H2O et lâcher de mots

L’eau qui tombe goutte à goutte, qui vous
invite à ouvrir la bouche quitte à gober les
mouches en pédalant le long des chemins vicinaux.
L’eau qui vrombit et pétarade en tombant sur vos
épaules, vous faisant courber la tête tout en
riant de s’être laissée surprendre par
une averse si drue quand nul abri ne peut vous protéger de
ses humides assauts.
L’eau qui coule sous vos roues, qui charrie boue et bouts de
bois, qui entraîne dans ses trombes et dans une chute
mémorable la bicyclette de Tarquinette.
L’eau qui coule dans le bain, chaude et douce
après l’orage, l’eau pour jouer qui
éclabousse.
L’eau qui coule sur les joues de Tarquinet. Tarquinet qui
pour la première fois -depuis mon annonce si funeste- a
pleuré parce qu’il avait perdu papa.
L’encre qui coule entre les doigts de mon
aîné, du stylo qui glisse sur le cahier,
où nous notons tout ce qui a trait à notre
Tarquin l’aimé.
Tarquinet y a couché les mots que son père lui
destinait : « mon biquet ».
Tarquinet est apaisé, il est enfin parvenu à
pleurer et à admettre que perdre son papa était
assurément cruel.
Par Veuve Tarquine
lundi 31 mai 2004 à 23:55
Les Tarquinioles
#77
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Commentaires
Le mardi 1 juin 2004 à 15:57
par
Yenayer
#
Le mardi 1 juin 2004 à 22:39
par
mamicha
#
Le jeudi 16 novembre 2006 à 10:02
par
bero
#
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