Le pipeau de France Musique...
Il n'y a qu'en France qu'on voit cela...
14 heures 30, début de l'émission "Grandes figures" sur France musique, aujourd'hui consacrée à Frans Brüggen. Je n'ai pas encore entendu une seule fois le nom de l'instrument qui lui est pourtant indéfectiblement associé : la flûte à bec. Oui le très grand Frans Brüggen est un immense flûtiste à bec. Non sur France Musique on ne parle que de "flûte" et d'ailleurs le premier extrait qu'ils donnent à entendre est interprété par le très grand au traverso (instrument qu'il pratiqua également). Un petit détour sur le site de l'émission me convainc que décidément un artiste qui joue de la flûte à bec c'est quand même trop minable... et qu'il vaut mieux ne mettre que l'accent sur la pratique d'un véritable instrument de musique... (la suite de l'émission est de la même eau : on n'évoque que la seule pratique instrumentale de la traversière mais pas une seule fois celle de la flûte à bec...)
Extrait de wikipédia : "C'est le premier virtuose d'un instrument qui avant lui n'existait presque plus: la flûte à bec. Il est encore aujourd'hui considéré par tous les flûtistes à bec comme le père de l'instrument moderne. Il fonda une grande école de la flûte à bec dont les cours furent très recherchés. Il forma nombre d'éminents flûtistes et fut aussi un acteur important de la renaissance baroque des années 1960 à 1980. Il fit reproduire des instruments anciens que lui seul utilisa (instruments des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles). Ses interprétations font encore (pour la plupart) figures de références."
Un flûtiste à bec devenu l'un des plus prestigieux chef d'orchestre baroque... Oui... effectivement ce n'est pas en France qu'il a fait cette carrière... Ici on ne lui excuse cette faute de goût qu'en lui accordant l'intelligence d'avoir aussi visité le répertoire du traverso...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 21/09/2009
De bric en vrac
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Commentaires
Lorsque j'étais enfant, nous jouions de la flûte à bec en famille. Nous formions un ensemble, et nous produisions lors d'assemblées diverses et variées. Mais malgré la très belle musicalité qui s'en dégageait, je sentais bien que "flûte à bec" n'était pas un instrument dont l'on pouvait être fier.
J'ai toujours préféré la flûte à bec, humaine, chaleureuse, vibrante, à la froide et distante traversière. + tous, je recommande l'enregistrement sublime de Pedro Memelsdorff et Andreas Staier, Delight in Disorder : http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/art/Pedro-Memelsdorff-Delight-in-Disorder/hnum/7580139
Et aux amateurs de transcriptions, ce disque du Flanders Recorder Quartet consacré à Bach : http://www.abeillemusique.com/SACD-Hybride/Classique/AE10136/4026798101367/Aeolus/Johann-Sebastian-Bach/cleart-14418.html
Ce mépris pour la flûte à bec que vous évoquez me fait penser à celui pour la littérature jeunesse --- cf. la présentation par le Rouergue de l'excellent Bonheur fantôme d'Anne Percin comme le premier roman de l'autrice (alors qu'il ne s'agit jamais que du sixième publié, les cinq précédents ayant paru chez Thierry Magnier, Oskar et l'+cole des loisirs, éditeurs de littérature pour la jeunesse). Le comble est que le Rouergue fait aussi partie des éditeurs phares pour la jeunesse ! Cette soumission au cliché qui voudraient que les romans pour les enfants ou les adolescents ne soient pas de vrais livres n'en est que plus affligeante.
Mais revenons aux flûtes ! Personnellement, je n'apprécie la traversière en métal que dans la musique symphonique. Comme instrument soliste, je la trouve insupportable, du fait de cette dureté de son, cette froideur que j'évoquais. Le traverso en bois sonne plus agréablement à mes oreilles, mais je persiste à lui préférer de très loin les flûtes à bec.
Un dernier lien pour la route, Cantates baroques allemandes : http://www.musicme.com/Gli-Angeli-Geneve/albums/Cantates-Baroques-Allemandes-0886972250328.html#
+coutez ne serait-ce que la plage 8 (cantate Du aber Daniel, gehe hin de Telemann'', Schalf wohl)...
Cordialement.
J'opine du chef tellement régulièrement en lisant votre commentaire que je me fais moi-même penser à ces petits animaux — canins le plus souvent — que l'on voit parfois sur les plages arrière des voitures et dont la tête tressaute à chaque nid-de-poule. Oui, car je partage également avec vous cet engouement pour la littérature de jeunesse, soutenant depuis toujours qu'un bon livre pour enfant est toujours un bon livre pour toute l'humanité, adultes inclus donc...
"soutenant depuis toujours qu'un bon livre pour enfant est toujours un bon livre pour toute l'humanité, adultes inclus donc..."
Je vais faire moi aussi mon chien de vitre arrière !
Quelques noms : Tomi Ungerer, Claude Ponti, Chris Van Allsburgh.
Et M.K.Rawlings (Jody et le faon)
Et maintenant, un coup de ... flûte traversière !
MUSIQUE PLANANTE
(On est en colo, à voir voler des planeurs)
Quand soudain m’arrive une musique qui n’est plus celle des ailes. Cela vient d’un hangar. Je laisse ma meute accrochée à sa barrière – aucun danger qu’elle la quitte. Je m’approche. Un homme en bleu de chauffe est devant un établi jonché d’outils de mécanicien. Il joue du plus beau : une flûte traversière. Je reconnais un air de Bach. Vite, demi-tour pour rejoindre les enfants et les conduire sans bruit au seuil du hangar. Tout de suite, l’émerveillement les prend. Choc avec l’inentendu. Je les regarde regarder, leurs yeux aussi ouverts que leurs oreilles et leurs bouches muettes ; ils se regardent et me regardent, incrédules. Les mots me manquent pour vous dire cette musique, cherchez-les. L’enchantement fini, spontanément le public applaudit. Catastrophe. L’homme se retourne soudain, gêné d’être surpris dans son dialogue solitaire. Et nous pouvons bien demander une suite à la suite, peine perdue, il s’excuse en bredouillant, devenu gauche, et la flûte se pose comme se posent les planeurs et les mouettes : à regret. Les miracles n’ont lieu qu’une fois.
(Et merci à Thomas Savary pour ses liens)
Ma jeune amie Sophie flûtiste à bec, spécialisée dans le "traverso" amoureuse d'un australien faisant sur le théorbe et le luth,est en Australie avec son homme, ils font là bas une tournée que je leur souhaite riche en succès. La musique baroque semble timidement pousser au pays des kangourous,en occident(France) mon inculture ne me permets aucune évaluation d'impact. Lors de mon séjour en Bourgogne j'eus le plaisir d'écouter une association "improbable" de flûte à bec,picolo et traversière avec un accordéon (le joueur violoncelliste!) Ce fût très agréable , la bonne humeur, l'humour des interprètes, vraiment un très bon moment.
Je ne suis pas musicienne. Mon petit dernier, 6 ans, a manifesté le désir de faire de la flûte à bec (et pas autre chose). Au bout d'un an de réclamations de plus en plus piaillantes, j'ai voulu l'inscrire dans le conservatoire de ma petite ville de province, qui n'a rien de génial mais où tous les "notables" se la pètent un max. Quand je suis arrivée candidement avec mon garçon à la main pour demander s'il pouvait faire de la flûte, et que la secrétaire a compris que ce n'était pas "traversière", je ne vous dis pas avec quel mépris, et pour l'instrument, et pour mon fils qui n'avait aucun goût, nous avons été renvoyés sur notre fumier. Mon fils en a pleuré. Depuis, je lui cherche un prof, et je ne trouve pas...
Peste quelle injustice ! Puis-je vous demander où se situe cette petite ville de province et son conservatoire si "accueillant" ?