Les valeurs sonnantes et trébuchantes de l'école républicaine.
Elle l'aimait son école. Une construite à la va
vite au milieu de vilaines tours de banlieue. C'était la
grande époque des classes qui débordait de
mômes. Des années 70 jusqu'à ses palmes
académiques, elle n'en a jamais changé. Elle en
était elle la directrice. Elle parlait haut et fort. Dans
cette banlieue difficile, il n'était pas question que
quiconque puisse s'imaginer qu'on puisse lui marcher sur les pieds. Sa
voix claire et sa taille n'étaient pas
étrangères à sa
longévité.
Il y a eu des enfants battus. Il y a eu des enfants oubliés
à la sortie de l'école et qu'elle refusait de
laisser au commissariat. Alors, tous ces sermons qu'on lui avait servis
sur sa responsabilité, sur le fait qu'elle ne pouvait pas
les garder avec elle, elle les balayait d'un revers de manche. Et ils
dormaient à la maison. Elle pensait avec raison que
c'était déjà assez terrible pour
un enfant d'être oublié par ses parents et qu'il
était mieux chez elle qu'avec de parfaits inconnus et qu'il
n'était pas né le jour où elle
laisserait un enfant "à la police" !
Il y avait des enfants qui ne mangeait pas tous les jours à
leur faim.
Il y en avait qui n'avaient pas de vêtements assez chauds.
Et...
Et...
Et elle les appelait ses petits cocos, ou ses petites cocottes, c'est
selon.
Et je peux vous dire qu'elle les aimait, en dépit de sa voix
qui sonnait haut et fort et de sa taille qui en imposait.
Des fêtes de l'école j'en ai fait des
quantités industrielles...
Je me souviens même d'une où j'étais
à la faculté !
Et je l'ai rejointe là-bas, au bas de l'estrade
où ses petits dansaient...
Parce que la fête de l'école c'était la
fête de l'école. Et ce n'était pas rien
pour tous ces marmots. les marmots qui étaient maintenant
les enfants de ceux qu'elles avaient cocotés dans ses
premières années.
Alors ce matin, lorsqu'à la fête de
l'école de Tarquinou où j'apportais
benoîtement un gâteau clown (le dessert
préféré de mon brigand) on m'a remis
en échange un bon pour une part gratuite de gâteau
(mais non pour une boisson) j'ai demandé des explications.
Et j'ai appris que tout était vendu.
Et que non tous les enfants de l'école n'avaient droit,
- ni à une part gratuite de gâteau,
- ni à une boisson.
Cela dépendait uniquement de ce que leur parent avait
apporté.
Et tant pis pour eux si parmi eux il y en avait dont les parents
étaient impécunieux !
Nous sommes dans le 9-3.
Il y a des familles en grande précarité.
D'autres, dont je suis, qui ne le sont pas.
Et on VA VENDRE DE QUOI MANGER ET BOIRE AUX ENFANTS DE
L'ÉCOLE ?
Que l'on vende ce que les parents ont gracieusement
préparés me dérange
déjà en soi mais je veux bien y voir l'ardente
nécessité de réunir quelques argents.
En revanche, qu'avant d'en faire commerce, on ne remette pas
d'autorité un bon pour une boisson et une part de gratuite
à chaque enfant de l'école, cela m'a foutu dans
une belle rogne !
J'ai pris mon marmot sous le bras je suis partie... en ne manquant pas
de rendre mon bon gratuit avec l'injonction de le remettre de ma part
à un enfant qui aurait faim... Une fois n'est pas coutume,
ma mère qui d'ordinaire maudissait le caractère
entier de ses rejetons, aurait tonné de sa voix haute et
claire, aurait tonné de toute sa hauteur, aurait
tonné contre ce mépris affiché pour
tous ceux qu'elle appelait, ses petits cocos, ou ses petits cocottes
c'est selon.
Et moi je sais bien que c'était ceux-là ses
préférés...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 02/06/2007
De bric en vrac
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Commentaires
Merci de dire la honte dans laquelle on nous oblige à faire l'école... Le mépris dans lequel on tient les enfants...
Bel apprentissage des mots fraternité et égalité affichés au fronton de cette républicaine école !
Les autres parents trouvaient ça normal ?
Akynou m'avait déjà parlé de ces pratiques ... ça laisse un gout de nausée dans la bouche ... De la saine colère !
Par expérience, j'ajouterai que dans bien des cas ces enfants ne se présenteront même pas à la fête de l'école, ou seuls en loucedé, car les parents préfèrent ne pas y aller plutôt que devoir refuser à leurs gamins un gâteau ou une canette.
Mes enfants ont eu la chance d'être scolarisés dans une école (du 9-4) où deux bons étaient distribués d'emblée par enfant (à valoir sur bouffe ou boisson) et un par parent ou frère et sœur à son arrivée à la fête mais ça n'était hélas pas le cas dans toutes les écoles de la commune.
Moi, je suis maîtresse et directrice d'école. Et il ferait beau voir que dans MON école MES petits élèves n'aient pas droit à un morceau de gâteau et à une boisson !!!! D'ailleurs c'est la fête de l'école cette semaine justement ! Et chez nous pas de bons ou de quoique ce soit : un enfant veut un bout de gâteau, on le lui donne, non mais !!! Evidement, je suis directrice d'une toute petite école, format familial, qui n'a pas grand chose à voir avec ces écoles qui ont l'air de campus tellement elles sont grandes, mais ça me rend malade de penser qu'il y a des endroits, DES ECOLES !!!! où on vend des gâteaux sous le nez d'enfants qui n'ont pas de quoi se payer un goûter au Shopi du coin !
Ecole gratuite et républicaine, en primaire, mes enfants tout comme moi ont eu les crayons et les cahiers distribués par leurs enseignants (parfois leur père, que j'aidais pendant les vacances à aligner sur chaque table la panoplie du parfait élève) : pas de différence, chacun avait les mêmes outils pour travailler. J'ai appris récemment par une maman d'élève en difficulté car malade, que le petit de CE1 devait tout apporter, la liste était aussi longue et précise (classeur telle taille, cahier format truc et boîte de machin telle marque, etc...) que son frère qui entrait en 6ème ! Je tiens à préciser que l'allocation de rentrée scolaire n'est pas versée avant 6 ans et après 18 ans. Alors si votre enfant rentre au CP un peu un avance et si vos grands sont un peu en retard pour terminer leur lycée, ou ont le mauvais goût de vouloir poursuivre après le bac, eh bien, il faut partager l'allocation scolaire de l'enfant du milieu en trois ou quatre.... Mieux vaut donc être riche et en bonne santé ! Le budget des écoles primaires est alloué par les mairies, voter en conseil municipal, telle somme par enfant. Voilà, quant aux fêtes scolaires, gérées souvent par des associations autour de l'école, elles sont destinées à augmenter ce budget pour des activités péri-scolaires, et moins on a, plus on demande aux parents pour aller en classe de neige ou sortie découverte. Mais je n'ai jamais vu qu'on demandait aux parents une participation calculée d'après leur quotient familial, ce qui permettrait d'emmener tout le monde...
Pensez-vous, Tarquine ! il est *bien connu* maintenant que des gens qui sont pauvres le sont parce que leur situation est très confortable, par choix personnel de profiter des ressources des autres, les honnêtes gens pas dans le besoin.
Ces familles démunies qui n'amènent pas de gâteau le font donc toutes par choix délibéré de venir s'empiffrer à l'oeil, en riant sous cape comme les méchantes qu'elles sont, et il faut leur faire comprendre que les *honnêtes parents* ne se laisseront pas spolier ainsi, voyons... (beuarg) .
c'est moche de refuser à des enfants une part de gâteau et une boisson à la fête de leur école. hélas, ça me paraît refleter une mentalité non moins moche, mais qui s'étend à tout en ce moment, jusqu'à cet extrême là :( .
ce qui me choque également, c'est le fait que vous n'ayiez pas été au courant avant d'arriver. les autres parents ne l'étaient pas non plus alors ? Cela semble signifier que cette "surprise" avait été préparée justement dans l'idée que ceux qui n'amèneraient rien, quelle que soit leur raison, se sentent bien humiliés et que leurs enfants soient bien punis sans avoir pu prévoir ?
si c'est le cas, c'est écoeurant.
C'était la fête de l'école il y a 15 jours ... et tous les enfants avaient un bon pour 1 part de gâteau et 1 boisson. Ca m'a paru normal ... pourvu que ca ne devienne jamais exceptionnel ... je trouve ça tellement triste, et tellement révélateur de ce que notre société est en train de devenir. Parfois j'ai peur.
C'est « amusant +, ma petite soeur m'a raconté, quelques heures avant que je ne lise ton blog, une histoire tout à fait semblable dans son école du 78 favorisé où avait lieu, le même jour, la kermesse de ses enfants. Elle en est ressortie tout aussi écoeurée. Elle a d'ailleurs préparé une lettre fort explicite à l'attention de la directrice de cette école...
« ce qui me choque également, c'est le fait que vous n'ayiez pas été au courant avant d'arriver. les autres parents ne l'étaient pas non plus alors ? Cela semble signifier que cette "surprise" avait été préparée justement dans l'idée que ceux qui n'amèneraient rien, quelle que soit leur raison, se sentent bien humiliés et que leurs enfants soient bien punis sans avoir pu prévoir ? +
J'ai vérifié les termes "du mot" collé dans le cahier de correspondance : il n'est écrit nulle part que les gâteaux sont destinés à être vendus. Il est juste écrit pudiquement "comme l'année dernière, nous faisons appel à votre générosité "
J'ai mis un mot senti dans le cahier de correspondances et j'ai imprimé mon billet que j'ai collé dans ledit cahier...
Bon évidemment, maintenant j'ai intérêt à être un peu plus à l'heure à l'école le matin...
j' habite a cote de versa**illes et on est une région favorisée mais dans l' école des enfants il y a des moins favorisés c'est clair et a la kermesse de l' école maternelle il n' y a pas de bon juste une affiche : les gâteaux et boissons sont payants uniquement pour les adultes : le buffet est gratuit pour les enfants ; a l' école primaire de la petite , il demande si possible au moins 1 oui sur la fiche soit aider a l' installation , a la tenue d'un stand , au rangement , apporter gâteaux ou boissons , fournir un lot ou demander dans les magasins avec lettre officielle de kermesse ; donner un peu de son temps est également précieux : je vais en parler a mes amies pour voir si les autres écoles font pareilles ou si c'est uniquement du fait des directeurs d'école
un peu de positif dans ces commentaires qu'on ne peut que regretter, chez nous, petit village, les gâteaux et boissons sont gratuits à volonté pour les petits, les activités de toute sorte, cinéma, sortie etc le sont aussi, et cette année on a même réussi à envoyer toute l'école en classe verte, juste en faisant quelques marchés de Noël, quelques ventes de bonbons et de crèpes, un loto et les puces, ce qui en plus a bien vidé nos greniers encombrés. Toutes ces activités ont demandé à chacun de sortir de sa coquille, et de raisonner en tant que groupe et non plus en tant qu'individu, l'argent récolté étant mis en commun y compris pour ceux dont les parents ne pouvaient pas, ou dans certains cas, ne voulaient pas, se bouger. Mais dans le village d 'à côté, le jour du cross de printemps organisé pour les écoles du coin, si l'enfant , pour cause de trac, ou de blessure ou autre, ne participe pas au cross, il n'a pas droit au gâteau et à la boisson, ce qui est arrivé à mon Titi, mort de trac, incapable de s'aligner sur la ligne de départ, au moment où il reprennait confiance et avait besoin d'un petit apport glucidique, une maîtresse lui a tapé sur la main et le sermonnant haut et fort que les gâteaux se méritaient. Quatre ans après, il en parle encore, et redoute le jour du cross, à cause de l'humiliation qu'il y a subi. Merci à cette maitresse, qui devrait plutôt faire la sécurité dans les hypers, plutôt que l'éducation de nos enfants.
En lisant tout ça je me rends compte de ce que je n'ai jamais vu ni entendu.
Je me souviens maintenant que deux élèves de ma classe n'avaient pas pu partir à Venise faire du mime avec nous.
Je me souviens qu'à la récré du matin, Sylvie (la cantinière) donnait en cachette des maîtresses des petits gâteaux sous plastique à ceux qui n'avaient rien amené, par la fenêtre de la cuisine.
Je me souviens que l'on portait un tablier, pour ne pas que l'on se moque des habits des autres (et accessoirement pour prévenir des taches de peinture/feutre...) Mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un enfant privé de quoi que ce soit parce qu'il n'avait pas d'argent. Peut-être que je n'ai tout simplement rien vu, mais ça m'étonerrait.
Ceci dit, peut-être que c'est moi qui n'ai rien vu ni entendu...
Mais alors Tarquinou a été puni de fête ?
A la suite de cette mésaventure, Tarquinou — et son frère et sa sœur — ont passé leur dimanche au Parc Astérix... — VT
Nostalgie. Votre billet et les commentaires qui l'accompagnent me laisse perplexe. Bien sûr, il y a bien longtemps que je ne fréquente plus l'école primaire, j'y suis passé de 1953 à 1960,et dans une toute petite école, au centre d'un village situé à flan de côteaux, aux fond des vaux du Soissonnais. J'ai eu beaucoup de chance, je n'y aie jamais rencontré de pratiques comme celles que vous décrivez aujourd'hui.Pourtant, je n'aie pas souvenir que l'on m'y ait offert quoique soit de gratuit, à part ardoise,cahier,gomme, plume, encre violette à volonté, et les livres.Mais jamais de nourriture à l'exception de la période allant de septembre 1954 à mars 1955, au cours de laquelle nous avons tous eu droit à un bol de lait tous les matins. Pierre Mendes-France est parti, les bidons de lait ont disparus, l'instituteur est resté. Il était tout petit, mon instituteur, si petit que beaucoup de ses éléves agés de 13 ou 14 ans étaient plus grands que lui, et si timide que lorsqu'on le rencontrait à l'extérieur de l'école, ilnous parlait en murmurant. Mais dans sa classe, il était grand! Son bras était toujours prolongé d'une baguette de coudrier dont il usait tel un chef d'orchestre. A cette époque, il n'y avait pas de fête de l'école mais une fête de l'instituteur.Celà se passait un peu avant les vacances de Pâques, ce jour là tous les élèves apportaient un cadeau pour l'instituteur, qui un lapin, qui un canard, poulet, oeufs, et des brassées de fleurs. J'ai finit par quitter cette petite école républiquaine.L'instituteur est resté, toujours aussi petit, toujours aussi grand jusqu'à la fin. Merci et chapeau, Monsieur l'Instituteur!
C'est quand même incroyable d'en arriver là... Que faut-il en déduire ? Que certaines personnes, qui cotoient les enfants de surcroit, sont foncièrement méchantes ?
C'est d'une tristesse...
C'est qu'il n'y a pas de petit profit, ma brave dame.
Ça me dégoûte d'autant plus que mes grands-parents étaient tous quatre dans l'enseignement, et que les histoires d'école, d'enfants désargentés du bled qu'on nourrissait en loucedé et d'instits/profs qui étaient aussi engagés que la dame au cocos et aux cocottes ont bercé mon enfance...
A contrepied de vous tous, je me souviens moi très precisément que dans mon école primaire, tout le monde payait, meme les enfants... C'etait à la fin des années 80. Des directeurs reactionnaires, ou bien quoi? Peut etre du fait de la taille de l'ecole (une des plus grandes de la ville). Je ne juge pas cet état de fait, mais tenait à préciser que cette facon de voir les choses n'est pas nouvelle.
tarquine> je confirme qu'avec vos précisions je suis d'autant plus choquée par ce que j'appellerais une manoeuvre vexatoire bien ciblée de la part de l'école. j'aimerais beaucoup voir la tête de la directrice ou du directeur quand il/elle lira votre note. hélas, je crains que sa réaction rejoigne celle de la femme ayant nourri des enfants au pain sec et à l'eau dans sa cantine : "on est pas au pays des bisounours, je le referais sans problème, les gens qui s'offusquent ne se rendent pas compte, etc ... " :(
souris> je trouve qu'il y a une grande différence entre faire payer tout le monde et l'annoncer à l'avance d'un côté, et de l'autre côté s'arranger pour que seules les familles n'ayant rien apporté payent, sans les prévenir pour qu'elles puissent choisir d'apporter ou de payer, et en expliquant le jour dit à qui veut l'entendre que si ces familles n'apportent rien, c'est qu'elles comptaient profiter de la générosité des autres parents, ce dont elles seront bien punies.
autant dans un cas ça relève d'un accord commun, autant dans l'autre c'est simplement insultant, grossier, et terrible pour les enfants que leurs camarades ne manqueront pas de stigmatiser à cette occasion ( les enfants sont si charmants entre eux ) .
ce que je trouve nouveau, c'est cette mise à l'écart du pauvre systématiquement malhonnête et "voleur", quelqu'un dont il faudrait se protéger des manoeuvres malhonnêtes, pour qu'il cesse de profiter d'un "confort indécent" qui lèserait les honnêtes gens. j'ai du mal à croire qu'un enfant voulant manger une part de gâteau à la fête de son école soit un profiteur qu'il faut briser.
Mais quel est donc le prix d'un ticket pour qu'il engendre pareille ire...? Je participe actuellement à l'organisation de la première kermesse de l'école maternelle de mon grand et j'avoue ne pas m'être offusqué à l'annonce des "deux euros le carnet de 10 bons". Peut-être suis-je trop jeune pour avoir connu notre chère école républicaine moins avide des deniers parentaux.
Un lecteur assidu et admiratif...
« le prix d'un ticket pour qu'il engendre pareille ire...? +
Je crois que vous n'avez pas bien compris. Je me moque parfaitement du prix du ticket. Ce n'est pas celui-ci qui m'importe.
Trouvez-vous normal que des enfants de l'école regardent les autres manger au prétexte que leur parents sont trop pauvres pour acheter une part de gâteau ?
"Trouvez-vous normal que des enfants de l'école regardent les autres manger ..."
Evidemment non !
Je suis certainement trop naïf.... mais quels parents, copains, copines, enseignants... laisseraient un enfant à l'écart des autres par manque de moyen ? Et honnêtement quels parents n'ont pas 2 euros pour participer à la vie de l'école ?
« mais quels parents, copains, copines, enseignants... laisseraient un enfant à l'écart des autres par manque de moyen ? +
Oui vous êtes parfaitement naïf ! Quel parent va-il se plaindre — devant ses enfants — de n'avoir pas assez d'argent pour leur acheter une part de gâteau ? Aucun : la mendicité ne fait pas partie des actions dont on aime se revendiquer.
Simplement ils ne viendront pas. Ou ils refuseront cet achat à leur enfant et c'est tout. C'est en silence que naissent et croissent ces petites inégalité... si elles étaient criantes, personne n'oserait les ignorer...
Vous êtes à 100 lieues des réalités de ces énormes écoles tentaculaires... ici les parents se côtoient sans se connaître.
Et en ce qui me concerne, je n'oserai jamais offrir spontanément à quelqu'un que je connais pas —ou à son enfant — une part de gâteau, au motif qu'il me semble pauvre. Ce serait la pire des offenses que l'on pourrait lui faire.
« Et honnêtement quels parents n'ont pas 2 euros pour participer à la vie de l'école ? +
Et s'ils ne veulent pas sacrifier ces putains de deux euros qui vous semblent si peu, punissons les enfants ! Ces derniers le méritent bien !
2 euros ? Mais c'est énorme, pour certaines familles... Je me souviens de participations à des sorties (environ 5 Francs), payées en pièces de 10 centimes... D'enfants qui à la cantine gardent leur fruit, en disant "c'est pour maman, elle aime bien les pommes". Et ce n'est pas un jeu. Il y a plusieurs années que l'école dérive vers cette non-gratuité. C'est affligeant. "On n'a plus le droit d'être pauvre, ni d'avoir faim".
j'approuve entièrement la réponse de tarquine, et je dirais même que non seulement les enfants et parents ne réagissent pas pour aider, mais surtout certains de ces mêmes parents parlent devant leurs enfants de ces gens qui " espéraient manger à l'oeil ", qui ont été bien attrapés, leurs enfants s'empressant alors de pourrir l'année scolaire suivante des gamins de pauvres avec des noms d'oiseaux aussi méchants que fréquents, sur ce thème.
personnellement je suis d'accord pour tous les modes de fonctionnement de ces kermesses tant que tout le monde est prévenu pour choisir de s'y conformer ou non, et qu'on y ne fait pas de ségrégation quels qu'en soient les motifs. C'est bien la dernière chose qu'une école doit montrer en exemple à des enfants.
« Et honnêtement quels parents n'ont pas 2 euros pour participer à la vie de l'école ? +
Et s'ils ne veulent pas sacrifier ces putains de deux euros qui vous semblent si peu, punissons les enfants ! Ces derniers le méritent bien !
En lisant je me suis dit qu'on laisse beaucoup de choses passer parce que "ce n'est pas si grave", "ce n'est pas tant demandé" etc ... Et ainsi on écorne un peu plus des droits fondamentaux basés sur des principes tel que l'égalité en l'occurrence. Il y a des enfants pauvres, vraiment pauvres, en France, ça existe même si ça fait mal, ça c'est une réalité à laquelle il faut savoir se confronter.
Mais nous entrons dans une aire de bouc émissaire désigné, dans une aire ou l'on tente de nous faire croire que ce qui est dû est en fait une récompense au mérite.
Et dans ce genre de procédé ce qu'on dit c'est que ces enfants ne méritent pas une part de gâteau. C'est ça qui est injuste et indigne et qui me donne la nausée.
Est ce si grave si quelques parents profitent et font bouffer gratos leurs enfants ? Même si ils en existent des paresseux, est ce que c'est vraiment grave ? Dans la société, c'est ainsi il y en aura toujours pour abuser le système, mais nous faire croire qu'ils sont la règle c'est nous prendre pour des C***. Est ce qu'il n'est pas tellement plus important de s'assurer que chaque enfant puisse manger... Oui tout cela c'est une question de principe et de priorité.
J'ajoute qu'on n'a pas touts les même principes et c'est bien pour cela que ce genre de situation existe. La droite décomplexée a des principes par exemple, et la situation dans cette école doit certainement lui paraitre légitime. C'est sur des principes qu'on s'opposent.
olala les fautes !! pardon Tarquine mais pendant que j'écrivais ma merveille s'est réveillée et ma concentration c'est dissipée ;-)
Vous avez entièrement raison et je partage tous vos dire !!!
Pour un petit débat il faut un diable je veux bien pour cette fois en être l'avocat. Je me rend compte grâce à votre billet que je suis complètement passé à côté lors des réunions d'organisation sur le "deux euros le carnet de 10 bons" ! J'enrage de n'avoir pas réagit à votre image et j'en cherche les raisons.
Alors oui trois fois oui il est inadmissible que les enfants patîssent du manque d'argent de leur foyer dans l'enceinte de notre belle école républicaine. Mais je ne comprends pas pourquoi ces diatribes contre des quelques parents qui prennent sur leur temps pour "mal" organiser cette fête annuelle. Alors que quotidiennement le budget famillial transpire dans la cours, pendant le gouter, le matin lors du traditionnel jus de fruit, lors des quelques trop rares sorties, lors de l'achat de DES photos de classes (6 euros la photos), ...
De plus vous parlez d'une malheureuse par de gâteau mais quant est-il pour les enfants qui n'auront pas de bons pour jouer ?
Evidemment on en rêve tous d'une école égalitaire. Evidemment oui tout ce qui va dans le sens d'une école non "fric ségrégante" est le bienvenue... peut être devrions nous rendre tous ces petits achats quotient familial dépendant !!?!
Pour la kermesse de mon grand je vais être responsable de la vente des tickets...
Pour la kermesse de mon grand je vais être particulièrement vigilant envers les enfants en mal de tickets...
pmit, il ne s'agit pas de culpabiliser les parents bénévoles, loin de là, mais il est intéressant de réfléchir ensemble aux présupposés que nous avons tous, et parfois, il est nécessaire de les remettre en cause.
Bénévole, je le suis moi aussi, et dans ce cadre je côtoie des familles en situation de grande précarité. Pour elles, le problème, avant même de débourser 2 euros pour une part de gâteau ( plus 2 euros pour une canette de soda et encore 2 euros pour la partie de pêche aux canards... multiplié par le nombre d'enfants...) c'est de faire le gâteau. Parfois elles vivent dans un lieu minuscule, elles cuisinent sur un butagaz. Souvent elles vivent au jour le jour, et planifier l'achat de denrées à cuisiner n'est pas aisé pour tout le monde.
Toutes les mamans ne sont pas des cuisinières comme dans Pomme d'Api. (Cette image de la maman bonne cuisinière me défrise un peu, j'avoue)
La grande pauvreté se caractérise par le manque d'argent, mais pas seulement. Le sentiment d'exclusion naît quand une personne se sent disqualifiée dès l'annonce des règles : je ne peux pas, je ne sais pas faire un gâteau, alors on n'ira pas, je n'ai pas assez d'argent pour que mes enfants goûtent et s'amusent alors je n'y vais pas. Et au fil des ans, bien ancrée, se transmet l'idée que "la fête de l'école, ce n'est pas pour moi".
Un parent qui va à la fête de l'école et qui passe un bon moment sera d'autant plus à l'aise le jour où il/elle devra rencontrer l'instit de son enfant. Trop souvent encore, l'Ecole est vue comme un lieu incompréhensible, qui édicte des règles difficiles à suivre, et qu'on essaiera alors d'éviter, en gardant l'enfant avec soi.
Il n'y a pas de sentiment de culpabilité à nourrir, mais ça vaut la peine que tous les gens de bonne volonté (parents, corps enseignants...) se posent la question de savoir comment ils accueillent les plus démunis, y compris à travers les activités péri-scolaires.
personnellement je ne fustige pas les parents mais le personnel de l'établissement. si certains des parents sont trop aveugles, égoïstes ou désagréables pour ne pas comprendre que certains n'amèneront pas de gâteau parce qu'ils ne PEUVENT pas, il est impensable en revanche que le personnel directeur entérine cette façon de faire et l'autorise pour le jour dit.
il m'étonnerait beaucoup que lors des réunions de préparation on ait pas vu les enfants très pauvres, en effet. ce qui ne m'étonnerait pas non plus hélas, c'est qu'on ait pensé qu'ils le sont par choix et par paresse, et de cela, on a voulu les punir. toute la différence est là.
ça fait longtemps que j'étais pas passé lire votre blog. J'en reviens rarement déçu.
Par chez moi les kermesses sont organisées par l'association des parents, qui vend les gateaux fait par les parents. A tous même ceux qui ont mis la main à la pâte. Ce ne sont pas les enseignants qui s'occupent de ça, eux font juste le spectacle avec les petitoux.
Les différences se voient le plus au gouter: les enfants de cadre sup ont droit au pain-chocolat, les autres aux sucreries en sachets individuels. Aussi dans les activités péri-scolaires (sport danse musique): il y a ceux qui en font, et ceux qui n'en font pas.
A la kermesse de l'école maternelle de mon fils, on apporte des gâteaux ou boissons, et on paie (50 cts) si l'on veut consommer. Il m'est arrivé de payer pour des gâteaux que je venais de déposer sur la table. Rien n'est gratuit. En revanche, les enfants gagnent des petits cadeaux aux jeux. En outre, on n'a eu aucun cadeau pour la fête des mères, aucune des trois années de maternelle.
Liberte (ouais....), Egalite (Hein?...), Fraternite (Quoi?...), mais ou va-t-on? Bon j'ai la part belle puisque je n'habite plus en France depuis bientot 14 ans. Mes enfants sont scolarises dans des ecoles anglaises, privees car le public....bon je passe mais vous feriez bien de venir faire un tour de ce cote-ci de la Manche car vous en apprendriez des choses! Bref ici la fete de l'ecole est plutot du style "Petite Maison dans la Prairie", la plupart des gens mettent la main a la pate. Bien sur les enfants mangent et boivent a volonte...et gratuitement, mais bon etant deja selectionnes a la base peu d'entre eux ont le ventre vide. Certes il m'a ete difficile d'accepter de mettre mes enfants dans ces ecoles, mes visceres republicains s'en sont retournes. Pourtant il y a un certain sens de communaute, que j'aime bien. Ici rien n'est acquis, si on veut quelque chose il faut retrousser les manches et aider. A titre d'exemple, dans certaines ecoles publiques, il n'est pas rare de voir les parents passer un weekend a repeindre l'ecole..... Avez-vous jamais vu cela en France? Moi, jamais. Enfin je pourrai en parler pendant des heures. Le liberalisme de Blair (oui il est plus liberal que democrate) a transforme le pays, parfois en mieux, parfois en pire, les exemples seraient nombreux, mais celui de l'ecole est trop violent pour etre passe sous silence. Et quand on pense que facilement 80% des anglais ne savent meme pas ce qu'est un adjectif.... de quoi vous donner la chair de poule. Biosus britanniques, si vous me permettez.
Je n'ai rien à ajouter d'intéressant ni de constructif, mais ce billet fait salement écho en moi, alors bon. Je voulais juste le dire. Merci, Tarquine, pour ton indignation.
Sinon mon papa était directeur d'école, lui aussi. Quand on allait en classe de mer, qu'il faisait chaud et qu'il y avait un marchand de glaces, il offrait de sa poche une glace à tous les mômes, y compris à ceux qui avaient assez d'argent de poche pour se l'offrir. Comme ça, pas besoin de "repérer" les (nombreux) gosses de pauvres qui en avaient vraiment besoin, et surtout, pas d'humiliation pour eux à recevoir ainsi ce présent.
P'tain, j'étais vachement fier de lui, moi.