Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


mercredi 31 mars 2004


Civilement gay

pour s'aimer il faut, et il suffit, que l'on soit deux

A l'heure où l'on fête le bicentenaire du Code civil, il est un article -d'origine- qui nous promet bien des débats.

Chapitre I : Des qualités et conditions requises pour pouvoir contracter mariage

Article 144 du Code civil :
L'homme avant dix-huit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus, ne peuvent contracter mariage.

Ledit article ne dispose en aucune manière que le mariage doit nécessairement être contracté entre personne de sexe différent.

C'est ainsi qu'un certain nombre de maires de France s'interrogent sur la validité d'un mariage homosexuel ou en tout cas aux moyens d'obtenir un avis éclairé sur la question (aucune décision du Conseil d'Etat ou de la Cour de Cassation ne semble avoir été rendue sur ce point précis).

Dans le pur enseignement de nos pairs, il convient donc de se référer aux travaux parlementaires pour interpréter ce texte.

Les débats de l'époque -loi du 16 ventôse an XI-, sont assez clairs je dois dire...

C'est le citoyen Portalis qui a présenté le projet et le sexe respectif des futurs époux ne fait évidemment aucun doute :"Le désir général qui porte un sexe vers l'autre et qui suffit pour opérer leur rapprochement, appartient à l'ordre physique de la nature" . (N'hésitez pas à lire le texte in extenso, c'est un pur régal !)

Cependant, tous les juristes vous diront que ce n'est pas ce genre de détail qui embarrasserait la jurisprudence et qu'il suffit de voir ce qu'est devenu l'article 1384 al. 1 au cours des siècles pour s'apercevoir que le génie de l'interprétation relève plus de la philosophie et de la sociologie que de l'exégèse.

Je vois déjà Christine Boutin jouer les passonarias à la Chambres des Députés... Jospin ne sera plus là pour lui offrir des fleurs.

Personnellement, je me demande bien pourquoi ce débat provoque de telles passions.

A l'aube du 19ème siècle, le mariage -hétérosexuel par définition- était effectivement une institution "pilier" de la société.

Il s'agissait d'ailleurs moins de sentiments et d'élans amoureux que d'économie et de filiation. Le mariage avait alors une fonction "patrimoniale". Il permettait de faire des alliances et des transmissions ... N'oublions pas qu'alors la France était principalement agricole et ce que cela peut signifier pour des propriétaires terriens.

Les romantiques, l'industrialisation, mai 68 (...) se sont ensuite succédés et le mariage a perdu sa robe pécuniaire pour endosser celle de l'union strictement amoureuse.

Et franchement selon quel concept l'amour homosexuel aurait moins de valeur que l'amour hétérosexuel ?

Et que l'on arrête de prendre la natalité ou la sécurité des enfants en otage !

L'adoption n'est pas -en droit- réservée aux hétéros et à l'heure de l'apogée des familles recomposées, le couple hétéro ne constitue plus l'exclusif terreau sur lequel vont croître nos chères petites têtes blondes.

Il y a une émission à ce sujet demain sur France Culture, il me sera malheureusement impossible de l'écouter.





Robert Merle n'est plus

Hiroshima, Nagasaki, n'oublions pas...

S'il est un auteur dont j'ai parcouru les ouvrages, c'est bien Robert Merle.

Peu d'auteurs modernes maîtrisent ce sens si aiguë du romanesque.

Ecrire une histoire, n'écrire que pour l'histoire, disparaître derrière l'histoire: il n'était là que pour la servir et non l'inverse.

On connaissait moins l'auteur que ses récits! Il n'avait d'ailleurs pas besoin de fréquenter les plateaux de télé pour que l'on sache qu'il avait du talent, un formidable talent !

Le talent de celui qui fait lire des milliers de gens sans démagogie, sans accroche raccoleuse et avec une langue à vous faire damner un professeur de lettres (qu'il était d'ailleurs)...

Ses succès furent fulgurants (Weekend à Zuydcoote, récipiendaire du Goncourt était un premier ouvrage !), nombreux (peu de livres passeront inaperçus...) et une renommée particulière s'attacha à sa saga de Monsieur de Sioriac, les "Fortune de France".

Mais si vous ne devez lire qu'un livre de lui, lisez donc Malevil.

C'est un petit chef d'oeuvre d'humanité (et de déshumanité). Un livre dont le sens et la quête sont éminement modernes. Mais c'est avant tout une formidable histoire que l'on dévore avec avidité (et si vous avez vu le film vous serez surpris car l'adaptation est très éloignée du bouquin).

Si le thème de Malevil vous intéresse, vous aimerez sans doute aussi une nouvelle de Jack London La peste écarlate qui est également un petit bijou littéraire.




mardi 30 mars 2004


Dénicotinisons-nous !

Qu'il sent bon ce poison !

Faites-vous partie de ces familles privilégiées qui depuis les années 30 se transmettent de génération en génération ce précieux instrument ?

Si ce n'est pas le cas, et que vous en pincez pour le tabac, pauvres de vous ! Que devez-vous donc souffrir : l'air est au sevrage et à l'abstinence, et le fumeur est désormais la nouvelle victime désignée de nos sociétés modernes, celle qui a si peu de volonté, qu'elle en est le symbole même de la faiblesse !

Pour tous ceux là, et puisque je viens d'en passer par là, j'indiquerai juste qu'il ne vous faut pas penser que l'épreuve est quasi-insurmontable ; sous le poids de mes 50 cigarettes quotidiennes depuis des lustres, je dois avouer que j'ai trouvé cela beaucoup moins difficile que je ne le pensais !

Le Zyban est d'une efficacité redoutable contre les buralistes (mais Raffarin veille sur eux!) et ne croyez pas les rumeurs qui le décrivent comme un médicament délétère et malfaisant, ce sont les cigarettiers eux-même qui seraient à l'origine de ces bruits pour le moins mensongers.

Mettez le compteur Stop It sur votre bureau et faites vous plaisir avec cette virtuelle redoute !

Voilà, c'était ma contribution à la semaine européenne contre le cancer. Et comme cette saloperie vient d'emporter ma maman, vous comprendrez pourquoi j'ai pris le soin de faire ce billet...




lundi 29 mars 2004


Voter, mais pourquoi ?

femme griméeQu'on se le dise, la télévision est instructive !

France 2, hier-soir, soirée électorale. Je navigue entre l'ordi, la radio et la trombine des hommes politiques à la télé.

L'heure tourne et j'oublie d'éteindre la boîte à image. Une émission commence : ON VOUS DIT POURQUOI (allons bon ! vaste programme !)

Un show nullissime présenté par des prétendus journalistes. J'en reconnais un qui faisait le pitre avant sur Canal (il était plus drôle quand il oubliait de se prendre au sérieux).

Je ne connais pas la jeune dame mais j'acquiers assez vite la certitude qu'elle est infréquentable :

Je la cite exactement : -en voix off- « le maquillage c'est une corvée pour toutes les femmes mais impossible d'y échapper »

Mâtin! si c'est une corvée pourquoi donc s'en acquitter ?

C'est ainsi que moi, veuve Tarquine, mère de trois enfants, membre d'une rigoureuse profession libérale, j'ai découvert hier qu'en refusant d'accomplir ce geste par essence si propre à la "Femme", je ne pouvais être qu'une anarchiste !

Arf ! quand je pense que par deux fois ce mois-ci j'ai trimballé toute ma marmaille au bureau de vote, si j'avais su, je me serais bien demandé POURQUOI ?





Mort cérébrale

deux petits coeurs de Belin

RER D. Je reviens d'Evry. Les barres de HLM défilent le long de la voie et me font jouer à cache-cache avec le soleil printanier qui brille aujourd'hui.

Enfoncée dans mes rêveries je surprends une phrase échangée entre deux post-adolescentes.

Elles parlent de Cantat et de sa condamnation prononcée ce jour par le Tribunal pénal de Vilnius.




dimanche 28 mars 2004


Ma survie dans Paris

un cycliste en survie

Si un automobiliste ou deux passent par ce blogue, je me permets d'attirer respectueusement leurs attentions sur un marquage au sol par trop ignoré : le sas vélo.

Merci d'avance pour tous les cyclistes qui, désireux de tourner à gauche, resteront ainsi en vie.





Vagabondage vespéral sur la toile

Cela ne vous rappelle rien?

En déambulant au milieu des collections du musée de la publicité, je suis tombée sur la campagne de la R 14.

Je me suis soudain retrouvée assise à l'arrière de la Honda Accor de mon père (la première, celle qui a fait trois fois le tour du compteur) circulant sur la Nationale 14 dans Epinay sur Seine à hauteur du croisement avec la rue de Saint-Gratien.

Un feu rouge, moment priviligié pour se tourner vers le monde quand on a 9 ans, des panneaux géants proposaient tous la même image : une poire.

J'adorais cette pub, et je me souviens avec amusement de la voix de mon père qui vitupérait contre cette "bagnole moche comme tout" !




samedi 27 mars 2004


Préservatif explosif

Préservatif en voie d'explosion

Voir sortir la Tarquinette de la salle de bains en déroulant un préservatif -bleu, qui plus est !- a été, assez déroutant..

Me voilà donc en train d'expliquer à mes deux aînés, qui ne revenaient pas de la valeur de leur trouvaille, que "c'est ce que l'on met sur le zizi quand on fait l'amour".

Ils étaient évidemment explosés de rire ! ... normal...

Pendant plus d'une heure j'ai donc entendu Tarquinet le biquet s'esclaffer dans la cuisine sur "le zizi le plus gros du monde" pendant que Tarquinette voulait lui "crever le bidon"...

Ledit zizi a mal supporté la pression, tant celle des enfants que celle de l'eau dont il était enflé et a rendu son dernier souffle en se répandant sur le carrelage (ce qui ne m'a pas fait rire du tout !!)

Que les économes se rassurent lesdites capotes étaient périmées depuis des lustres, aucun gaspillage n'est donc à déplorer !





La génèse

Et hop ! A mon tour ! A mon blogue...

Me voilà donc tirant la langue sur mon clavier, l'oeil vigile et le souffle court pour coucher sur "le papier" quelques impressions impudiques ou imaginaires, ébauchées ou débauchées, mais toujours si révélatrices de leur auteur... (j'ai toujours du mal avec "auteure"...)

La question du jour est donc :

« Pourquoi un blog ? »

1- J'en avais envie depuis longtemps... -malin comme réponse... j'ai quand même du mal à m'imaginer un blogueur ne souhaitant pas bloguer débutant un blogue-

2- Ma vie s'est effondrée dans un grand "SPLAOUTCH" et je profite donc des opérations de reconstruction pour dégoter une petite place à ce projet.


« Un blogue de quoi » ?

Là, la réponse est simple : la réponse est dans le titre : un blog de tout et de rien.

Un pot pourri d'idées tranchées, d'insondables doutes ou d'interrogations ainsi que des fidèles comptes rendus de mes observations ethnologiques -voire quelques souvenirs...

Je m'interroge encore quant à savoir si le titre n'est pas lui-même réducteur... Bah ! qui vivra verra...


« Le blogue de qui ? »

Oups, pardon ! J'aurais sans doute dû commencer par là ! Je craignais vraissemblablement qu'un tel début ne vous menâtes vers de lointains sites...

Je suis donc Veuve Tarquine atteinte de l'étrange déveine d'avoir perdu tous ceux qu'elle aimait à la notable exclusion de mes très précieux loustiques que je vous présente dérechef :

  • Tarquinet le grand biquet 8 ans, des histoires de zizis et de prouts plein la bouche, affublé d'un solide sens de l'humour et de celui de la dérision.


  • Tarquinette la mi-minette 5 ans et toujours vêtue de rose pâle que l'on devine péniblement sous les tâches de boue, de sauce tomate ou de feutre dont elle ne manque jamais d'agrémenter son ordinaire.


  • Tarquinou le petit bout 18 mois, grand séducteur devant l'éternel, spécialiste des sourires désarmants et du charabia-bia enjôleur.

Et aussi, car c'est quand même le premier arrivé :

  • Tarquari le chat flapi, rappliquant ventre à terre lorqu'on l'appelle, dédaignant câlins et papouilles mais grand philosophe avec les Tarquinets qu'il a vu débarquer, grandir et l'envahir.

Voilà donc les Tarquinioles au complet auxquels il faut rajouter pour être honnête:

  • Feu Tarquin l'aimé, goûtant par dessus tout le rire et la vie, la vie... cette fille ingrate qui l'a planté là sans prévenir...

Et puis aussi :

  • mes bouquins,
  • mon PDA,
  • ma bicyclette,
  • ma frangine, et ses pataloustics,
  • le rayon de soleil qui brille et qui me rappelle qu'il y a aussi une vie sans PC !!!!