Les animaux du net (et le retour du dragon...)
Il y a trop longtemps que je fricote sur le net pour ne pas
avoir une
propre et empirique classification des espèces qui s'y
nichent.
Chez les vertébrés, il y a le troll
velu
évidemment. Encore qu'avec le temps on s'aperçoit
que le poil ne fait pas l'animal et — force de son adaptation
sans doute— il se présente sous des
aspects les plus divers ; de cosmopolite, il est devenu
protéiforme. Les invertébrés abritent
quant à eux tout un florilège de parasites aussi
divers que variés : le cybersquatteur
(forme évoluée de cet embranchement) mais aussi
le tænia
du trackback ou la lèche
du commentaire dont la particularité est de
passer — sans relâche— de la brosse
à reluire à son hôte !
La course à pied et ma fréquentation des lieux numériques y associés m'a convaincu que mon classement était robuste et que nouvelles terres ne signifiaient pas nouvelles bestioles. En revanche, et c'est là où l'on mesure la force de l'environnement, certaines espèces y prospérent bien plus qu'en autres biotopes !
Prenez le coq de forum, par exemple. On a TOUS connu un coq de forum, un qui sait tout mieux que tout le monde, qui est le plus fort, le plus beau, qui le clame et qui vous anéantit de sa superbe... Le coq de forum, le vrai j'entends, celui avec une crête et des ergots, est certes un animal grégaire mais rarement sédentaire ! Après avoir niché dans un forum une paire de jours, de mois, exceptionnellement, pour les animaux les mieux entraînés, une ou deux années, il finit toujours par devoir le quitter et repartir par le net chercher un autre gallodrome. Soit les lieux qu'il a quitté se sont vidés au fur et à mesure de ses interventions ciblées (exaspération, intimidation, parfois brimade) n'offrant ainsi plus d'adversaires — mais surtout de public — à sa mesure ! Soit, et c'est le cas le plus fréquent, il a été proprement sommé de transporter son baluchon sous d'autres cieux !
Et
bien figurez-vous qu'avec la course à pied j'ai
découvert une espèce sédentaire ! Un
coquâtre de salon qui dispense science et morgue à
un parterre de dames... Icelles, parce qu'elles sont bien
élevées tentant de faire abstraction du
fâcheux pendant que d'autres se pâment qui devant
ses muscles, qui devant ses perfs. Peu au fait des mœurs de
l'endroit et bien que timide, il m'est venu l'idée (absconse
!) de ne pas faire — pour un iota — chorus avec
les vierges ...
Las ! que n'avais-je pas fait là, l'homme
m'adresse personnellement un message (quelle grâce
m'accorde-t'il donc là !) pour me faire part de son avis,
non pas sur le iota discuté, mais sur une prose
pondue
ailleurs, et dont il me souligne l'ineptie. Soit.
Très
soucieuse de ne pas polémiquer en dehors de chez moi, je me
suis simplement permise de lui faire remarquer que je concevais
parfaitement qu'il n'apprécie pas mon verbe avant
— quand même— de prendre publiquement,
bien que pudiquement, la défense d'une
malheureuse qu'il avait cloué au pilori de son
écrasant mépris.
Le net est trop grand
— et je crois mes terrains de jeu trop nombreux —
pour ne passer pas mon chemin. Mais je dois dire que depuis
l'épisode je regarde amusée les mœurs
de l'endroit ! Le gallinacé est en
réalité plus malin qu'un singe. Sa foudre ne
s'abat que sur la valetaille (laquelle se trouve ni plus ni moins
sacrifiée par toutes les autres pour s'assurer de son
auguste présence) et il se garde bien de provoquer les
gardiennes du temple auxquelles il dispense force conseil (et narration
d'exploits passés). Enfin, en présence de plus
illustre que lui, il se fait discret, se contentant de marquer sa
présence de phrases lénifiantes et
consensuelles...
Si ce n'était des considérations
assez tristes qui me viennent sur les rapports entre hommes et femmes
et les progrès qu'il nous reste à faire, ainsi
que l'embarras de certaines que je devine peu dupes, je crois que l'on
pourrait s'amuser franchement du personnage si emblématique
des lieux communautaires. Une chose est sûre...
l'espèce n'est pas menacée d'extinction ! Ce qui
me chagrine cependant c'est qu'elle semble ne devenir
sédentaire qu'à la faveur d'un lectorat
féminin... Il ne me reste plus pour parfaire mon observation
qu'à trouver un forum abritant une poulette
régnant sur une basse cour de poulets...
Et ces considérations sont si longues que je les cesse là incontinent et vous parlerai une autre fois de l'animal extraordinaire qui, en parcourant 200 mètres, parvient à faire reculer le temps !
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 10/03/2010
De bric en vrac
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Commentaires
Alors oué, d'accord sur toute la ligne, mais par pitié, tu pourrais sauter une ligne de temps en temps ??!!
En fait je dis ça pour ne pas risquer d'entrer dans la catégorie des bisounours baveux qui répandent mille compliments inconditionnels sur leur hôte :p
Je saute des lignes de suite :
Et hop !
Et hop !
Et ainsi de suite :)
Ha !
Qu'il est beau ce billet !!!
(Je rigole de bon coeur, autant sur les mots que sur l'idée que tu en fasses autant !)
J'aime bien faire le Coq, moi...
:)))))) Très bien vu ...
Je te passe la brosse à reluire, si si.
J'aime te lire car j'apprend parfois des mots et j'essaie souvent de retenir tes tournures de phrase ... chose quasi impossible s'il en est :-(
Pourtant je l'avais bien aimé ton billet, moi... Ah flûte ! Je fais partie des cajoleurs baveux maintenant.
Moi aussi je sais suater une ligne :-)
Wow!
Si tu veux mon avis (mais tu peux n'en pas vouloir) ton coq, c'est un chapon ;-) J'en connais un très beau spécimen dans le genre.
Voui, un gros chapon bien gras :)
Encore que j'aimais bien mon perfide "coquâtre de salon"
Une moitié de chapon quoi ;)
J'ai l'impression que le coq de forum partage un autre trait avec le gallinacé, il aime chanter les deux pieds dans la merde (après s'être mis dedans lui-même dans la plupart des cas ;-p).
ah je suis troublé...
"Il ne me reste plus pour parfaire mon observation qu'à trouver un forum abritant une poulette régnant sur une basse cour de poulets..."
Dès que tu trouves, tu nous donnes le lien, je sens que je vais adorer....J'apporterai du grain.