Ce jour, par le plus grand des hasards, je suis tombée sur un article dont je dois avouer que l'esprit qui l'anime m'a immédiatement paru suspect : j'ai naturellement — quand bien même la cause défendue est celle du féminisme qui me tient à cœur — une défiance épidermique à l'encontre des donneurs de leçons qui au prétexte de leur vérité quasi transcendante n'ont cesse de vouloir faire taire autrui... (et que, in petto je nomme Ayatollah, usant d'une expression paternelle frappée au coin du bon sens). Un peu surprise par la philosophie de l'entreprise je remonte le fil du courant (et des références de sa signataire) pour tomber sur ce brûlot — Mademoiselle « Osez le Clito » et Madame « Chiennes de gardes » : de l’art de décrédibiliser la cause des femmes — qui a fini d'éclairer ma lanterne !

Intimer le silence aux mouvements concurrents au prétexte que l'on détient la vérité... Tout un programme dont je dois avouer qu'il me semble singulièrement manquer de modernisme mais s'inscrit bien davantage dans le long héritage des censeurs qui sévissent de toute éternité...

Madame Guirous, je vais vous faire une confidence : en dépit de vos propres convictions, le pluralisme est un principe auquel nombre de féministes dont je suis, reste indéfectiblement attachées. Je crois par ailleurs qu'il n'est de message plus mal perçu que celui qui débordant de charge négative porte en son sein la menace de la censure.

Allez jusqu'au bout de vos convictions et faites donc confiance aux femmes : laissez-leur le choix d'écouter le ou les messages qui leur plaît d'entendre, qui leur ressemble, qui les font réfléchir ou qui les font rire. Elles sont grandes vous savez, ne les déresponsabilisez pas... Il me plait de croire de surcroît qu'il n'est jamais nécessaire de faire taire les autres pour se faire entendre : le contenu, la justesse, le ton, l'intelligence et la manière sont des armes bien plus efficaces... et incontestablement plus nobles.