mercredi 7 juillet 2004
La couardise et la justice, ou l'incertain combat
Depuis l’empereur Julien
l’apostat, précisément en
l’an 357 après Jésus-Christ, on rend,
à Paris, la justice dans l’île de la
Cité.
Le Palais, maintes fois transformé,
abîmé, rénové,
paré, décoré, a traversé
les siècles sans jamais cesser d’y juger.
C’est là que furent condamnés
Marie-Antoinette et Danton, c’est là que Dreyfus
et Zola y furent jugés, puis le premier
réhabilité ; Madame Caillaux
acquittée, Mata Hari et le docteur Petiot
expédiés à
l’échafaud ; des milliers de juifs et/ou de
résistants, illustres ou inconnus mais parfaitement
égaux devant l’iniquité, y furent aussi
malmené puis emmenés.
Le Palais, si beau devient malheureusement trop étroit et
oblige à une réorganisation de la juridiction
parisienne (déjà fort
éclatée puisque le Tribunal de commerce, le
Tribunal de police, le Tribunal des Affaires de la
Sécurité Sociale et le Conseil des
Prud’hommes ne sont déjà plus au
Palais).
Un tel lieu, une telle histoire, on attendrait pour la Justice de grand
projet, de bel élan, une véritable reconstruction
visionnaire de l’institution judiciaire dans la
Cité…
Et bien, pas du tout ! Détrompez-vous !
La politique des couards c’est d’agir vite et
d’agir cachés…
Sans concertation, et à la faveur de
l’été, on va bientôt expulser
le Tribunal de l’île de la Cité.
On va le déménager dans un lieu
excentré, loin de tout, un lieu sans histoire, sans projet,
un lieu qui reflètera bien la place que l’on
accorde à la justice : près des rails ou du
périph !
A la faveur de l’été, car
c’est la sagesse des couards, les gens de justice et surtout
les justiciables seront, en première instance,
envoyés loin de tout.
Car gouverner, ce n’est pas consulter, rêver,
imaginer, créer, non gouverner c’est
gérer, expédier, se
débarrasser… de la justice et de ses
justiciables…
Si vous faites partie des 74 % de parisiens
(fichier pdf) attachés
à ce que la justice reste au centre de Paris, une
pétition peut-être signée
ici et une carte postale envoyée là.
Et puis, si le cœur vous en dit, alertez votre maire
d’arrondissement ou non, votre député,
votre voisin de palier, votre copain ministre ou votre chat
secrétaire d’état.
Et pour conclure, voici la petite porte par où est
entrée Marie-Antoinette pour y être
jugée :

C’est curieux, il y a des choses qui dans le temps, dans l’histoire, demeurent petites. Des petites portes pour un procès méprisable, des petites décisions pour d’estivales mesquineries…
Par Veuve Tarquine
mercredi 7 juillet 2004 à 01:41
(non) droit ou (in)justice
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