crépuscule

Mon Tarquari, chat revêche de son état, se blottit contre moi avant même que je n'ai le temps de me tapir sous ma couette.
Fi de chaleur, croisées ouvertes, moi je cultive les frimas, les froidures qui justifient qu'on multiplie les épaisseurs et qu'on se rencogne au plus profond du lit.
J'attends le matin.
Un autre jour déjà.
Alors j'attends leur éveil.
Je guette le souffle de leur sommeil, les mouvements de leur paupières, les froissements de leur peau.
Je devine qui sera debout le premier.
Son pied n'aura à peine le temps de se poser à terre qu'il est question de livres qu'on raconterait pelotonnés contre Maman, d'oreiller qui ne serait plus surnuméraire et de grabat trop large qu'on occuperait enfin.
Je ne sais plus me réchauffer qu'à la lumière de mes enfants.
Et je me connais assez pour savoir que me concentrer sur l'essentiel n'est jamais anodin.
Je suis trop lasse pour me bercer d'illusions.
D'une lassitude qui m'étreint au plus profond, au plus étroit et au plus fort.
Je sais très bien ce dont j'ai besoin.
C'est plutôt humain, c'est plutôt commun.
Je crois même que c'est assez banal.
Enfin ça l'était pour moi jusqu'à ce que je mesure le poids de son absence.
Parfois j'aimerai imaginer qu'il reste sur terre une personne qui sache prendre soin de moi et qui ne soit pas mort...
Il va peut-être être temps de revoir mes choix...
La lassitude qui m'enserre est de celle qui me rende lotophage, implacablement liquide ou bien Blanquette, celle qui voulait tant faire comme la Renaude.
Pour l'heure elle m'épuise tant qu'elle me protège : point de démons, point de questions.
Je ne le sais que trop bien, le pilote automatique — premier choix du menu déroulant "mode survie" — se déclenche sans même qu'il soit besoin d'effleurer la moindre touche.
Mais en dépit de tout cela, je sais surtout qu'il est temps pour moi d'accepter que se serait pas nécessairement indécent s'il se trouvait quelqu'un qui penserait parfois à prendre soin de moi.
Pas beaucoup... juste un peu...