Je ne parviens pas à fuir.

Les billets, les journaux, les carnets, ne parviennent ce soir à m'offrir refuge.

Je me suis usé les yeux en triturant, déformant, malmenant des images, des photos ou même de simples mots sans réussir à faire taire cette sourde douleur.

Je me sens engourdie de misère, cherchant bêtement à m'y soustraire, comme si je ne savais pas que l'entreprise était nécessairement vaine...

Et cette lancinante chaleur qui me ramène en arrière, qui me ramène l'an passé, quand la vie avait encore un sens, une illusion de raison et était synonyme de bonheur.

Rien à faire, je ne peux m'y dérober, ce soir, il faudra donc que je serre les dents pour ne pas crier.

Putain, ce qu'il me manque l'homme que j'aime.