Non au démantèlement de la justice

Depuis l’empereur Julien l’apostat, précisément en l’an 357 après Jésus-Christ, on rend, à Paris, la justice dans l’île de la Cité.

Le Palais, maintes fois transformé, abîmé, rénové, paré, décoré, a traversé les siècles sans jamais cesser d’y juger.

C’est là que furent condamnés Marie-Antoinette et Danton, c’est là que Dreyfus et Zola y furent jugés, puis le premier réhabilité ; Madame Caillaux acquittée, Mata Hari et le docteur Petiot expédiés à l’échafaud ; des milliers de juifs et/ou de résistants, illustres ou inconnus mais parfaitement égaux devant l’iniquité, y furent aussi malmené puis emmenés.

Le Palais, si beau devient malheureusement trop étroit et oblige à une réorganisation de la juridiction parisienne (déjà fort éclatée puisque le Tribunal de commerce, le Tribunal de police, le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale et le Conseil des Prud’hommes ne sont déjà plus au Palais).

Un tel lieu, une telle histoire, on attendrait pour la Justice de grand projet, de bel élan, une véritable reconstruction visionnaire de l’institution judiciaire dans la Cité…

Et bien, pas du tout ! Détrompez-vous !

La politique des couards c’est d’agir vite et d’agir cachés…

Sans concertation, et à la faveur de l’été, on va bientôt expulser le Tribunal de l’île de la Cité.

On va le déménager dans un lieu excentré, loin de tout, un lieu sans histoire, sans projet, un lieu qui reflètera bien la place que l’on accorde à la justice : près des rails ou du périph !

A la faveur de l’été, car c’est la sagesse des couards, les gens de justice et surtout les justiciables seront, en première instance, envoyés loin de tout.

Car gouverner, ce n’est pas consulter, rêver, imaginer, créer, non gouverner c’est gérer, expédier, se débarrasser… de la justice et de ses justiciables…

Si vous faites partie des 74 % de parisiens (fichier pdf) attachés à ce que la justice reste au centre de Paris, une pétition peut-être signée ici et une carte postale envoyée .

Et puis, si le cœur vous en dit, alertez votre maire d’arrondissement ou non, votre député, votre voisin de palier, votre copain ministre ou votre chat secrétaire d’état.

Et pour conclure, voici la petite porte par où est entrée Marie-Antoinette pour y être jugée :

C’est curieux, il y a des choses qui dans le temps, dans l’histoire, demeurent petites. Des petites portes pour un procès méprisable, des petites décisions pour d’estivales mesquineries…