Les récompenses qu'on cloue aux murs
Deux pages arrachées d'un carnet.
Entre des notes sur l'acqua alta et la joie d'être deux.
Sidération et débandade
Interdite. Ce que je suis.
A peine apaisée et trop épuisée pour être venimeuse.
Interdite de ce que je suis. Interdite de ce que je vis.
Le venin s'est tari. Ou bien s'est noyé dans le sang.
Celui trop rouge qui coule dans les courses.
A peine apaisée et trop épuisée par mes débandades. Non, pas celles des foulées dominicales.
Lesquelles aujourd'hui, Ô comble de l'ironie, m'ont valu une coupe.
Clinquant et plastique bleu pour y boire toute ma peine d'être nulle.
La dérision est si belle !
Harassée plus que tout par ces murs que je dresse et contre lesquels je décharne ma vie.
Des murs pour mieux dresser le poing et l'abattre.
Un coup sur eux. un coup sur moi.
L'ire masque si bien l'horizon...
Interdite de...
Le bonheur est-il l'infortuné captif du passé ?
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 28/07/2008
Tréfonds et sentiments
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Commentaires
"L'infortuné captif du passé"
J'espère bien que non. Mais il est lent à revenir
" Risquer..
Rire, c'est risquer de paraître fou,
Pleurer, c'est risquer de paraître fragile
Aller vers quelqu'un, c'est risquer de s'engager,
Exposer ses sentiments, c'est risquer d'exposer son "moi profond",
Présenter ses idées, ses rêves aux autres, c'est risquer de les perdre.
Aimer, c'est risquer de ne pas être aimé en retour.
Vivre, c'est risquer de mourir.
Espérer, c'est risquer de désespérer.
Essayer, c'est risquer d'échouer.
Mais il faut prendre des risques, car le plus grand danger dans la vie,
c'est de ne rien risquer du tout.
Celui qui ne risque rien, ne fait rien, n'a rien, n'est rien.
Il peut éviter la souffrance mais il n'apprend rien
ne ressent rien, ne peut ni changer,... ni se développer
ne peut ni aimer, ni vivre.
Enchaîné par ses certitudes, il devient esclave.
il trahit sa liberté.
Seuls ceux qui risquent d'aimer sont libres.."
A la fille du nord : j’ai bien aimé le début de l’extrait que j’ai trouvé très juste, parce que je le trouve personnellement très vrai. J’ai trouvé en revanche la suite profondément injuste. Profondément injuste de dire que ceux qui ne risquent rien ne ressentent rien, n’apprennent rien, ne sont rien ( ???)… ! C’est facile et c’est un manque de respect pour la douleur. Comment ne pas prendre en compte la douleur quand on écrit un texte sur la liberté ? Bien au contraire, ceux qui « ne risquent rien +, loin de ne rien ressentir, de ne rien vivre, ont sans doute trop de souffrances pour y retourner une fois de plus. Les plaies ne sont pas refermées, pas de risques parce que trop de peurs. Ce n’est pas tant qu’ils ne risquent pas d’ailleurs, c’est plus qu’ils se protègent. Alors si on pouvait éviter de les montrer du doigt en leur disant « il faut +… Aux envolées lyriques, je préfère tendre une main. A Veuve Tarquine, merci d’être toujours si présente.
mes excuses si j'ai pu blesser par ce texte. telle n'était pas mon intention. bien au contraire. j'ai été maladroite.
Pas de problème pour moi. Ce qui compte c'est ce qu'un texte permet, l'occasion qu'il donne de réagir dans un sens ou dans un autre, ce qui est triste c'est quand il n'y a rien à dire. Amicalement.
A : La fille du nord :
J'aime beaucoup ce texte : Il secoue, et c'est salutaire. Je préfère cette version, trouvée sur gougueule :
Seul celui qui risque ET SE RISQUE est libre…
SE RISQUER : on n'y est pas souvent prêt... et en ce je rejoins Jérôme, mais lorsque l'on en est capable, c'est là que l'on vit...
Plus court, mais plus droit au but: Pour ceux qui ont peur de mourir: avec la capote nestor, on n'est pas né, on n'est pas mort.
@La fille du nord: Je trouve votre texte bien choisi, et je pense que malgré les erreurs du passé, il faut aller de l'avant, parce que l'instinct de progression, allié à l'instinct de survie, sont bien plus forts que l'instinct de préservation.
@Jerome: ce que vous décrivez, qui est juste, ne l'est que dans un lapse de temps court. La douleur s'oublie, et donc n'est vraie que dans un contexte temporel déterminé, et fini (j'entend par "fini" qui a un début et une fin, même si quand on est dedans, on n'en voit pas la fin). Parce que si ce que vous dites est vrai, il est inconcevable qu'une femme mette jour à plus d'un enfant, et nous serions tous enfants uniques.
Et les femmes battues ne le seraient qu'une seule fois... Il y a différentes douleurs et mille façons de vivre avec ou pas. Oui, peut-être que pour certaines douleurs le passage du temps peut suffire, je crains que pour d'autres il ne fasse rien à l'affaire. Je fais référence aux travaux d'Elisabeth Kubler-Ross : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kubler-Ross, ici présenté uniquement / deuil, mais qui s'appliquent à toutes épreuves douloureuses.
il me semble qu'il est au moins un domaine où il est vain de tenter de légiférer: c bien celui - la. Pas de règle, pas de recettes... juste nous, humain, complexe, unique. Le risque ne se décide pas, il survient, il s'impose. Et il n'y a aucune gloire à le prendre. Quant à la comparaison avec la douleur de l'accouchement, il manque la suite de l'histoire: la naissance, l'enfant, la maternité. Dans la mort, il n'y a rien que le vide, le manque et parfois la colère. On n'oublie pas, on vit avec l'absence. Comme d'autres apprennent à vivre avec un membre amputé. Enfin, tout cela reste relatif. Une histoire parmi d'autres.
il me semble qu'il est au moins un domaine où il est vain de tenter de légiférer: c bien celui - la. Pas de règle, pas de recettes... juste nous, humain, complexe, unique. Le risque ne se décide pas, il survient, il s'impose. Et il n'y a aucune gloire à le prendre. Quant à la comparaison avec la douleur de l'accouchement, il manque la suite de l'histoire: la naissance, l'enfant, la maternité. Dans la mort, il n'y a rien que le vide, le manque et parfois la colère. On n'oublie pas, on vit avec l'absence. Comme d'autres apprennent à vivre avec un membre amputé. Enfin, tout cela reste relatif. Une histoire parmi d'autres.
Farah : +1 !
"Pas de règle, pas de recettes... juste nous, humain, complexe, unique."
je vais faire un hors sujet. Une question: peut on empêcher l'auteur d'un blog de publier un texte qu'il n'a pas écrit et dont le contenu est du domaine de la vie privée ? Je me permets de poser la question ici car je crois avoir lu un jour un texte où il était question d'un problème similaire.
Salutations très humbles mais sourire aux lèvres, Veuve. Je découvre votre blog sur le conseil appuyé de Maitre Eolas en son blog, et je m'y régale. J'ai pris l'oeuvre par le bout de l'arrêt Perruche, il faut dire, et la convergence de points de vue est une entrée en matière toujours réjouissante. C'est curieux comme, entre les années Fac où je me suis assise sur les bancs d'un DEA d'éthique médicale (oui oui un fameux dirigé par un fameux ...) avant un DEA de droit public, et les années où ma propore maladie s'est déclarée, j'ai vu s'édulcorer certaines convictions jusqu'à fondre au fil du temps tout à fait, quelque légitimes qu'elles fussent. Le principe de réalité ptete bien ? Perruche, les cris d'orfraie, tout ça, je me le suis fadé pendant un an avant l'heure (je n'étais plus à la fac en 2002, je pondais, on peut po tout faire), sous la férule d'un illuminé de la bioéthique qui vous distillait du Hans Jonas et de l'impératif catégorique au lieu de s'occuper de ses patients ...L'individu était d'ailleurs d'une fabuleuse et presque inégalable abjection par bien des aspects de son caractère et en quelques semaines j'avais à l'oreille une colonie de puces ; cependant, j'ai appris pas mal de choses, et notamment que confier la bioéthique aux médecins, c'est à peu près aussi pertinent que la conduite de l'Etat aux militaires ... Je m'en vais donc, guillerette, parcourir à grands pas vos pages, je prendrai grand plaisir je le pressens, et vous laisserai de ci de là un ptit "comm" en guise de signe de la main. Bien cordialement, Marie-Laetitia Gambié
Bonjour et félicitations à notre championne !
Pas si championne ? Je n'en sais rien ; mais pas si nulle, ça c'est sûr.
Merci aussi pour les photos rayonnantes de tarquinets !