des gouttes d'eau

L’eau qui tombe goutte à goutte, qui vous invite à ouvrir la bouche quitte à gober les mouches en pédalant le long des chemins vicinaux.

L’eau qui vrombit et pétarade en tombant sur vos épaules, vous faisant courber la tête tout en riant de s’être laissée surprendre par une averse si drue quand nul abri ne peut vous protéger de ses humides assauts.

L’eau qui coule sous vos roues, qui charrie boue et bouts de bois, qui entraîne dans ses trombes et dans une chute mémorable la bicyclette de Tarquinette.

L’eau qui coule dans le bain, chaude et douce après l’orage, l’eau pour jouer qui éclabousse.

L’eau qui coule sur les joues de Tarquinet. Tarquinet qui pour la première fois -depuis mon annonce si funeste- a pleuré parce qu’il avait perdu papa.

L’encre qui coule entre les doigts de mon aîné, du stylo qui glisse sur le cahier, où nous notons tout ce qui a trait à notre Tarquin l’aimé.

Tarquinet y a couché les mots que son père lui destinait : « mon biquet ».

Tarquinet est apaisé, il est enfin parvenu à pleurer et à admettre que perdre son papa était assurément cruel.