Je les fais défiler une à une d'un quart de scroll de souris. Précis et sec mouvement de l'index sur lequel se cale l'œil censeur.
Je les jauge et je me juge aussi : pas une seule ne me plaît. Toutes bonnes à jeter.
Et je ne verse même pas dans le simulacre d'en accuser mon Canon...

Je les couche une à une. Et elles me donnent la nausée, ces phrases alambiquées.
Trop mièvres, trop chialeux ces mots que je déguise en boniment.

Je me déteste d'être la proie de démons que je nourris grassement.
Je me déteste d'être à la merci d'un cœur aussi obtus qu'ahuri.
Il faudra donc qu'il saigne tellement pour qu'elle se réveille ma hargne salutaire et qu'elle ouvre enfin les yeux de cet abruti d'organe amputé de toute sagacité ?

Je me déteste de n'être plus que mon seul sujet.
L'insecte est insigne sous un microscope...

Je vais regarder grouiller les pages des livres. Si mes démons m'en laissent l'esprit.
Parce que le drame de ces états-là c'est que surtout pour soi, qu'on devient son seul sujet...
Et je ne connais rien de plus pitoyable...