Quand le foulard leur tombe devant les yeux...
Je cite (in fine du texte) :
"l'objectif est d'agir ensemble afin d'en finir une fois pour toutes avec l'exploitation et toutes les oppressions." — Avec ou sans foulard, nous sommes d'abord laïcs —
La bonne blague ! Et pourquoi pas le foulard comme étendard de la liberté pendant qu'on y est ?
" En finir avec toutes les oppressions " dites-vous ? Heu... peut-être faudrait-il pour être crédible ôter les marques de soumission que vous arborez...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 12/02/2010
De bric en vrac
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Commentaires
Les marques de soumission qu'ils arborent je les abhorre. J'en viendrais presque à regretter ceux qui dénonçaient la religion opium du peuple…
C'est ça... vivons à poil !
Se soumettre à des codes vestimentaires vous paraît si anodin ?
L'argument a fait long feu : j'exerce mon droit à la parole et à religion lorsque je me pars de mon voile". Le droit de liberté de parole permet en effet à une femme de faire du prosélytisme pour sa religion. Son droit individuel lui permet aussi de porter le voil, à titre individuel. Or, pour tout droit, il y a cadre, une limitation. Je prends un exemple un peu tendancieux à dessein. J'ai le droit absolu de me balader chez moi nu, d'élever mes enfants dans le nudisme. Ceci dans un cadre clairement défini, qui notamment revêt deux aspects fondamentaux : la sexualité reste réservée aux initiés (adultes) et donc discrète, la vie en société hors "camps de nudistes" nécessite des vêtements "moralement acceptables" Rien n'empêche les nudistes de faire du prosélytisme sur leurs mouvements, qui n'est certes pas une religion, mais qui prend plus le sens d'une philosophie de la vie. Dans cet exemple, j'a voulu grossir le trait : ce qui importe est réellement la distinction entre la sphère privée et publique, d'une part, et des interpénétration des différents mouvements entre eux et le reste du monde. La différence s'effectue par l'épaisseur, la hauteur et le nombre de porte du mur qui sépare "le mouvement" (religieux, nudiste, etc.) du reste du monde - grosso modo, l'intégration de la communauté de vie et la Communauté nationale.
Vient ensuite le problème fondamental de la place du voile, et de ce qui fait qu'une femme le porte. Endoctrinement religieuse (empêchant toute pensée unique ou déviante), comportement dicté (par la force physique, morale, directe ou non), mélange des deux, avec menaces sur l'avenir ("retour au bled, tirtures, assassinat") et le présent (rejet de la famille, du quartier), et pire, honte sur soi, de soi.
Peut-on parler de femmes qui mettent vraiment le voile de leur propre volonté, sans qu'il n'y ait, quelque part dans leur histoire, dans leur vie sociale, dans leurs relations, une forme explicite et implicite de force extérieure les empêchant d'agir et de penser autrement ?
Parenthèse, que les codes vestimentaires existent est pure évidence...
Que vous vous imaginiez que porter un costard/cravate soit de la même eau qu'un voile, c'est votre affaire (j'imagine déjà vos grandes déclarations anticapitalistes sur ces jeunes carriéristes sans scrupule qui multiplient les signes de soumission à un système que vous abhorrez...).
Cependant, dans votre raisonnement n'oubliez pas d'inclure le fait que le costard/cravate... il disparaît le weekend.
Des femmes voilées, moi je ne vois plus que cela sur mon marché dominical. Et le pire ce n'est pas cela. Le pire c'est tout ce que l'on ne voit pas.
Le pire c'est qu'à force de vivre dans un système où la pudeur est instrument de soumission, les gamines on ne les voit plus dans les piscines... pas plus que dans les salles de sport d'ailleurs.
Elles grandissent étriquées, cernées par des regards où le poids de ce qui est convenable les confinent dans le seul rôle qu'on veut bien les voir tenir.
Dans les milieux que vous evoquez , peut-être encore plus qu'ailleurs l'education des enfants , des garçons aussi ,est affaire de femme. Comment comprendre que les femmes qui auraient envie de se revolter contre un tel système ne parviennent pas elever leurs enfants en leur ouvrant des horizons differents ( crainte des represailles de la communauté ? )
Comment comprendre que les femmes qui auraient envie de se revolter contre un tel système ne parviennent pas elever leurs enfants en leur ouvrant des horizons differents ( crainte des represailles de la communauté ? )
Bon visiblement, vous ne vous êtes pas beaucoup penché sur la question... Cossaw plus haut l'évoque précisément.
Je n'ai pas le temps de pointer sur les liens mais c'est ainsi. Les femmes sont les principales gardiennes de leur "prison". Ce sont elles en certains pays d'Afrique qui perpétuent l'excision également, elles qui s'érigent en défenderesses d'un système qui les soumet...
Bref, ce n'est pas parce qu'une femme imagine que l'on peut porter le foulard en France et être féministe [en Arabie Saoudite, ce serait singulièrement différent] qu'elle est représentative de quoi que ce soit d'autre que de sa propre aliénation...
Ou comment être sincère et dans l'erreur ...
"Peut-on parler de femmes qui mettent vraiment le voile de leur propre volonté, sans qu'il n'y ait, quelque part dans leur histoire, dans leur vie sociale, dans leurs relations, une forme explicite et implicite de force extérieure les empêchant d'agir et de penser autrement ?"
Cela correspond, je crois, à ce qu'on appelle l'intériorisation de la répression.
Dans tous les cas, le refus de montrer (ou l'obligation de cacher) est un double symbole :
- Si je montre ce qui, in fine, évoque la toison intime, je suis une salo.e tentatrice.
- Et vous, hommes que je croise, des gros porcs incapables de réfréner leurs bas instincts.
On ne sort pas de la notion de faiblesse humaine, de péché, cet outil avec lequel les religions oppriment leurs ouailles (ouailles : vieux nom du mouton, cet animal qui s'élève en troupeau pour être tondu et finir à l'abattoir).
Se couvrir les cheveux, aux débuts de l'histoire humaine, était sans doute seulement une protection contre les intempéries et une commodité, voir nos mères quand elles allaient au champs (et les paysannes de nos jours continuent). Un peu comme la prohibition du porc, liée au fait qu'on ne savait pas bien cuire cette viande à parasites. Ou l'interdiction de viande le vendredi pour casser une alimentation trop carnée.
Puis la religion s'en est mêlée et a sacralisé des prohibitions qui, notamment pour le porc, n'ont plus de fondement concret...