Poèmes à dévorer, à rire, à pleurer, à jouer et surtout à aimer !
Se relèvent la nuit
Et parlent toute seules
Faible remuement
De remords
De colères
Et de vieilles casseroles
Dans le secret du temps
Toutes ces choses tues
Se relèvent
Et nous tuent

Ce poème de Lise Mathieu
est extrait de son ouvrage Le bonheur ne dort que d'un œil

J'ai une confidence à vous faire, en règle
générale hormis celle de Monsieur Charles
Baudelaire, je n'aime pas beaucoup la poésie.
J'apprécie les vieux vers que fredonnaient mes parents,
quelques rares poèmes de Rimbaud et puis c'est à
peu près tout.
Et puis ce soir, on m'a confié ce précieux
ouvrage.
Je l'ai ouvert.
Et je ne l'ai plus quitté.
C'est la plus belle chose que je n'ai lu depuis des années.
Un écrin soyeux — Une encre tendre — Une
plume acérée d'humanité.
Un recueil précieux de lumière
Celle qui éclaire au plus près et celle qui
réchauffe au plus profond
Un joyau...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 10/01/2007
Veuve Tarquine bouquine
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Commentaires
Moi non plus, je ne suis pas une grande amatrice de poèmes mais l'extrait que tu as mis est trop attirant pour passer à l'oubli et je vais essayer de me procurer ce livre, on ne sait jamais, je craquerai peut-être aussi!
A propos : ne pas aimer la poésie, ne pas aimer le jazz, ne pas aimer tout court... au tout début de la création de la journée de la poésie une compagnie de théâtre (au sein de laquelle je travaillais comme technicien) avait enregistrée plusieurs poèmes, au travers des siècles, sur le thème de l'amour. Croyez moi du "cantique des cantiques" à "l'union libre" de Breton (que vous pouvez écouter) sous des formes d'écritures multiples musique et signification des mots sont toujours émouvants.
(sur Rimbaud un ami écrivain vient de publier "la semelle de Rimbaud")
Mais comment c'est possible de ne pas aimer la poésie quand on sait si bien faire chanter les mots ? C'est pas croyabe !
Pourquoi ne pas tenter la lecture d'Odilon-Jean Périer (1901-1928) ?
"... Comme la mer unit une facile plage, Comme d'une amoureuse on lisse les cheveux, Un instant sage encor, sage et silencieux, Je contiens ma chanson, ma fortune ignorée... Mais elle s'est de moi doucement détachée ; Les mains vides, j'entends se perdre ses oiseaux... Libre et seul, je connais le prix de mon repos : Quelle paix sur ma ville et quel air d'innocence... Mes vers portent en eux leur pure récompense."
Mmmh, je ne sais pas si la magie de ce poème ressort à partir de cet extrait. Et puis, c'est un poème qui parle d'un lieu qu'il faut connaître pour le reconnaître...
En tout cas, voici la référence: http://poesie.webnet.fr/auteurs/perier.html
C'est vraiment en toute franchise que j'avoue être peu sensible à la quasi totalité de la poésie que je lis, et notamment aux vers que vous citez. Il ne s'agit en aucune façon d'un jugement de valeur. Simplement ils n'éveillent rien chez moi
Il faudra un jour que je détaille pourquoi j'en aime certaines et non d'autres. Cela a trait principalement à la sonorité des mots et à leur rythme, aux tons qu'ils ont quand on les aditionne, quand on les confronte et les articule. Mais encore une fois il ne s'agit que de mes propres goûts.— VT
Et bien moi je pourrais pas vivre sans ... Merci beaucoup d'avoir partagé cet auteure que je ne connaissais pas. Je m'en vais de ce pas vers une librairie finir de dépenser ce qui me restait de sous...
Merci pour la confidence et le partage. La poésie est l'art difficile de faire surgir les images d'un foulard de mots... Lise a ce pouvoir, à l'évidence.
Merci de nous livrer ces quelques mots. Chez moi ils résonnent aussi (la visite d'un vieux démon, aujourd'hui...).
Ce poème de Lise Mathieu fait étrangement penser au Sultan de Salamandragore, de Jacques Prévert, que vous devez connaître... "Dans les montagnes de Cachemire Vit le Sultan de Salamandragore Le jour il fait tuer un tas de monde Et quand vient le soir il s'endort Mais dans ses cauchemars Les morts se cachent et le dévorent..." La suite est à l'avenant, délicieuse.
Et cette phrase, de René Char : "Etre du bond, n'être pas du festin, son épilogue"
Quoi qu'il en soit, continuez à nous enchanter avec vos mots à vous !
Je le relis ce poème, et je le trouve effectivement très beau. Il me donne envie de replonger dans l'analyse de texte. Comprendre les ressorts littéraires qui font sa réussite. Il est simple, il n'y a que des mots simples, et bien que trop souvent hermétique, je suis une adepte de la simplicité, en poésie.
Faible remuement... Me rappelle un vers de Rimbaud justement (dans "Les poètes de sept ans") il aimait la prairie amoureuse.... Où des herbes... Font leur remuement calme et prennent leur essor".
"Se relèvent la nuit / Et parlent toutes seules" - c'est magnifique aussi.
J'ai découvert ce poème chez Pierre - qui fait le lien vers votre journal.
Que de jolies choses il y a dans les blogs. Comme je regrette de ne pas mieux connaître les personnes qui consacrent leur temps libre à quelque chose de beau et d'intéressant. Il faudrait un jour qu'une délégation bruxelloise se rende aux Paris Carnets...
moi j'ai l'impression de lire des poèmes chaque fois que je fais un tour sur ce blog...
Chère Vt, bien que lectrice en mode muet depuis bientôt deux ans (eh oui déja!) je ne peux aujourd'hui vous laisser dans l'ignorance de Wislawa Szymborska, (prix nobel 1996) dont acte:
Contribution à la statistique
Sur cent personnes: sachant tout mieux que les autres : -cinquante deux,
incertains de chaque pas : -persque tous les autres,
prêts à aider : -quarante neuf, pas mal,
bons toujours, parcequ'incapables de faire autrement: -quatre ; d'accord,peut-être cinq,
prêts à admirer sans envie : -dix-huit,
poussés à la faute par cette jeunesse qui passe vite: -plus ou moins soixante,
avec qui on ne plaisante pas : - quarante et quatre,
vivant toujoursdans l'angoisse de quelqu'un ou de quelque chose : - soixante dix-sept,
doués pour le bonheur : - tout au plus vingt et quelque,
inoffensifs quand seuls, sauvages dans la foule - plus de la moitié, c'est sûr,
cruels lorsque les circonstances les y obligent : -ça , il vaut mieux l'ignorer, même approximativement,
arrivés quand le mal est fait : - pas plus qu'avant
ne prenant rien à la vie hormis des choses: - trente, mais j'aimerais me tromper,
recroquevillés ,endoloris, sans lampe de poche dans les ténèbres : - quatre vingt trois, tôt ou tard,
justes : - pas mal, au moins trente-cinq
mais ajoutez à cela l'effort de comprendre : - trois
dignes de compassion : - quatre-vingt-dix-neuf,
mortels : -cent pour cent.
Chiffre qui, pour l'heure, n'a pu être modifié.
:-)
C'est tout simplement magnifique... que dire de plus ?
Parfois mieux vaut se taire !
Je lis également peu de poèsie, et si j'en écris parfois cela reste assez rare. Un livre toutefois a retenu pour longtemps mon attention, un peu comme celui que vous citez l'a fait pour vous. Il s'agit d'un recueil de Colette Nyz Mazure, intitulé Feux dans la nuit. Le premier poème qui y figure, notamment, est une pure merveille.