Cimetière un jour, cimetière toujours.

Il avait horreur des cimetières. Il
n’allait d’ailleurs jamais sur la tombe de son
frère. Simplement il m’accompagnait parfois sur la
tombe de mon père, dans un cimetière de village,
sur le chemin de la mare aux grenouilles.
Il avait su, juste avant de mourir, que ma mère
s’en irait là aussi.
C’était la veille au soir, un mardi, où
j’ai vu le chirurgien ; il n’y avait plus rien
à faire, et ce d’autant plus qu’elle
avait très dignement fait savoir qu’elle refusait
toute forme d’acharnement. Elle voulait être
opérée et ne plus jamais se réveiller,
c’est tout.
Le lendemain, le mercredi, au matin, je me souviens qu’il
était en retard pour son rendez-vous et qu’il est
parti en vitesse sans emmener les enfants. Un coup de
téléphone affolé alors que
j’étais au Palais : un scanner a montré
l’anomalie du système vasculaire
cérébral.
Une journée, une journée ensemble, notre
dernière journée. Cette journée
là, il est encore trop tôt pour en parler.
Il devait être opéré dans les jours
suivants. Mais dans la nuit, la nuit de mercredi à jeudi,
j’ai appelé le SAMU et les pompiers. Je ne
l’ai jamais revu conscient.
Il est mort juste avant « Maman ».
Parfois, j’ai encore l’impression
d’être liquéfiée dans la
douleur.
Par Veuve Tarquine
mercredi 14 juillet 2004 à 22:53
Chagrine Tarquine
#126
rss










Commentaires
Le jeudi 15 juillet 2004 à 00:51
par
yenayer
#
Le jeudi 15 juillet 2004 à 09:21
par
Mijo
#
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.