Rien à dire. Rien à voir. Rien à penser. Il n'y a que le froid qui s'abat, une grise neige aussi plombée que tourmentée : de gourds flocons qui étouffent les sons, les émotions et même la raison. Peu me chaut de comprendre. Je suis trop lasse pour jouer à travestir l'évidence qui se glace. De quelle arrogance, de quel aveuglement souffrais-je pour imaginer réécrire le théorème de récurrence ? Infini glacé d'un soleil qui n'a de cesse de poudroyer et d'une herbe de verdoyer. Je ne suis qu'une énième poussière sur une vague qui n'a d'autre vocation que de s'échouer toujours et toujours.
Rien à dire. Rien à voir. Rien à penser. Je me souviens des méthodes éprouvées aux moments plus désespérés qu'aujourd'hui : mon avenir se limite à l'heure suivante. Surtout pas davantage.
Juste soixante minutes, le froid et l'anesthésie qu'il provoque.
Il m'a toujours paru curieux, alors que je déborde d'émotions, de mesurer la profondeur d'un trouble par le calme qu'il provoque...

Mille mercis à un voisin qui m'offre à son insu un wi-fi malingre et mal protégé quand Free et FT se disputent si fort sur ma ligne qu'ils en détournent tout octet...