Une journée de merde. Une vraie. Celle où se répand à l'envi, du petit matin au couchant, une velue, épaisse et poisseuse rancune. Celle où même les amènes surprises se recouvrent d'amertume pour se dissoudre dans l'eau, la même que celles qui s'échappent des sanglots ou bien dégoisent des caniveaux. Un jour moche, piteux et lugubre. Un jour où tout se conjugue pour que la plus faible des lueurs soit bientôt laide, pour que les plus infimes détails se fassent gerbants.
Ce matin, au milieu d'un course où je remorquais péniblement ma trop lourde morosité, j'ai avisé devant moi un marcel qui surmontait deux grosses jambes poilues, un marcel au dos duquel était écrit "la solitude du fourreur de con". Oui... au 21ème siècle, il se trouve encore un homme pour arborer, avec une nauséeuse vulgarité, de tels aphorismes... J'ai pensé à ma mère, à toutes ces femmes qui se sont battus pour une égalité dont elles étaient par nature exclues. Et aujourd'hui, au 21ème siècle, on peut encore lire en pleine foule "la solitude du fourreur de con".... Une putain de sale journée...