Il n'y aura pas de papa pour Tarquinou.
Je ne sais pas bien pourquoi.
Sans doute parce que je ne veux pas.
Ou parce que je ne sais pas faire les bons choix.
Sauf que les choix j'ai l'impression que je n'en ai pas.

J'aimerai pourtant planifier ma vie comme un épicier soucieux de sa comptabilité.
Je ferais des additions.
J'en tirerais un résultat.
Je n'oublierais pas de compter les intérêts.
Et de tout cela j'obtiendrais un nombre parfait !

Mais calculer ma vie, je ne sais pas.
Comme s'il fallait que je me résigne à en être l'objet plutôt que le sujet.
Il n'y aura pas de papa pour Tarquinou malgré le désir qu'il en ait.

Et quant à moi je me résous à prendre la vie en pleine poire, à me faire ballotter par elle, beaucoup trop loin de la raison.
Je ne sais pas trop où le courant me mène.
En eaux troubles, j'en suis certaine.
Ma seule boussole c'est de croire qu'un jour elle se réveillera.
C'est de penser qu'elle veille sur moi, ma colère légendaire.
Et qu'un jour, elle sera là, ma rage, pour me tirer de ce mauvais pas.
Qu'elle me sortira de cette glauque résignation où je ne me reconnais pas.
Je l'espère tapie près de moi.
On a les vœux qu'on peut, à défaut d'avoir le nez creux...

Et puisque j'y suis je peux dire aussi que maintenant je lui en veux.
Je lui en veux de m'avoir laisser comme ça.
Le coeur en vrac.
Par trop fragile.
Qu'il m'a tant aimé que je suis mal armée.
Que je l'ai tant aimé que je me sens estropiée.
Moi je ne comprends rien à ces histoires de cœur.
Avec lui c'était tellement facile.
Avec lui j'étais tellement heureuse, tellement confiante et tellement sereine.
Je ne sais pas ce que le temps nous aurait réservé.
Nul ne le sait.
Mais rien ni personne ne pourra m'enlever tout ce bonheur partagé.
Putain, pourquoi faut-il que ce soit si compliqué maintenant ?