La fugitive heure du ponant
Morphée flirte et puis s'esquive. Alors je reste
là avec mon chat.
Fantômes et squelettes tels patrouille et sentinelle.
Ils guettent et protègent ce délicieux silence.
Ce merveilleux néant où les questions
s'éparpillent pour mieux mourir en paix.
Cet éther où faute de proies les
démons calanchent sans éclat.
Crépuscule.
Entre la furie des journées et le coma de mes nuits. Il y a
parfois cet instant-là.
Celui où je cesse de me battre , de redouter ou de pleurer.
Encore que la vie m'a tant repris que ces trois verbes-là
perdent leur éclat. De superbes, ils deviennent
excessifs.
Je ne conserve même plus qu'une colère ou deux
pour me tenir chaud cet hiver. J'ai connu des arsenaux mieux garnis !
Quoi qu'il en soit à cette heure le guichet des ires est
fermé !
Le silence est trop quiet pour tolérer désormais
le moindre cahot.
Il se goûte et s'écoute... Encore un peu.
Encore un instant avant de sombrer...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 31/01/2007
Tréfonds et sentiments
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Commentaires
Ca va avec ce joli mot, ponan, on pourrait se le répéter à voix basse en guise d'apaisement, un mantra venteux et tiède...
encore un peu de silence, juste un peu, pour goûter pleinement la beauté de ces mots, la simplicité du verbe, le dénuement de la plume. je ne me lasse de vous lire, de vous admirer, secrètement. pourtant aujourd'hui je vous le révèle, je lève mon chapeau à cette femme, vous, cette belle Tarquine à qui j'aimerai ressembler, quand-ch'rais-grande-et-qu'l'enfance-ce-s'ra-barrée-de-moi-un-peu-trop. je vous embrasse, vous et les Tarquignioles Trognons. a bientot
ponant... paume... baume... pommant... poumon... poumpoum... poumpoum... poumpoum...
Vous êtes plus en vie, plus vibrante, plus belle et plus battante que n'importe qui d'autre, du moins c'est comme cela que je vous "vois", et surtout, que je vous lis.
Vos fantômes sont nos cauchemars ; de l'un à l'autre il n'y a qu'un pas, ô combien douloureux, mais bel et bien qu'un seul pas.
Audrey. Je suis quelqu'un de très ordinaire. C'est ma vie qui l'est moins. Encore que je connais nombre d'anonymes sont passés par des chemins terribles ou singuliers. Les mots sont un prisme. Un peu comme ces tragédies antiques que l'on ne lis plus trop désormais. Moi je voulais être Antigone... Quelle connerie ! Ne vous trompez pas. Ce ne sont que des mots. Et comme je les choisis avec une minutie qui confine à l'âpreté, ils ont tôt fait de me déguiser...