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mardi 31 août 2004


Fuir et rire

Un vélo qui fuit

Je fanfaronnais ces jours-ci ! Je me sentais des ailes. Une colère enfin clamée, d’émouvantes retrouvailles avec la capitale et des tarquinets vibrants de rires et de câlins !

On peut dire que j’ai été roidement cueillie. Une phrase a suffit, une phrase relative à des bêtes dispositions fiscales… Je n’ai pourtant peur ni des mots ni de parler. « Tarquin est mort en septembre ».

Je me suis soudainement emparé de mon casque à vélo. J’ai crié un « Au revoir » précipité en filant vers la porte d’entrée. J’ai dévalé les escaliers en hoquetant. Les clefs de mes antivols étaient brouillées par les larmes. Le casque de travers, le nez dégoûlinant, j’ai fui à perdre haleine.

Fuir les larmes en espérant que le vent les sèche, fuir l’envie de se recroqueviller, de se mettre en boule, là, sur le sol, pour crier tout son soûl en ignorant le monde alentour.

Fuir les regards apitoyés de ceux qui savent ma peine sans pouvoir la soulager.

Fuir cette putain de déveine qui m’a enlevé mon mari et mes parents et qui me fait douter de tout (verrais-je mes enfants grandir ? vais-je mourir demain ? mes enfants vivront-ils encore après demain ? lequel mourra le premier ? …)

J’ai foncé dans Paris, j’ai pédalé vers mes marmots et ensemble, on a fait la nique à la vie.

On a joué aux chatouilles. Tarquinou a adoré !




lundi 30 août 2004


Paris ma bonne ville

Vue de Paris

J’ai enfin été la saluer comme il se doit la grande Dame ! Du haut de mon vélo je l’ai civilement abordée à petit braquet.

Ses pavés luisants et glissants persistent à venir narguer de leur illustre généalogie les pans de lisses macadam posés durant l’été.

Les arbres pétant de santé continuent à exhiber fièrement leur vertes parures en lisière des belles avenues.

Je l’ai respirée à plein poumons. Le parfum des sables mouillés de l’Avenue Foch se mêlait à celui des pelouses fraîchement tondues.

J’ai adressé un fugace clin d’œil aux croisées ouvragées d’une claire façade de l’élégante rue Royale. Plus loin, je me suis enroulée autour de la fière colonne Vendôme pour rejoindre la rue de la Paix (dernier quartier avant la case départ du Monopoly !)

J’ai retrouvé ces hordes de voitures défilant aussi bêtement qu’immuablement à la cadence rythmée des feux tricolores.

Je me suis même retrouvée nez à nez avec une noire BMW qui s’imaginait me forcer le passage…

Je lui ai tiré la langue en poursuivant ma route… Il a eu le bon goût d’en rire !

Que j’aime Paris…





Des liens et des soutiens

Le Tribunal Correctionnel de Paris examinera le 5 octobre prochain, les poursuites dirigées contre Guillermito à la suite de la plainte déposée par la Société TEGAM.

Pour vous y rendre, suivez la direction indiquée par Eolas, que j’essayerai de croiser ainsi que Laurent ?

Par ailleurs, j’ai trouvé l’idée de faire un blog collectif pour s’aider dans son sevrage tabagique, particulièrement lumineuse.

Ils vont faire un tabac, et n’hésitez pas à venir les encourager !





Voile de honte

Voile noire et larmoyant

Je suis glacée de terreur en pensant aux absurdes exigences de ceux qui détiennent Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

Leur revendication, « donner 48 heures à la France pour annuler la loi sur le port du voile islamique à l'école » est d’une stupidité sans fond et paraît dérisoire car elle n’a aucun lien avec l’Irak et représente une pure ingérence dans la politique française.

J’avoue mal comprendre leur but car jamais un pays démocratique ne « retire » ni n’ « annule » une loi, expression souveraine de son peuple… outre que c’est techniquement hasardeux, c’est idéologiquement une pure décapitation de son système politique.

Leur dessein serait-il de précipiter la France dans les bras de la « coalition » américaine ? de faire gagner des points aux questions statistiques relative au « racisme anti-arabe ? ».

Si l’enjeu n’était pas si terrible on penserait à des fanfaronnades de pieds nickelés aussi crétins qu’obtus.

Si je ne comprends leur intention, je sais en revanche que si le pire se produit, la conséquence en sera très certainement de provoquer émotionnellement la « lapidation » en France des femmes voilées qui porteront dorénavant aussi sûrement qu’injustement l’opprobre d’une telle infamie.

La guerre est décidément une chose affreuse.




samedi 28 août 2004


Les Tarquinets font leur cinéma

Tarquinet et Tarquinette s'affichent

Actuellement, les Tarquinets sont férus d'un film dont ils débitent des extraits tout au long de la journée.

Je vous laisse deviner lequel :

"le film" selon Tarquinou

"le film" selon Tarquinette

"le film" selon Tarquinet




vendredi 27 août 2004


Lâchons-nous !

Vous n'avez jamais eu envie de laisser sur les trop beaux -ou trop sales- carrelages du métro la marque de votre passage ?

Vous savez, quand en attendant une improbable rame on a lu et relu tous les messages que ces carreaux arboraient, l'envie vous prend alors de laisser à votre tour une pensée puissante, de crier au monde votre existence !

Bref, j'assouvis ce soir, un désir ancien : JE TAGUE MON BLOGUE! !

Ici, V.T. a flatulé !




Monsieur Nutella, philosophe de son état

Tarquinou au Nutella


J'ai envie de tourner les pages du catalogue IKEA et de refaire l'appartement.

J'ai envie d'aller au cinéma avec mes deux aînés en faisant la course aux "dératés" sur les Champs Elysées.

J'ai envie d'aller à Paris Carnet mercredi prochain.

J'ai envie d'enfourcher ma bicyclette et d'aller saluer comme il se doit, Paris la grande dame.

J'ai envie de faire la sieste avec Tarquinou.

J'ai envie de fermer les yeux et de ne conserver de mon passé que les nombreux et merveilleux moments de bonheur.

J'ai envie de m'endormir sans devoir fuir les démons de la douleur.

J'ai envie d'une vie où le mal me laisserait tranquille, une vie où il n'y aurait plus de drame.

J'ai envie de retrouver l'émotion de l'enfant qui chaparde avant l'heure du repas un délicieux pot de nutella...

Tout cela en ayant toujours envie d'être avec mon mari... grand mangeur de nutella devant l'Eternel !




jeudi 26 août 2004


Là où la colère jaillit, délétère et bienfaitrice

Cela fait 11 mois qu’elle grossit cette colère, 11 mois que je la raisonne au nom de mes enfants, 11 mois que j’essaie d’oublier. Et plus je la tais et plus elle se renforce. J’ai tenté d’emprunter tous les chemins de traverse, j’ai tenté de la contourner mais rien y a fait, vous n’avez pas un instant imaginé que c’était à dessein et uniquement pour protéger le lien que vous aviez avec mes enfants que je vous évitais. Alors vous avez été trop loin. Un mot de trop suffisait pour que l’ire vienne tout engloutir.





Là où l'on provoque une brèche à la sourde colère

Mais quels droits s’arrogent-ils donc pour me crier méchamment d’arrêter quand j’écrase une larme à l’anniversaire de mon fils ? Parce qu’il y aurait donc une hiérarchie dans la douleur ? Certaines se clament, d’autres se taisent. La vôtre s’affiche.

La mienne doit se taire !





Tarquine, le retour...

Tasse à fleurs

Retrouver l’odeur du placard où l’on range pêle-mêle – et à dessein – le poivre et le café (qui sont mes deux odeurs préférées).

Retrouver comme une amie ma tasse matinale, immense et belle, lui confiant quotidiennement mes humeurs, grinçant des dents, pinçant les lèvres ou buvant goulûment.

Il est des voyages qui sont des ruptures. Il est des vacances qui sont de vraies plaies. Je rangerai donc cette pérégrination au rang des médecines amères.

Ces congés sont donc la cassure entre mon passé et mon avenir. La vie ne m’a pas suffisamment brisée pour avoir muselé ma colère. Or donc, puisque j’existe encore, je m’emploierai donc à vivre.

Le trajet de retour fût pénible et long. Entre deux camions et pendant que les enfants dormaient j’ai ri et j’ai pleuré.

Il y a un an, je fonçais près de lui vers les pires temps de ma vie. Là je fonce vers Paris affronter mes derniers souvenirs avec lui, mon mari, avec elle, ma tendre maman et vers un avenir incertain mais que je m’autorise enfin.

Que ça fait du bien d’être redevenue soi !




jeudi 12 août 2004


La liste des choses à ne pas oublier d'emporter ou le bastion fortifié de mes vacances

une plage au bord d'un lac

- Une tonne de livres que je n’aurais jamais le temps de lire mais qui sont le meilleur des remparts contre la banalité des conversations forcées. Ah ! on ne saluera jamais assez la force de l’approbation sociale que l’on accorde à la littérature !

- Mon VAIO tout chaud, acheté quasi spécialement pour disposer d’une échappatoire à ces soirées où une fois les enfants couchés, je vais être confrontée à treize année de souvenirs obstinément heureux et une flopée de gens bien intentionnés.

- Une petite dizaine de DVD pour remplacer le cachet vespéral avalé pour rejoindre Morphée.

- Mon appareil photo derrière lequel je ne me cache que trop : petite fenêtre par laquelle le monde est tamisé.

- Photoshop évidemment ! pour triturer, abîmer, assombrir ou surexposer les images de ma vie, ou de ce qu’il en reste ; ainsi déformé c’est plus facile à regarder !

Au final un véritable arsenal pour décliner toute proposition de compassion d’une famille qui n’est pas la mienne mais qui est essentielle pour mes enfants.

Ce n’est pas parce que je pleure que j’ai besoin d’une épaule pour m’épancher.

Ce n’est pas parce que je suis seule que je vais accepter une aide qui n’en sera pas une pour moi.

Je ne veux avoir besoin de personne, je ne veux dépendre de personne, je ne veux rien attendre de personne, je ne veux emmerder personne.

Ce n’est même pas de la fierté, c’est une forme d’esprit.

C’est une règle de survie.

Si je ne sais pas avancer toute seule, je vais sombrer… car seule je suis devenue.





Instructive infidélité déambulatoire

J’avoue, ce soir j’ai été infidèle à mon blogue et j’ai vilement traîné sur celui de Laurent où l’on s’aperçoit que même en sortant d’HEC on ne connaît pas les plus élémentaires notions de droit…

Personnellement cela ne me fait ni chaud ni froid, moi j’y connais rien au commerce et cela ne m’empêche pas de vivre, je conçois donc que ce qui me semble évident soit du chinois pour un autre.

En revanche, ce qui m’amuse beaucoup, c’est de mentionner, en réponse à ma prose, et cela, à chaque fois, le recours que l’on va faire à son avocat. Ledit conseil est absent donc pas exactement au fait de la question mais il ne manquera pas de dire précisément le contraire de ce que j’ose affirmer…

He he he, quand on passe son temps à clamer « mon avocat va confirmer que j’ai raison » la moindre des choses c’est de l’appeler sur son portable, car on connaît forcément son numéro de portable en sus de son avis sur un point de droit qu’on ne lui a pas encore soumis…

Peu importe, si l’individu est honnête, peut-être nous fera-t’il partager la réponse de mon excellent confrère…

Toujours est-il qu’en vadrouillant sur le site de Laurent, je tombe sur un commentaire de Matt qui m’intrigue : « Heureusement que ses parents ne sont pas homos, ça aurait fait plaisir à ceux qui, comme LLM, estiment que seuls des hétéros peuvent élever correctement un gamin ... et lui inculquer les bonnes valeurs.  »

Je vais donc faire un petit tour chez Dendromatt et je tombe sur ce billet qui répond lui-même à l’avis édifiant de Le Meur sur « Les enfants et les couples homosexuels ».

Franchement il a des arguments très intéressants ! Mon préféré c’est celui-là :

« Autant je peux comprendre le mariage homosexuel, pourquoi pas, autant je ne conçois pas comment on peut imaginer d'imposer à un enfant de ne pas avoir de mère ou de père, c'est juste totalement contre nature et injuste pour lui, non ?

Sous quel prétexte pourraient ces parents homosexuels ou ces personnes seules choisir qu'un enfant puisse être élevé en dehors de ce que la nature nous a imposé à tous depuis les débuts de l'humanité ? »



Bah ça va vous surprendre mais moi je trouve qu’il a bien raison Le Meur, tous les enfants doivent OBLIGATOIREMENT avoir une mère ET UN PERE.

Alors comme mes trois marmots ils n’ont plus de père et que c’est parfaitement inique et totalement CONTRE NATURE, je vais lui demander de me prêter son avocat pour faire un procès à la dite nature…

Et puis je pense que je mérite au moins la prison car en refusant de me remarier incontinent, je choisis d’imposer à mes enfants d’être élevés en dehors de ce que la nature nous a imposé à tous depuis les débuts de l'humanité.

Allons, il vaut mieux en rire... parce que j'en pleure assez.

Et puis, pour tout vous dire, je pense que le plus important pour un enfant c'est qu'on l'aime, qu'on l'aime vraiment, qu'on l'aime pour ce qu'il est. Le reste c'est du détail... parce que la nature moi je la conchie...

La nature elle est capable de bien pire que de laisser deux personnes, quel que soit leur sexe aimer un gamin... la nature elle est capable de tuer un pére qui débordait d'amour pour ses gosses... alors pour être une valeur de référence, elle repassera, la nature...




mercredi 11 août 2004


Maternelles casquettes

un village desservi par le train en Duplo


Ingénieur des ponts et chaussées, grand spécialiste de la résolution des problèmes d'aiguillage, maçon, décorateur, architecte d'intérieur et d'extérieur, paysagiste, dompteur d'animaux sauvages, vétérinaire, fermier, médecin.

Oui, tout cela à la fois.

C'est épuisant la vie de mère de famille...




mardi 10 août 2004


Je t'aime, texto !

texto : je t'aime


Le 10 août 2003, il était parti quelques jours avant moi afin de soustraire les enfants à la chaleur caniculaire des villes.

J'allais bientôt le rejoindre pour partir ensemble en vacances. Nous étions donc séparés pour quelques jours seulement. Alors, il m'écrivait.

Le 10 août 2003, je recevais son dernier texto.

Je t'aime aussi, tu sais...





Le prévenu et l'empathie, quand l'un la possède et l'autre non.

Depuis plus de dix ans que j’assiste, représente, défends des victimes de graves préjudices corporels, je suis arrivée à la conclusion qu’en matière de blessures involontaires résultant d’un accident de la circulation, il n’existe que deux catégories parfaitement distinctes de prévenus. Pas trois ou quatre, non seulement deux. Cette typologie est indépendante du sexe, de l’éducation, des milieux socioprofessionnels.

Vous avez d’une part celui qui considère la victime comme un adversaire, il ne la regarde pas, il se contente de la considérer. Car, en réalité, il est incapable de porter réellement son regard sur la victime. Il est totalement centré sur sa personne, sur sa situation. On a parfois l’impression qu’il lui est insupportable de « voir » la victime, il la nie, ni plus ni moins. Bien entendu dans ces comportement il y a des gradations, vous avez le type borné qui répète dix fois qu’il n’y est pour rien et qui –a fortiori- ne se posera même pas la question de savoir si son comportement a pu, même partiellement, participer à envoyer ad vitam aeternam, cette jeune mère de famille dans un fauteuil roulant.

Et puis, vous avez les ordures patentées, qui viennent accuser le monde entier d’avoir ourdi contre eux un plan machiavélique les accusant d’avoir renversé avec 2 grammes d’alcool par litre de sang un gamin sur un passage clouté, ceux qui vont jusqu’à rouler sur leur victime pour prendre la fuite… oui ! oui ! ça existe... Et qui viennent pleurer au Tribunal pour qu’on ne leur retire pas leur permis (ce qui n’est dorénavant plus possible). Et tout cela sans faillir ni rougir, face à une victime quasi grabataire, venue exceptionnellement dévoiler sa décrépitude devant ses juges…

Et puis vous avez l’autre catégorie, celle qui est atterrée par la gravité des blessures qu’ils ont causés –ou non- ceux qui oublient les questions de responsabilité ou de peine et qui sont « avec » la victime. Ceux qui viennent vous voir discrètement avant l’audience, « vous savez Maître, je suis vraiment désolé, je souhaite que votre cliente elle soit le mieux indemnisée possible, la Compagnie dira ce qu’elle veut, mais moi je ne veux pas discuter… » Ils ont parfois un enfant, un père, une grand-mère du même âge que leur victime. Parfois non. Ils en oublieraient de se défendre pour tenter d’apaiser les peines et les souffrances de ces corps abîmés à jamais.

Il y a un certain nombre d’années, j’ai passé une après-midi au Tribunal correctionnel de Saint Nazaire (en raison d’un confrère qui avait fait retenir l’affaire sans me prévenir). Je regardais défiler les affaires, un chapelet d’alcoolémie délictueuse et dangereuse… les explications les plus farfelues fleurissaient dans le prétoire, toute aussi mauvaises et pleutres, toutes faites de mensonges éhontés et de piètres serments d’ivrognes.

Je me souviendrais toujours d’un jeune homme sans avocat, qui en réponse à la question rabâchée « qu’avez-vous à dire pour votre défense ? » a répondu : « Rien du tout, je suis désolé, je n’aurais pas du boire autant, je n’en avais pas conscience, je n’imaginais pas que j’aurais pu blesser quelqu’un, je la prie de m’en excuser… ». Il bredouillait misérablement des excuses parfaitement sincères. La Présidente, qui rendait ses délibérés sur le siège, lui a alors fait connaître sa décision : « puisque vous n’avez rien à dire pour votre défense, je suis les réquisitions du Procureur ! » ce qu’elle prononce illico.

Je dois ajouter que s’agissant des ivrognes hâbleurs et baratineurs qui ont défilé précédemment, jamais elle n’avait suivi les réquisitions du Ministère public et réduisait systématiquement d’environ un tiers les peines dont l’application était sollicitée.

Ce jeune homme, il faisait partie de la seconde espèce, et j’ai vraiment eu la sensation que la présidente en question, sans le savoir, faisait partie de la première catégorie, la catégorie de ceux qui ne savent pas faire preuve d’empathie…




lundi 9 août 2004


Mes vacances à la Bourboule

le Sacré Coeur à travers la fenêtre de mes voisins

Tiens ! Mes voisins voient le Sacré Coeur et pas moi !




Ce billet constitue ma participation au grand jeu de l'été : "Mes vacances à la Bourboule".

Je vous remercie de bien vouloir noter que je n'ai absolument rien dit de spirituel.



J'avoue que cela a été pour moi un exercice très difficile, qui m'a demandé énormément de concentration et un recueillement quasi monacal pour y parvenir.

Alors que je me sentais flaiblir, je repensais à la maîtrise de "Maestro Carion" et son redoutable art de l'ineptie inextinguible!

Epuisée par une telle épreuve, il convient que j'aille me ressourcer afin de retrouver les particules d'ascèse indispensables à l'écriture blogosphérale !




dimanche 8 août 2004


Inepte peine

Non décidément, la somme de tous mes cours de droit, de tous les chagrins des victimes que j’ai défendues, les insupportables douleurs que j’ai approchées durant toutes mes années d’exercice professionnel, ne me permettent pas de comprendre quelle est l’utilité d’exécuter un vieil homme mourant.

C’est la peine absurde et aveugle, la peine inhumaine, celle qui démontre par là même que, dans son principe, elle est inique et méprisable.

Cette comédie n’a pas même servi à apaiser la victime qui a déclaré : "Je voudrais voir revenir la chaise électrique ou le peloton d'exécution ; il a semblé s'assoupir, calmement. J'aurais tant aimé le voir souffrir encore un peu plus."

Franchement, c’est à vomir…





Lettre posthume

coeur à la craie

Mon amour,

Les enfants vont bien. Tu leur manques beaucoup et ils continuent à te réclamer. Ils te ressemblent, tu sais, : ils sont beaux comme des Jésus !

Je pense à toi tout le temps, je t'aime tant. La vie sans toi est sans saveur.

Comme ton rire n'est plus là pour se moquer de moi et de mes travers, j'invente les railleries, les gouailleries que tu m'aurais faites !

Comme ils sont absents les rires que nous échangions.

J'aimerais me blottir contre toi et te dire sans ironie que tu es décidément un homme confortable.

J'aimerais que la vie ne soit pas si inique, j'aimerais pouvoir t'aimer sans pleurer.

Je ne te dis pas combien je t'aime, cela, tu l'as toujours su.

Je ne peux te dire "à bientôt", je sais que je ne te reverrai jamais...

Ta Nounette





Sombres fantômes à Thoiry

fantôme de noir vêtu

Décidément la gent simiesque fait toujours les joies des tarquinets : A Thoiry, ce furent les macaques qui leur ont permis d'aborder l'anatomie comparée !

« Maman ! Ils ont les mains pareilles que nous »
« Maman ! Ils ont les pieds presque pareils que nous »

(...)
« Maman ! Ils ont un zizi pas du tout pareil que nous ! "  (leur zizi est surmonté d'un espèce de champignon rouge au chapeau large et gondolé…)

On détaille donc les animaux. « Maman, je te quitte » me dit Tarquinette « Je vais rejoindre les crocodiles » Heureusement, au final, nous n'avons pas rompu !

Et puis, on tombe sur trois formes noires que je suppose être trois femmes. Elles sont voilées de noir de haut jusqu'en bas, pas le moindre morceau de peau, voile noir sur le visage, gants noirs sur les doigts…

Tarquinet : « Maman ? Pourquoi, elles s'habillent comme ça ? ».

Je suis du genre à être « Tata la morale » sur la tolérance, le respect des croyances… mais là, je ne me suis posée aucune question, j'ai répondu tout à trac : « Elles sont déguisées en fantômes ».

Tarquinet se marre mais les entend parler et ça le travaille ce code vestimentaire : « Maman ! Ce sont des arabes, elle ne sont pas déguisées ». (Les Tarquinets comprennent tous -grosso modo- l'arabe).

« Si ! Tarquinet. Elles sont déguisées en fantôme, elles se cachent donc elles ne veulent pas exister, elles se sont vraiment déguisées en fantôme ».

Il a réfléchi, mais n'a plus rien dit. J'ai réfléchi à mon tour, et je me suis dit que je ne retrancherai rien de ce que je lui ai dit.




vendredi 6 août 2004


Little Boy, combien d'enfants as-tu tués ?

champignon atomique

Il y a 59 ans aujourd'hui, Little Boy a tué environ 150.000 personnes.

Le 6 août 1945, Little Boy a tué sans distinction, aveuglement, et a tué longtemps.

Le 6 août 1945, Little Boy a tué Hiroshima et cela n'a pas rendu le monde plus sûr.

Méfions-nous des promesses de paix proférées pour justifier les guerres.

Et une pensée pour tous les japonais aujourd'hui, jour maudit pour toute l'humanité.