Dans l'ordre et dans le désordre : chichis, marmaille & chichis
Navrant constat : ici, je n'écris plus que pour
geindre...
C'est tout à fait désolant.
Si je passais un dixième du temps que je consacre
à marteler la chaussée avec mes semelles,
à me tâcher les doigts avec de l'encre, je
cesserai peut-être de me jeter sur les mots à la
première déflation du palpitant...

Je pourrais, par exemple, coucher pour la
postérité les bottes secrètes de
Tarquinou en son grand dessein de séduction maternelle.
Tarquine, sérieuse derrière son grand bureau noir
entretient une conversation téléphonique avec son
petit dernier : "Tarquinou,
enfin ! Mais pourquoi donc clamer devant ton irascible
sœur que tu es "le petit chouchou de Maman" !! Outre que c'est faux, c'est
pure provocation !"
Tarquinou tout penaud : "
Meuh Maman, c'est zuste que moi je veux te
garder pour moi tout seul..."
Tarquine plus du tout sérieuse derrière son grand
bureau noir et d'une toute petite voix : "heu... mon petit chat
blablabla, blableuheu... heu...."

Epatant constat : Tarquinet est plus grand moi.
Et cela le ravit tellement que je n'ai de cesse de nier cette criante
vérité : il se délecte à
m'appeler "ma petite
maman" ! ... et moi aussi...

Tarquinette se débarrasse de l'enfance comme d'un vêtement trop petit pour contenir toute sa richesse. Et moi, chaussée de binocles d'albâtre, j'ai la vue trop courte... Les enfants grandissent décidément plus vite que la capacité de leurs parents à les voir changer.

Et puis je hais les mots qui comportent leurs propres
interdits tandis
que dans le même temps j'en comprends les enjeux. Prohibition
du bonheur et du temps. J'ai tellement aimé bouffer la vie
à plein projet. Sclérose d'un avenir à
pas comptés. Non, foncer il ne faut plus... Alors je
camoufle mes danses de Saint Guy en battant la chaussée de
mes semelles... Un marathon pour tout projet et ce n'est que dans le
silence de mes suantes déroutes que j'ose me souvenir de mes
bonheurs d'antan. Alors, pendant quelques instants de ma vie, je me
donne l'illusion de foncer...
Tiens ? Je geins encore...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 25/01/2010
De bric en vrac
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Commentaires
"Un marathon pour tout projet"... euh... comment te dire ?
Mais c'est ENORME !!!!
C'est mille fois moins énorme que de bâtir sa vie avec quelqu'un... Fonce Anne, fonce :)
"Et puis je hais les mots qui comportent leurs propres interdits tandis que dans le même temps j'en comprends les enjeux."
"Alors je camoufle mes danses de Saint Guy en battant la chaussée de mes semelles."
"ce n'est que dans le silence de mes suantes déroutes que j'ose me souvenir de mes bonheurs d'antan."
C'est toujours un délice de vous voir vous tâcher les doigts avec de l'encre...