C'est vrai qu'ils m'exaspèrent ces arrogants et leur ostentation à brûler les feux rouges déployant plus d'énergie à se faire voir qu'à s'aviser du danger. C'est vrai que la morgue et la suffisance qu'ils prodiguent à foncer sur les piétons les a tant envahis qu'ils ont même oublié qu'ils ont eu 4 ans et qu'ils ne marchaient pas toujours dans les clous, ils ont oublié que sans leur biclou, ils sont comme eux. Fantasques, souvent généreux et excédés de ces grossiers cyclistes qui font jouer de la sonnette jusque sur les passages piétons !
Mais s'ils sont visibles, ils ne sont pas légion.
Ils ne sont souvent pas méchants non plus.
Ils sont peut-être excédés par ces piétons qui se jettent devant leur roue, au premier on explique que oui la piste est ici, au second on met un simple coup de sonnette, au troisième qui entend bien ne rien céder de son trottoir on se lasse, c'est humain.
Et malheureusement ceux qui vous sourient sont toujours plus silencieux que les querelleurs qui vous tiennent personnellement responsables d'aménagements urbains confinant à la niaiserie.

Mais il y a quelque chose que les autres usagers ignorent...
C'est qu'à notre égard, le code de la route est optionnel.
Sur un vélo nul ne vous fera le crédit d'une priorité à droite,
Sur un vélo on vous reprochera d'avoir l'outrecuidance d'aller tout droit !
La loi du plus fort vous obligera à dévier votre route si le voeux de votre voisin motorisé est de tourner à droite.
La loi du plus bête vous invectivera au prétexte que vous n'avez pas fait allégeance à la conductrice qui venant en face entendait tourner à gauche.
Vous apprendrez à détester les stationnements en double file qui vous jette dans le flux circulatoire plus sûrement qu'un lance-pierre.
Oublier les sas vélo qui décorent la chaussée, même les véhicules de police s'en affranchissent !
Jamais nul procès-verbal ne sera dressé.
Jamais de conducteurs sermonnés pour ces menus contraventions qui nous mettent pourtant en danger.
Alors on apprend.
On dresse nos propres règles.
On s'arrête derrière les feux, parfois on ne s'arrête pas non plus mais la norme doit alors être la discrétion...
A défaut d'être muni d'un moteur pétaradant on découvre combien il est important de se faire voir et tant pis si vous prenez pour de l'arrogance ce qui n'est que de la survie.
Et contrairement à ses plus vils détracteurs, faire du vélo dans Paris n'est pas un raid mortifère. Il y fait bon rouler. Peut-être moins pourtant depuis que les pistes fantaisistes ont remplacé les couloirs de bus élargis.

Simplement cela me lasse d'entendre les bien pensants mettre en exergue l'attitude des cyclistes quand ils ignorent tout de notre quotidienne réalité.
Dans le grand panier d'osier qui surplombe ma roue avant, il y a toujours un appareil photo... alors je me suis dit que j'allais vous en donner un aperçu désormais...