Suave mari magno
Dernier étage et la pluie qui s'abat sur le toit,
tapageuse,
venteuse et impérieuse. Depuis la chaleur de mon lit je me
réjouis d'être plus plus frileuse que jamais.
Je ne parviens pourtant pas à déterminer
si cette pluie ne serait pas encore plus jubilatoire en
pédalant sous ses traits ! Se couvrir d'eau et noyer sa
sueur. Comme au temps des dimanche matin lorsque l'on allait
détaler en forêt.
Et puis l'odeur de mon oreiller.
L'arôme sucré des mouillés.
Celui-là même que Philomène m'enviait
tant ; tant et si bien qu'elle me les dérobait
effrontément !
Inavouable péché de ceux qui savent encore
apprécier le parfum organique d'un doudou, d'un nin-nin ou
d'un cou, je ne vois pas bien au nom de quoi je cesserai d'y
goûter.
Moulin à café. Grains noirs et luisants.
Grains moulus dont la poussière s'accrochent au bout des
doigts.
Mes enfants sont là et je suis là pour eux.
Et confusément, il y a une petite voix qui me chantonne que
non, décidément, je n'ai besoin de personne.
Suave mari magno,
loc. subst. [P. allus. à
LUCRÈCE, De natura rerum, livre II, 1] Très
doux
sentiment de quiétude, de délectation que l'on
éprouve lorsqu'on se sent à l'abri de
l'agitation, d'un ennui, d'un danger. Tous les dimanches
soirs nous
entendions, à peu de distance, le bruit (...) du bal des
Marronniers. J'aimais assez cela; c'était un plaisir dans le
genre du Suave mari magno (MICHELET, Memor., 1822, p. 208). Le suave
mari magno que nous éprouvons, au milieu d'un bon
dîner, à nous souvenir d'aussi terribles
soirées (PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 490).
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 10/02/2007
Tréfonds et sentiments
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Commentaires
Super ! c'est super de lire ça. Quand ca rappelle ce qu'on connait. Quand ici il ne pleut pas (c'est rare en Belgique), quand on sait aussi parce qu'on a un petit boutchou (ma fille est chez mami a 200km depuis seulement 2 jours et ca fait déjà long, c'est dire) ca fait un bien fou! C'est super beau. Et j'écris super mal aujourd'hui (+je dis super tous le temps - les synonymes c'est pas fait pour les chiens) mais je m'en fiche aujourd'hui. J'aime vraiment bien ton post et il tombe bien. je suis juste content.
Je m'étais pourtant promis de ne pas ouvrir l'ordinateur aujourd'hui, mais l'adagio de Marcello me manquait...et là, je découvre "Suave mari magno" : comme c'est doux et rond sous la langue ! cette page d'exploration des mots est un vrai bonheur. Un immense merci pour tout ces partages.
Je tombe de mon armoire d'ignorance. J'aurais juré jusqu'à ce matin 11h32 que les trois mots latins provenaient de Virgile.
Honte à moi. J'en aurais perdus, des paris, si le pari était venu sur la question.
Les jolis poèmes de Tarquine donnent du fil à retordre aux vieux souvenirs éraillés.
Je prédis le retour des classes de latin !