Que l'on ne se méprenne pas d'emblée : je n'ai aucun dessein d'infliger ici la publicité qu'en son temps Go Sport avait — lui-même — provoquée.

J'aime beaucoup les produits Raidlight, il n'est pas pas un entraînement, pas une course, sans que je ne porte l'un de leurs articles. Et jusqu'à ce jour, la seule et unique remarque qui me venait à leur endroit tenait à l'indiscipline chronique dont font montre les bouchons de leur gourdinette (détail, dont vous m'accorderez qu'il ne méritait pas l'ombre d'un billet).

Sauf qu'en ce bon matin, j'ai, de Raidlight, reçu une lettre comminatoire où me suis découverte laronnesse, et, surtout, sommée par la présente d'apporter, jà, la preuve de ma moralité qui, rachèterait ma conduite aux yeux de ce vétilleux créancier !

Les faits à l'origine de cette honteuse présomption sont pourtant d'une insipide banalité : j'ai acheté en mars 2009 trois articles, auprès de la société Raidlight par le truchement de leur site internet ; et, suivant en cela la procédure idoine proposée par le cédant, je me suis régulièrement acquittée de mes emplettes — en ligne — par le débit immédiat de ma carte bancaire. Quelques jours plus tard j'ai reçu, tout aussi régulièrement, mes achats par la voie postale...

Quelle aventure !

Pourtant brutalement huit mois plus tard, le — plus du tout charmant — vendeur exige que je procède au règlement immédiat de l'un de ces trois articles ou à défaut me somme de lui apporter la preuve du paiement !

Un peu étonnée par l'incongruité de leur requête, je me suis immédiatement saisie de mon bigophone afin de m'en ouvrir auprès du service concerné ; coup de téléphone dont il faut bien regretter qu'il donna naissance à un échange des plus décevants... Si j'avais le secret espoir de faire entendre à mon interlocuteur une infime parcelle du bon sens qui gouverne — encore — le droit des obligations, je suis contrainte d'avouer que j'ai lourdement échoué dans mon office... Las, il me fût rabâché qu'à la suite de changement de prestataire au sein de leur service comptabilité que c'était à moi, bonne et moutonnante cliente, de leur transférer immédiatement et par la voie électronique, la copie numérique de leur propre e-mail de validation de paiement...

Oui, oui, vous lisez bien... ils se sont emberlificotés les pinceaux dans leur propre intendance... donc ils exigent un nouveau paiement. Génial ! Quelle économie dans la gestion ! Au lieu de se plier à la pénible et fastidieuse formalité du récolement, ils enjoignent leurs clients de faire le boulot à leur place ! " J'ai perdu la trace de votre paiement et bien, à défaut de me l'apporter vous paierez donc deux fois ! "

Et bien non monsieur le chef du service comptabilité... il se trouve que j'ai mauvais caractère et je ne vous la remettrai pas plus que je ne paierai une seconde fois !

Ce n'est pas à moi à palier votre propre carence ! Et si j'en fais une affaire de principe c'est qu'il en va de la sécurité juridique des transactions ! Vous vous imaginez dans quel enfer vont être plongés les consommateurs dont je suis s'ils doivent vivre sous la menace perpétuelle de payer une seconde fois leur achat au prétexte que leur cédant est incapable de pointer correctement ses facturettes de cartes bancaires ?

Enfin, s'il passait par ces pages un membre de la société Raidlight, peut-être pourrait-il se faire l'interprète auprès du service de comptabilité obtusément sourd à mes explications de ces quelques tous petits points de droit : La vente est un contrat synallagmatique par lequel l'un s'oblige à payer la chose et l'autre à la livrer (article 1582 du Code civil). En l'occurrence, s'agissant d'un achat sur internet, il s'agit d'une vente à distance (article L121-18 du Code de la consommation). Et si vous avez suivi ces liens pour aller doctement vous frotter à la prose du législateur (ce qui vous aura permis de mesurer in situ combien celle-ci s'est délabrée en quelques 204 années), tant pis pour vous : c'est à la simple lecture des conditions générales de vente du cédant que se trouvent les dispositions qui confortent ce que le sens commun impose. Il ne s'agit que de simple chronologie.

En passant commande je m'engage à payer le prix de vente au moment de celle-ci (article 4) C'est seulement à réception du règlement que la livraison sera ensuite effectuée (article 1er)

Bref, si Raidlight veut me contraindre, soit à payer une seconde fois (motif initial de leur missive), soit à leur apporter la preuve de mon paiement, il leur faudra commencer par m'expliquer pourquoi ils m'ont livré ! Oui, monsieur le chef du service Comptabilité, cela s'appelle un renversement de la charge de la preuve...

En conclusion, je dois quand même vous avouer que de passage sur leur site je me suis enquis de savoir ce que comportait l'historique de mes commandes !

Et bien vous ne savez pas ? La commande de mars est bien enregistrée, avec la référence exacte de l'article dont il me réclame le paiement... paiement dont il est expressément précisé qu'il est "accepté" (sic)...

J'ai quand même du mal à croire que cette même société qui "exige le règlement immédiat de la somme qui reste dû à ce jour" n'ait pas accès à ce même historique...

Pour donner des gages de compétence à ses clients (fidèles qui plus est !) il y a mieux...

Je vais quand même me permettre de glisser un petit conseil à cette société que décidément je ne parviens pas à détester, vous me l'auriez demandé gentiment, je vous l'aurais envoyé votre e-mail de confirmation de mon paiement, je vous aurais même expliqué en prime que peu de temps après cette commande, l'un de vos vendeurs a pris attache téléphoniquement avec moi pour m'indiquer que l'article dont s'agit n'était plus en stock et que le délai de livraison serait plus long que celui annoncé lors de ma commande en ligne. Détail qui explique peut-être pourquoi vous me réclamez dorénavant le paiement d'une facture en date du 30 mars 2009 pour un paiement effectué le 12 mars précédent...




La réponse de Monsieur Benoît LAVAL (fondateur de Raidlight) est juste ci-après en commentaire, merci d'en prendre connaissance. Billet édité le 6 novembre 2009.