un vélo dont l'ombre le précède

Ce matin, un cycliste masculin se l’ai « pété » grave. Alors que je menais grand train sur le côté nord du boulevard Pereire (j’étais très en retard), il m’est passé devant, à la faveur d’un feu rouge, dans un crissement de frein et une débandade de frime.

Le boulevard, jusqu’à la place de la Porte Maillot est long et se termine par un léger faux plat. Je l’ai donc laissé peu à peu ralentir, puis s’essouffler et enfin ahaner avant de l’achever en le doublant le plus allégrement possible…

L’anecdote prête à sourire mais démontre assez précisément le travers de bien des cyclistes : être en compétition perpétuelle avec le premier vélocypédiste venu…

Comme si c’était une blessure de rouler derrière une personne de sexe féminin… Cela touche principalement les hommes mais les femmes ne sont pas à l’abri. J’en ai connu une, de triste mémoire, qui hurlait, quai des Tuileries, quand on la doublait !

Dépassez-moi autant que vous voulez, cela m’est parfaitement indifférent – à la seule condition que ce ne soit pas comme ce matin quand rouler derrière une femme devient une offense.

Moi je préfère rester derrière les gens et quand je m’arrête auprès d’eux leur faire partager les indication de mon compteur en leur faisant part de leur vitesse de croisière.

Ils sont souvent surpris, presque toujours contents et moi, de cette façon, je clame que je refuse obstinément la compétition… Parce qu’il faut quand même songer à les éduquer ces nouveaux venus : ils ne faudrait pas qu’ils deviennent aussi imbuvables que certains automobilistes !

>Edité pour faire que la géographie s'accorde entre la place "dite la Porte Dauphine" et la place de la Porte Maillot.