Douceur et peur d'une demeure

Je ne sais si les maisons ont une âme.
Je ne sais si les lieux dispensent à leur tour
l’amour que leurs hôtes leur ont donné.
Je ne sais si les endroits qui ont touché du doigt le
bonheur, transmettent la joie de ces années-là.
Durant ces trois jours, je vais retrouver la maison qu’aimait
mon père, la maison où j'ai vu ma mère
heureuse, la maison où les tarquinets riaient avec leur
papa, celle où Tarquinou a fait ses premiers pas.
Je me souviens du temps où Tarquin y a connu mes parents,
celui où vous étiez là, tous les
trois. Le temps béni où Tarquin faisait tant rire
Papa et Maman.
Comme il est loin ce temps là… et la maison est
toujours là.
Papa est parti le premier, dans un gémissement
d’acier, un hurlement de tôle qui ne sont rien
à côté du tumulte de l’effroi
et de l’iniquité. Tué par un gardien de
la paix imbibé qui était censé
travailler -et non picoler- la nuit durant. Peut-on rêver de
pire ironie ?
Dix ans plus tard, Tarquin partait. Trois semaines après
Maman s’endormait à jamais.
Et cette maison quant à elle, est toujours là, ce
n’est pas vingt siècles qui me contemplent mais
une infinité de souvenirs qui auraient dû rester
heureux et non pas désespérés par leur
brièveté…

Je vais la retrouver.
Je vais m’y affronter.
Elle m’attire et me fait peur.
Je dois dompter mes frayeurs.

Par Veuve Tarquine
samedi 29 mai 2004 à 00:18
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Le samedi 29 mai 2004 à 11:02
par
Yenayer
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Le samedi 29 mai 2004 à 14:07
par
little.madhu
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Le mardi 1 juin 2004 à 00:14
par
Veuve Tarquine
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Le dimanche 11 juin 2006 à 21:53
par
Coeur de provence
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