Dernier étage et la pluie qui s'abat sur le toit, tapageuse, venteuse et impérieuse. Depuis la chaleur de mon lit je me réjouis d'être plus plus frileuse que jamais.
Je ne parviens pourtant pas à déterminer si cette pluie ne serait pas encore plus jubilatoire en pédalant sous ses traits ! Se couvrir d'eau et noyer sa sueur. Comme au temps des dimanche matin lorsque l'on allait détaler en forêt.

Et puis l'odeur de mon oreiller.
L'arôme sucré des mouillés. Celui-là même que Philomène m'enviait tant ; tant et si bien qu'elle me les dérobait effrontément !
Inavouable péché de ceux qui savent encore apprécier le parfum organique d'un doudou, d'un nin-nin ou d'un cou, je ne vois pas bien au nom de quoi je cesserai d'y goûter.

Moulin à café. Grains noirs et luisants.
Grains moulus dont la poussière s'accrochent au bout des doigts.

Mes enfants sont là et je suis là pour eux.
Et confusément, il y a une petite voix qui me chantonne que non, décidément, je n'ai besoin de personne.

Suave mari magno, loc. subst. [P. allus. à LUCRÈCE, De natura rerum, livre II, 1] Très doux sentiment de quiétude, de délectation que l'on éprouve lorsqu'on se sent à l'abri de l'agitation, d'un ennui, d'un danger. Tous les dimanches soirs nous entendions, à peu de distance, le bruit (...) du bal des Marronniers. J'aimais assez cela; c'était un plaisir dans le genre du Suave mari magno (MICHELET, Memor., 1822, p. 208). Le suave mari magno que nous éprouvons, au milieu d'un bon dîner, à nous souvenir d'aussi terribles soirées (PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 490).