Rêve soyeux...
Caresser les 48 minutes... Quelques 20 secondes de mieux qu'aujourd'hui. Si peu. Effilocher le temps, le réduire à sa plus petite expression " Par les temps qui courent, je vous en compte du 4'50'' au kilo. Et vous en voulez deux secondes de moins ? Les temps sont durs cependant".
Pas de rêve de grandeur... mais des rêves d'épicière donc...
Découper le temps.
En prélever une pincée, une larme, un soupir...
Rêve secret...
Tendre le pas, un peu plus vite. Encore une fois. +videmment.
Mais ne plus s'enfuir. Arriver... Surtout arriver.
Alors respirer à grandes goulées. Oui... souffler un peu... Et puis se désaltérer, se restaurer. Simplement ? Simplement... Et goûter sa joie. Une joie brutale et dense. -tre contente de soi. Sans détour ni circonvolution... Moment précieux donc... Si précieux que l'on conserve des jours durant des filaments d'étoile devant les yeux...



Rue Pierre Picard, 14 heures 30, une vitre de plain-pied qui éclaire la rue où j'accours rejoindre le Sacré-Cœur, haut-lieu de mes cavalcades. A travers celle-ci, une femme, du haut de son fauteuil tout en roues et en métal, m'a tendu un grand sourire auquel j'ai répondu avec la même couleur. Signes de la main, fugitifs mouvement de tête. Salutations aussi chaleureuses que silencieuses. Nous ne nous connaissions pourtant pas. J'ai poursuivi la route de mon rêve. De le savoir dérisoire, ne m'a pas coupé les ailes. Et c'est en pensant aussi à elle que j'ai avalé et remâché ces volées d'escalier dont je connais désormais chaque degré.