qu’immuablement
à la cadence rythmée des feux tricolores.
Je me suis même retrouvée nez à nez
avec une noire
BMW qui s’imaginait me forcer le passage…
Je lui ai tiré la langue en poursuivant ma route…
Il a eu le bon goût d’en rire !
Que j’aime Paris…
Par Veuve Tarquine
lundi 30 août 2004 à 23:58
Déambulations
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Le Tribunal Correctionnel de Paris examinera le 5 octobre
prochain, les poursuites dirigées contre Guillermito
à la suite de la plainte déposée par
la Société
TEGAM.
Pour vous y rendre, suivez la direction indiquée par Eolas,
que j’essayerai de croiser ainsi que Laurent
?
Par ailleurs, j’ai trouvé
l’idée de faire un blog collectif pour
s’aider dans son sevrage tabagique,
particulièrement lumineuse.
Ils vont faire un
tabac, et n’hésitez pas à
venir les encourager !
Par Veuve Tarquine
lundi 30 août 2004 à 17:36
Blogs à brac
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Je suis glacée de terreur en pensant aux absurdes
exigences de ceux qui détiennent Christian
Chesnot et Georges Malbrunot.
Leur revendication, « donner 48 heures
à la France pour annuler la loi sur le port du voile
islamique à l'école »
est d’une stupidité sans fond et paraît
dérisoire car elle n’a aucun lien avec
l’Irak et représente une pure ingérence
dans la politique française.
J’avoue mal comprendre leur but car jamais un pays
démocratique ne « retire » ni
n’ « annule » une loi,
expression souveraine de son peuple… outre que
c’est techniquement hasardeux, c’est
idéologiquement une pure décapitation de son
système politique.
Leur dessein serait-il de précipiter la France dans les bras
de la « coalition » américaine
? de faire gagner des points aux questions statistiques relative au
« racisme anti-arabe ? ».
Si l’enjeu n’était pas si terrible on
penserait à des fanfaronnades de pieds nickelés
aussi crétins qu’obtus.
Si je ne comprends leur intention, je sais en revanche que si le pire
se produit, la conséquence en sera très
certainement de provoquer émotionnellement la «
lapidation » en France des femmes voilées
qui porteront dorénavant aussi sûrement
qu’injustement l’opprobre d’une telle
infamie.
La guerre est décidément une chose affreuse.
Par Veuve Tarquine
lundi 30 août 2004 à 00:48
De bric en vrac
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samedi 28 août 2004
Actuellement, les Tarquinets sont férus d'un film
dont ils débitent des extraits tout au long de la
journée.
Je vous laisse deviner lequel :
"le
film" selon Tarquinou
"le
film" selon Tarquinette
"le
film" selon Tarquinet
Par Veuve Tarquine
samedi 28 août 2004 à 15:37
Les Tarquinioles
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vendredi 27 août 2004
Vous n'avez jamais eu envie de laisser sur les trop beaux -ou
trop sales- carrelages du métro la marque de votre passage ?
Vous savez, quand en attendant une improbable rame on a lu et relu tous
les messages que ces carreaux arboraient, l'envie vous prend alors de
laisser à votre tour une pensée puissante, de
crier au monde votre existence !
Bref, j'assouvis ce soir, un désir ancien : JE TAGUE MON
BLOGUE! !
Par Veuve Tarquine
vendredi 27 août 2004 à 23:40
De bric en vrac
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J'ai envie de tourner les pages du catalogue IKEA
et de refaire l'appartement.
J'ai envie d'aller au cinéma avec mes deux
aînés en faisant la course aux
"dératés" sur les Champs Elysées.
J'ai envie d'aller à Paris Carnet mercredi prochain.
J'ai envie d'enfourcher ma bicyclette et d'aller saluer comme il se
doit, Paris la grande dame.
J'ai envie de faire la sieste avec Tarquinou.
J'ai envie de fermer les yeux et de ne conserver de mon
passé que les nombreux et merveilleux moments de bonheur.
J'ai envie de m'endormir sans devoir fuir les démons de la
douleur.
J'ai envie d'une vie où le mal me laisserait tranquille, une
vie où il n'y aurait plus de drame.
J'ai envie de retrouver l'émotion de l'enfant qui chaparde
avant l'heure du repas un délicieux pot de nutella...
Tout cela en ayant toujours envie d'être avec mon mari...
grand mangeur de nutella devant l'Eternel !
Par Veuve Tarquine
vendredi 27 août 2004 à 15:48
De bric en vrac
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jeudi 26 août 2004
Cela fait 11 mois qu’elle grossit cette colère, 11
mois que je la raisonne au nom de mes enfants, 11 mois que
j’essaie d’oublier. Et plus je la tais et plus elle
se renforce. J’ai tenté d’emprunter tous
les chemins de traverse, j’ai tenté de la
contourner mais rien y a fait, vous n’avez pas un instant
imaginé que c’était à
dessein et uniquement pour protéger le lien que vous aviez
avec mes enfants que je vous évitais. Alors vous avez
été trop loin. Un mot de trop suffisait pour que
l’ire vienne tout engloutir.

Par Veuve Tarquine
jeudi 26 août 2004 à 23:05
De bric en vrac
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Mais quels droits s’arrogent-ils donc pour me crier
méchamment d’arrêter quand
j’écrase une larme à
l’anniversaire de mon fils ? Parce qu’il y aurait
donc une hiérarchie dans la douleur ? Certaines se clament,
d’autres se taisent. La vôtre s’affiche.
La mienne doit se taire !

Par Veuve Tarquine
jeudi 26 août 2004 à 23:00
De bric en vrac
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Retrouver l’odeur du placard où
l’on range pêle-mêle – et
à dessein – le poivre et le café (qui
sont mes deux odeurs préférées).
Retrouver comme une amie ma tasse matinale, immense et belle, lui
confiant quotidiennement mes humeurs, grinçant des dents,
pinçant les lèvres ou buvant goulûment.
Il est des voyages qui sont des ruptures. Il est des vacances qui sont
de vraies plaies. Je rangerai donc cette
pérégrination au rang des médecines
amères.
Ces congés sont donc la cassure entre mon passé
et mon avenir. La vie ne m’a pas suffisamment
brisée pour avoir muselé ma colère. Or
donc, puisque j’existe encore, je m’emploierai donc
à vivre.
Le trajet de retour fût pénible et long. Entre
deux camions et pendant que les enfants dormaient j’ai ri et
j’ai pleuré.
Il y a un an, je fonçais près de lui vers les
pires temps de ma vie. Là je fonce vers Paris affronter mes
derniers souvenirs avec lui, mon mari, avec elle, ma tendre maman et
vers un avenir incertain mais que je m’autorise enfin.
Que ça fait du bien d’être redevenue soi
!
Par Veuve Tarquine
jeudi 26 août 2004 à 09:19
De bric en vrac
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jeudi 12 août 2004
- Une tonne de livres que je n’aurais jamais le
temps de lire mais qui sont le meilleur des remparts contre la
banalité des conversations forcées. Ah ! on ne
saluera jamais assez la force de l’approbation sociale que
l’on accorde à la littérature !
- Mon VAIO tout chaud, acheté quasi spécialement
pour disposer d’une échappatoire à ces
soirées où une fois les enfants
couchés, je vais être confrontée
à treize année de souvenirs
obstinément heureux et une flopée de gens bien
intentionnés.
- Une petite dizaine de DVD pour remplacer le cachet
vespéral avalé pour rejoindre Morphée.
- Mon appareil photo derrière lequel je ne me cache que trop
: petite fenêtre par laquelle le monde est tamisé.
- Photoshop évidemment ! pour triturer, abîmer,
assombrir ou surexposer les images de ma vie, ou de ce qu’il
en reste ; ainsi déformé c’est plus
facile à regarder !
Au final un véritable arsenal pour décliner toute
proposition de compassion d’une famille qui n’est
pas la mienne mais qui est essentielle pour mes enfants.
Ce n’est pas parce que je pleure que j’ai besoin
d’une épaule pour m’épancher.
Ce n’est pas parce que je suis seule que je vais accepter une
aide qui n’en sera pas une pour moi.
Je ne veux avoir besoin de personne, je ne veux dépendre de
personne, je ne veux rien attendre de personne, je ne veux emmerder
personne.
Ce n’est même pas de la fierté,
c’est une forme d’esprit.
C’est une règle de survie.
Si je ne sais pas avancer toute seule, je vais sombrer… car
seule je suis devenue.
Par Veuve Tarquine
jeudi 12 août 2004 à 23:50
De bric en vrac
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J’avoue, ce soir j’ai
été infidèle à mon blogue
et j’ai vilement traîné sur celui de Laurent
où l’on s’aperçoit
que même en sortant d’HEC on ne connaît
pas les plus élémentaires notions de
droit…
Personnellement cela ne me fait ni chaud ni froid, moi j’y
connais rien au commerce et cela ne m’empêche pas
de vivre, je conçois donc que ce qui me semble
évident soit du chinois pour un autre.
En revanche, ce qui m’amuse beaucoup, c’est de
mentionner, en réponse à ma prose, et cela,
à chaque fois, le recours que l’on va faire
à son avocat. Ledit conseil est absent donc pas exactement
au fait de la question mais il ne manquera pas de dire
précisément le contraire de ce que
j’ose affirmer…
He he he, quand on passe son temps à clamer «
mon avocat va confirmer que j’ai raison » la
moindre des choses c’est de l’appeler sur son
portable, car on connaît forcément son
numéro de portable en sus de son avis sur un point de droit
qu’on ne lui a pas encore soumis…
Peu importe, si l’individu est honnête,
peut-être nous fera-t’il partager la
réponse de mon excellent confrère…
Toujours est-il qu’en vadrouillant sur le site de Laurent, je
tombe sur un commentaire de Matt
qui m’intrigue
: «
Heureusement que ses parents ne sont pas homos, ça aurait
fait plaisir à ceux qui, comme LLM, estiment que seuls des
hétéros peuvent élever correctement un
gamin ... et lui inculquer les bonnes valeurs. »
Je vais donc faire un petit tour chez Dendromatt
et je tombe sur ce billet
qui répond
lui-même à l’avis édifiant de
Le Meur sur «
Les enfants et les couples
homosexuels ».
Franchement il a des arguments très intéressants
! Mon préféré c’est
celui-là :
« Autant je peux comprendre le mariage
homosexuel, pourquoi pas, autant je ne conçois pas comment
on peut imaginer d'imposer à un enfant de ne pas avoir de
mère ou de père, c'est juste totalement contre
nature et injuste pour lui, non ?
Sous quel prétexte pourraient ces
parents homosexuels ou ces personnes seules choisir qu'un
enfant puisse être élevé en dehors de
ce que la nature nous a imposé à tous depuis les
débuts de l'humanité ? »
Bah ça va vous surprendre mais moi je trouve
qu’il a bien raison Le Meur, tous les enfants doivent OBLIGATOIREMENT
avoir une mère ET UN PERE.
Alors comme mes trois marmots ils n’ont plus de
père et que c’est parfaitement inique et
totalement CONTRE NATURE, je vais lui demander de
me prêter son avocat pour faire un procès
à la dite nature…
Et puis je pense que je mérite au moins la prison car en
refusant de me remarier incontinent, je choisis
d’imposer à mes enfants d’être
élevés en dehors de ce que la nature nous a
imposé à tous depuis les débuts de
l'humanité.
Allons, il vaut mieux en rire... parce que j'en pleure assez.
Et puis, pour tout vous dire, je pense que le plus important pour un
enfant c'est qu'on l'aime, qu'on l'aime vraiment, qu'on l'aime pour ce
qu'il est. Le reste c'est du détail... parce que la nature
moi je la conchie...
La nature elle est capable de bien pire que de laisser deux personnes,
quel que soit leur sexe aimer un gamin... la nature elle est capable de
tuer un pére qui débordait d'amour pour ses
gosses... alors pour être une valeur de
référence, elle repassera, la nature...
Par Veuve Tarquine
jeudi 12 août 2004 à 02:02
Blogs à brac
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mercredi 11 août 2004
Ingénieur des ponts et chaussées, grand
spécialiste de la résolution des
problèmes d'aiguillage, maçon,
décorateur, architecte d'intérieur et
d'extérieur, paysagiste, dompteur d'animaux sauvages,
vétérinaire, fermier, médecin.
Oui, tout cela à la fois.
C'est épuisant la vie de mère de famille...
Par Veuve Tarquine
mercredi 11 août 2004 à 13:05
Les Tarquinioles
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mardi 10 août 2004
Le 10 août 2003, il était parti quelques
jours avant moi afin de soustraire les enfants à la chaleur
caniculaire des villes.
J'allais bientôt le rejoindre pour partir ensemble en
vacances. Nous étions donc séparés
pour quelques jours seulement. Alors, il m'écrivait.
Le 10 août 2003, je recevais son dernier texto.
Je t'aime aussi, tu sais...
Par Veuve Tarquine
mardi 10 août 2004 à 22:43
Tarquin et Tarquine
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Depuis plus de dix ans que j’assiste,
représente, défends des victimes de graves
préjudices corporels, je suis arrivée
à la conclusion qu’en matière de
blessures involontaires résultant d’un accident de
la circulation, il n’existe que deux catégories
parfaitement distinctes de prévenus. Pas trois ou quatre,
non seulement deux. Cette typologie est indépendante du
sexe, de l’éducation, des milieux
socioprofessionnels.
Vous avez d’une part celui qui considère la
victime comme un adversaire, il ne la regarde pas, il se contente de la
considérer. Car, en réalité, il est
incapable de porter réellement son regard sur la victime. Il
est totalement centré sur sa personne, sur sa situation. On
a parfois l’impression qu’il lui est insupportable
de « voir » la victime, il la nie, ni plus
ni moins. Bien entendu dans ces comportement il y a des gradations,
vous avez le type borné qui répète dix
fois qu’il n’y est pour rien et qui –a
fortiori- ne se posera même pas la question de savoir si son
comportement a pu, même partiellement, participer
à envoyer ad vitam aeternam, cette jeune
mère de famille dans un fauteuil roulant.
Et puis, vous avez les ordures patentées, qui viennent
accuser le monde entier d’avoir ourdi contre eux un plan
machiavélique les accusant d’avoir
renversé avec 2 grammes d’alcool par litre de sang
un gamin sur un passage clouté, ceux qui vont
jusqu’à rouler sur leur victime pour prendre la
fuite… oui ! oui ! ça existe... Et qui viennent
pleurer au Tribunal pour qu’on ne leur retire pas leur permis
(ce qui n’est dorénavant plus possible). Et tout
cela sans faillir ni rougir, face à une victime quasi
grabataire, venue exceptionnellement dévoiler sa
décrépitude devant ses juges…
Et puis vous avez l’autre catégorie, celle qui est
atterrée par la gravité des blessures
qu’ils ont causés –ou non- ceux qui
oublient les questions de responsabilité ou de peine et qui
sont « avec » la victime. Ceux qui
viennent vous voir discrètement avant l’audience, «
vous savez Maître, je suis vraiment
désolé, je souhaite que votre cliente elle soit
le mieux indemnisée possible, la Compagnie dira ce
qu’elle veut, mais moi je ne veux pas
discuter… » Ils ont parfois un
enfant, un père, une grand-mère du même
âge que leur victime. Parfois non. Ils en oublieraient de se
défendre pour tenter d’apaiser les peines et les
souffrances de ces corps abîmés à
jamais.
Il y a un certain nombre d’années, j’ai
passé une après-midi au Tribunal correctionnel de
Saint Nazaire (en raison d’un confrère qui avait
fait retenir l’affaire sans me prévenir). Je
regardais défiler les affaires, un chapelet
d’alcoolémie délictueuse et
dangereuse… les explications les plus farfelues
fleurissaient dans le prétoire, toute aussi mauvaises et
pleutres, toutes faites de mensonges éhontés et
de piètres serments d’ivrognes.
Je me souviendrais toujours d’un jeune homme sans avocat, qui
en réponse à la question
rabâchée «
qu’avez-vous à dire pour votre défense
? » a répondu : «
Rien du tout, je suis désolé, je
n’aurais pas du boire autant, je n’en avais pas
conscience, je n’imaginais pas que j’aurais pu
blesser quelqu’un, je la prie de m’en
excuser… ». Il bredouillait
misérablement des excuses parfaitement sincères.
La Présidente, qui rendait ses
délibérés sur le siège, lui
a alors fait connaître sa décision : «
puisque vous n’avez rien à dire pour votre
défense, je suis les réquisitions du Procureur
! » ce qu’elle prononce illico.
Je dois ajouter que s’agissant des ivrognes
hâbleurs et baratineurs qui ont défilé
précédemment, jamais elle n’avait suivi
les réquisitions du Ministère public et
réduisait systématiquement d’environ un
tiers les peines dont l’application était
sollicitée.
Ce jeune homme, il faisait partie de la seconde espèce, et
j’ai vraiment eu la sensation que la présidente en
question, sans le savoir, faisait partie de la première
catégorie, la catégorie de ceux qui ne savent pas
faire preuve d’empathie…
Par Veuve Tarquine
mardi 10 août 2004 à 00:33
(non) droit ou (in)justice
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lundi 9 août 2004
Tiens ! Mes voisins voient le Sacré Coeur et pas
moi !
Ce billet constitue ma participation au grand jeu de
l'été : "Mes
vacances à la Bourboule".
Je vous remercie de bien vouloir noter que je n'ai absolument rien dit
de spirituel.
J'avoue que cela a été pour moi un exercice
très difficile, qui m'a demandé
énormément de concentration et un recueillement
quasi monacal pour y parvenir.
Alors que je me sentais flaiblir, je repensais à la
maîtrise de "Maestro
Carion" et son redoutable art de l'ineptie
inextinguible!
Epuisée par une telle épreuve, il convient que
j'aille me ressourcer afin de retrouver les particules
d'ascèse indispensables à l'écriture
blogosphérale !
Par Veuve Tarquine
lundi 9 août 2004 à 00:29
De bric en vrac
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dimanche 8 août 2004
Non décidément, la somme de tous mes
cours de droit, de tous les chagrins des victimes que j’ai
défendues, les insupportables douleurs que j’ai
approchées durant toutes mes années
d’exercice professionnel, ne me permettent pas de comprendre
quelle est l’utilité d’exécuter
un vieil homme mourant.
C’est la peine absurde et aveugle, la peine inhumaine, celle
qui démontre par là même que, dans son
principe, elle est inique et méprisable.
Cette comédie n’a pas même servi
à apaiser la victime qui a déclaré : "Je
voudrais voir revenir la chaise électrique ou le peloton
d'exécution ; il a semblé s'assoupir, calmement.
J'aurais tant aimé le voir souffrir encore un peu plus."
Franchement, c’est à vomir…
Par Veuve Tarquine
dimanche 8 août 2004 à 23:52
(non) droit ou (in)justice
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Mon amour,
Les enfants vont bien. Tu leur manques beaucoup et ils continuent
à te réclamer. Ils te ressemblent, tu
sais, : ils sont beaux comme des Jésus !
Je pense à toi tout le temps, je t'aime tant. La vie sans
toi est sans saveur.
Comme ton rire n'est plus là pour se moquer de moi et de mes
travers, j'invente les railleries, les gouailleries que tu m'aurais
faites !
Comme ils sont absents les rires que nous échangions.
J'aimerais me blottir contre toi et te dire sans ironie que tu es
décidément un homme confortable.
J'aimerais que la vie ne soit pas si inique, j'aimerais pouvoir t'aimer
sans pleurer.
Je ne te dis pas combien je t'aime, cela, tu l'as toujours su.
Je ne peux te dire "à bientôt", je sais que je ne
te reverrai jamais...
Ta Nounette
Par Veuve Tarquine
dimanche 8 août 2004 à 23:14
Tarquin et Tarquine
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Décidément la gent
simiesque fait toujours les joies des tarquinets : A Thoiry,
ce furent les macaques qui leur ont permis d'aborder l'anatomie
comparée !
« Maman ! Ils ont les mains
pareilles que nous »
« Maman ! Ils ont les pieds presque pareils
que nous »
(...)
« Maman ! Ils ont un zizi pas du
tout pareil que nous ! " (leur
zizi est surmonté d'un espèce de champignon rouge
au chapeau large et gondolé…)
On détaille donc les animaux. « Maman,
je te quitte » me dit Tarquinette « Je
vais rejoindre les crocodiles »
Heureusement, au final, nous n'avons pas rompu !
Et puis, on tombe sur trois formes noires que je suppose être
trois femmes. Elles sont voilées de noir de haut jusqu'en
bas, pas le moindre morceau de peau, voile noir sur le visage, gants
noirs sur les doigts…
Tarquinet : « Maman ?
Pourquoi, elles s'habillent comme
ça ? ».
Je suis du genre à être « Tata
la morale » sur la tolérance, le respect
des croyances… mais là, je ne me suis
posée aucune question, j'ai répondu tout
à trac : « Elles sont
déguisées en
fantômes ».
Tarquinet se marre mais les entend parler et ça le travaille
ce code vestimentaire : « Maman !
Ce sont des arabes, elle ne sont pas
déguisées ». (Les
Tarquinets comprennent tous -grosso modo- l'arabe).
« Si ! Tarquinet. Elles sont
déguisées en fantôme, elles se cachent
donc elles ne veulent pas exister, elles se sont vraiment
déguisées en
fantôme ».
Il a réfléchi, mais n'a plus rien dit. J'ai
réfléchi à mon tour, et je me suis dit
que je ne retrancherai rien de ce que je lui ai dit.
Par Veuve Tarquine
dimanche 8 août 2004 à 00:04
De bric en vrac
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vendredi 6 août 2004
Il y a 59 ans aujourd'hui, Little Boy a tué environ
150.000 personnes.
Le 6 août 1945, Little Boy a tué sans distinction, aveuglement, et a tué longtemps.
Le 6 août 1945, Little Boy a tué Hiroshima et cela
n'a pas rendu le monde plus sûr.
Méfions-nous des promesses de paix
proférées pour justifier les guerres.
Et une pensée pour tous les japonais aujourd'hui, jour
maudit pour toute l'humanité.
Par Veuve Tarquine
vendredi 6 août 2004 à 21:44
De bric en vrac
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Vous croyez que je ne vous vois pas en train de ronfler,
huum???
Oui, oui ! Vous, derrière votre écran ! Vous
croyez que je ne vous sais pas en train de passer mollement d'un blogue
à l'autre à la recherche d'un soupçon
de vie, d'un souffle d'activité ?
Je devine votre ennui, votre lassitude à passer d'un carnet
à un autre pour y glaner quelques improbables particules
d'énergie... Quelle idée aussi de chercher la vie
derrière son "dinateur" au mois d'août !
Mais, moi ce soir, il se trouve que mes moufflets m'ont
épuisée, alors ne comptez pas sur moi pour vous
innonder d'une prose aussi enlevée que profonde :
à cette heure, vous ne tirerez de ma personne que des
disgracieux et irrépressibles ronflements
Heureusement ! Il me reste sous la main quelques petits
arrêts de derrière les fagots !
Ce soir, ouvrez les mirettes, voici un joyau de la rédaction
judiciaire, appréciez la langue, appréciez les
faits, et si le coeur vous en dit, vous pourrez toujours me donner
votre avis, sur la morale de l'histoire... car la justice des hommes
appliquée aux bêtes, est toujours
édifiante...
"Si, à l'arrivée de trois
génisses dans un pré, le taureau appartenant
à un éleveur qui se trouvait dans la
pâture voisine les suivit le long de la clôture, il
est hasardeux d'en conclure que l'une d'elles était en
chaleur. Il n'y eut pas sans doute simple accompagnement galant mais
expression d'une attirance sexuelle n'impliquant pas
nécessairement un état de chaleur et il est
difficile de retenir une manoeuvre spéculative de la part du
propriétaire de la génisse en raison des risques
sérieux pour ses propres animaux, sans commune mesure avec
une prestation de service gratuite par un reproducteur de
qualité.
La Cour (malgré le mot d'Aristote : «l'homme est
un animal raisonnable+) est peu éclairée,
singulièrement par les parties, sur la
psycho-sexualité des bovins, notamment sur les
éventuels émois et frémissements avant
passage à l'acte, sur les manifestations
extérieures d'un état de chaleur
générateur d'un élan
irrésistible. Une faute à la charge du
propriétaire des génisses au sens de l'art. 1382
C. civ., implique que l'acte procréateur et fatal du
géniteur qui s'est gravement blessé au membre
postérieur droit en s'emmêlant dans la
clôture, ait eu pour cause directe l'état de
chaleur provocateur de la génisse plutôt que la
fougue du taureau aux pulsions exacerbées par la simple vue
de trois représentantes de la gent femelle, même
sans état incitateur particulier. Le fait que le
vétérinaire appelé sur les lieux ait
vu dans la pâture la génisse «cavaler+
le taureau, alors en fâcheuse posture dans les fils de fer
barbelés et donnant une peu glorieuse image du sexe dit
fort, ne permet pas de conclure à un état de
chaleur préalable à l'assaut initial et aux
blessures, alors qu'on ignore le moment exact de cet assaut et
même s'il eut lieu le jour ou dans la pénombre
complice et romantique de la nuit.
La preuve d'une faute n'est donc pas suffisamment établie
à l'encontre du propriétaire de la
génisse.
Il y a lieu de réformer la décision entreprise et
de débouter le propriétaire du taureau de sa
demande de dommages-intérêts. La génise
ayant bénéficié d'une saillie
fécondante gratuite, il y a là une compensation
de fait aux dépenses prévues à l'art.
700 nouv. C. pr. civ."
C. app., Dijon (2e Ch. 2e sect.), 31 mai 1985 RGP
3093
Par Veuve Tarquine
vendredi 6 août 2004 à 00:33
(non) droit ou (in)justice
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jeudi 5 août 2004
Petite, j'ai dévoré l'exemplaire
d'avant-guerre du "Guide des Convenances" de ma
grand-mère. Savez-vous comment s'adresse-t'on à
un vicaire ? Je ne sais plus, si tant est que je l'ai su... Mais au
hasard d'un étal de librairie je suis tombée en
arrêt devant le Guide du protocole et des usages
de Jacques Gandouin.
Un pavé suranné rempli de petits
caractères réactionnaires. C'est idiot,
parfaitement inutile mais ce soir, dans mon lit, je troquerai E.T.
contre un vicaire !
Car, n'est-il pas totalement confondant de savoir qu'il convient, lors
d'un goûter, de verser le lait - froid ! - dans la tasse avant
le thé ? Et de découvrir où se niche
parfois les notions d'égalité :
Il eût donc été
plus judicieux, à mon sens, dans notre
société de consommation, d'habituer les classes
les plus modestes à revêtir le smoking,
plutôt que d'en dépouiller les classes
possédantes. Il est à espérer
simplement qu'on reviendra à ce raffinement qui contribue au
charme de la vie."
Je n'ai pas encore trouvé durant combien de temps
encore, je dois m'habiller en "grand deuil". Je le verrai sans doute et
alors je ricanerai méchamment : à son
enterrement, j'avais déjà mis du blanc !
Par Veuve Tarquine
jeudi 5 août 2004 à 00:35
Veuve Tarquine bouquine
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mercredi 4 août 2004
Je ne connais pas de meilleur soporifique qu'un
écran brillant sur lequel se dévoile un film de
cinématographe.
Hier-soir, entêtée par de sombres
pensées, je renâclais à laisser mon
esprit vagabonder en attendant Morphée.
Si j'avais été célibataire nullipare,
j'aurais pu naviguer toute la nuit sur la toile géante,
donnant ainsi à l'esprit la matière
nécessaire pour ne pas se dérouter des chemins
indolores. Et puis, je me serais levée à des
heures indues…
Mais si j'avais été célibataire
nullipare, je n'aurais pas eu besoin de juguler de si insupportables et
morbides pensées puisque la robe du veuvage n'aurait pas
été revêtue !
Las, puisqu'il fallait bien me résoudre à quitter
le net, j'ai fait une infidélité au grand lit
conjugal.
J'ai pris mon léger Vaio
que j'ai placé à l'endroit où dormait
Tarquin l'aimé, et j'ai passé la nuit avec E.T.
Par Veuve Tarquine
mercredi 4 août 2004 à 09:32
Chagrine Tarquine
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mardi 3 août 2004
J'aurais aimé ce soir, écrire un billet
consistant, un billet brillant qui tienne en haleine un Capitaine qui s'ennuie, ainsi que
tous ceux qui viennent me lire, pour un instant ou pour longtemps, un
mot rafraîchissant pour tous ceux qui ont trop chaud, qui ont
trop soif ou qui se font suer.
J'aurais aimé faire tout cela, mais ce soir j'ai
bricolé, je suis parvenue de haute lutte à mettre
en réseau mon vieux PC et mon nouveau VAIO tout
léger. A petit pas, j'ai réussi, d'abord
à voir un nom sur un réseau, puis à
partager une connexion internet et ensuite à farfouiller
avec l'un dans le ventre de l'autre et réciproquement.
Moi aussi j'avais trop chaud, trop soif et j'avais envie d'aller me
rafraîchir sur internet...
Ca va vous paraître bizarre mais je voudrais remercier trois
personnes qui sans le savoir m'ont permis de faire ce réseau
ce soir : Camille, Laurent et Yassine. Parce que les
réseaux, les soirs d'ennuis, ont les ressent parfois
là où on ne les attend pas...
Par Veuve Tarquine
mardi 3 août 2004 à 01:27
De bric en vrac
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dimanche 1 août 2004
Parfois, sans aucun prétexte, sans aucun autre
motif que celui de s'amuser, on fait la fête.
Tarquinet l'aîné, se met devant le PC et
à l'aide de "Ouilampe",
il nous dégotte des morceaux de musique dont il a le secret.
Ensuite, chacun leur tour, ils me sautent dans les bras pour une danse
endiablée, rock
acrobatique, gigue
trépidante ou toupie
sur linoléum.
Et ça s'accroche à mon cou, ça jette
la tête en arrière pour mieux la faire tourner,
ça hurle de rire tout contre mon oreille, ça se
blottit contre moi et ça dit "encore".
Je vous assure que cela vaut bien une bonne séance de gym et
vous procure un plaisir que nulle salle ne pourra jamais vous offrir !
Par Veuve Tarquine
dimanche 1 août 2004 à 23:47
Les Tarquinioles
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Au parc, il y a des pères et des mères qui
devisent gentiment assis sur les bancs en surveillant de loin leurs
enfants.
Au parc, il y a des enfants qui jouent tranquillement, ils savent
toujours où est papa ou maman et entendent bien ne pas les
quitter des yeux.
Au parc, il y a aussi des enfants qui n'ont peur de rien, qui
revendiquent haut et fort leur indépendance et
s'éparpillent dans trois directions opposées...
Au parc, on croise parfois une mère
échevelée qui ne parvient jamais à
poser ses fesses sur un banc, fait dix fois le tour du parc et compte
et recompte les éléments constitutifs de sa
progéniture.
Parfois, elle aimerait même qu’il fasse mauvais !
Par Veuve Tarquine
dimanche 1 août 2004 à 21:31
Les Tarquinioles
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Cause départ
définitif, très jeune
télécommande affectueuse - et
très récemment acquise - cherche
à être adoptée.
Excellent pedigree consultable auprès de son
éleveur, Darty.
Si lecteur habituel interessé, merci d'envoyer courriel
à Veuve
Tarquine avec coordonnées géographiques
afin de procéder à l'envoi postal
accompagné du mode d'emploi.
Par Veuve Tarquine
dimanche 1 août 2004 à 10:44
De bric en vrac
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