Navrant constat : ici, je n'écris plus que pour geindre... C'est tout à fait désolant.
Si je passais un dixième du temps que je consacre à marteler la chaussée avec mes semelles, à me tâcher les doigts avec de l'encre, je cesserai peut-être de me jeter sur les mots à la première déflation du palpitant...


Je pourrais, par exemple, coucher pour la postérité les bottes secrètes de Tarquinou en son grand dessein de séduction maternelle.

Tarquine, sérieuse derrière son grand bureau noir entretient une conversation téléphonique avec son petit dernier : "Tarquinou, enfin ! Mais pourquoi donc clamer devant ton irascible sœur que tu es "le petit chouchou de Maman" !! Outre que c'est faux, c'est pure provocation !"

Tarquinou tout penaud : " Meuh Maman, c'est zuste que moi je veux te garder pour moi tout seul..."

Tarquine plus du tout sérieuse derrière son grand bureau noir et d'une toute petite voix : "heu... mon petit chat blablabla, blableuheu... heu...."


Epatant constat : Tarquinet est plus grand moi.
Et cela le ravit tellement que je n'ai de cesse de nier cette criante vérité : il se délecte à m'appeler "ma petite maman" ! ... et moi aussi...


Tarquinette se débarrasse de l'enfance comme d'un vêtement trop petit pour contenir toute sa richesse. Et moi, chaussée de binocles d'albâtre, j'ai la vue trop courte... Les enfants grandissent décidément plus vite que la capacité de leurs parents à les voir changer.


Et puis je hais les mots qui comportent leurs propres interdits tandis que dans le même temps j'en comprends les enjeux. Prohibition du bonheur et du temps. J'ai tellement aimé bouffer la vie à plein projet. Sclérose d'un avenir à pas comptés. Non, foncer il ne faut plus... Alors je camoufle mes danses de Saint Guy en battant la chaussée de mes semelles... Un marathon pour tout projet et ce n'est que dans le silence de mes suantes déroutes que j'ose me souvenir de mes bonheurs d'antan. Alors, pendant quelques instants de ma vie, je me donne l'illusion de foncer...

Tiens ? Je geins encore...