un flipper

Cet après-midi, en faisant une folle partie de Mario Bros avec mon Tarquinet l’aîné, et alors que la sonnette a retenti, je me suis soudainement souvenu de mon Papa à moi et de son incorrigible distraction.

Quand j’étais gamine, j’avais un flipper dans ma chambre, un vrai, un beau, un vieux flipper, plein du bruit claquant des boules en fer, de ressorts cacodyliques et quasiment sans électronique.

J’avoue que nous n’avions pas eu trop de mal, Zomozygote et moi-même pour l’obtenir. Il avait suffit d’emmener notre commun géniteur essayer l’engin chez notre ami vendeur. A la suite de quoi, et au prétexte de la nécessaire conservation des antiquités, ce magnifique joyau du divertissement avait constitué un judicieux cadeau d’anniversaire.

Or donc, un après-midi, jeune Tarquine devait sortir vaquer à une courte tâche avant de revenir dans sa chambrette. Par moyen de mettre la main sur mon trousseau de clefs. J’avise donc mon père qui était seul présent avec moi : « Papa ? » lui dis-je. « Papa ! Je vais faire une course puis je reviens. Je n’ai pas les clefs, si on sonne, c’est moi : ouvre-moi !  »

« hum hum » (mon père répondait toujours « hum hum » et plus spécialement quand il n’écoutait pas…)

« Papa ? » lui répétais-je. « Papa ! Je vais faire une… »

« Mais oui ! + m’interrompit-il « J’ai compris ! ».

Adonc, je laisse mon cher père dans l’appartement, avant d’y revenir une dizaine de minutes plus tard.

Je sonne. Rien ne se passe.
Je re-sonne. Rien encore.
J’imprime à la sonnette une pression impérieuse et agacée, voire un peu angoissée (Palsambleu, serait-il sorti ?)

J’entends soudain du fond de l’appartement la voix joyeuse de mon père retentir : « Tarquinette ! ! Tarquinette ? Tu peux ouvrir mon petit chat ? Je suis coincé : j’ai l’extra-boule ! ! ! »

Mon Cher Papa, c’est toi qui était extra !