Statue du quai des Orfèvres

Aujourd’hui en allant au Palais, j’ai vu une bulle toute irisée de sa fragilité traverser les files d’engins mécaniques qui encombraient les Champs Elysées. Elle volait entre les voitures, près des pavés et des pots d’échappement. J’ai freiné pour la laisser passer. J’espère que le bambin qui l’a soufflée a vu quel poétique exploit son œuvre a su créer.

Aujourd’hui au Palais, j’ai vu une ribambelle d’enfants qui courraient dans les couloirs, bien trop énervés pour obtempérer aux remontrances maternelles d’une mère trop épuisée pour avoir l’air autoritaire. Un nouveau-né pleurait contre son sein, ses vagissements résonnaient dans les hauts couloirs de marbre, son incongru et si attachant. Je ne sais ce qui pouvait amener cette femme, dans ce lieu, avec toute sa progéniture mais je me suis sentie soudain, tellement privilégiée.

Aujourd’hui, en sortant du Palais, j’ai remarqué pour la première fois une jeune demoiselle fort dénuée qui musait Quai des Orfèvres, tuant le temps en jouant à la raquette, elle semblait lancer sa balle fort loin, bien au delà de la Seine qui lui fait front.