On a toujours le choix.
On a le choix de ne pas subir.
On a même celui de rester maître de sa vie.
Même face à l'innommable. Je le sais.
Alors parfois, je ferais bien de m'en souvenir plutôt que de laisser mes démons me gouverner.



J'ai nettoyé mon ordinateur.
J'ai vidé mes téléphones portables.



Pour l'heure je laisse sans plus de manière mon épuisement et ma lassitude combattre ma mémoire vive.
Et peu m'importe de savoir ce qu'il ressortira de ce duel.
Je suis bien trop rompue pour m'en préoccuper.

Brisée à nager dans un univers trop incertain pour moi.
Les écheveaux ténébreux font de moi un être si tourmenté qu'il devient intolérable à moi-même.
Alors je ne suis plus.



J'ai nettoyé mon ordinateur.
J'ai vidé mes téléphones portables.



Je vais déjà me souvenir d'où je viens.
Du chemin que j'ai fait.
Mais surtout de ces souffrances qu'on oublie jamais tout à fait.
Alors de ridicule mes paniques vont se couvrir.
Sans doute. Peut-être.



Et puis, Tarquinou avec un à propos qui n'appartient qu'à lui me déclame soudain que je suis « la plus belle des mamans +.
En rajoutant qu'il est mon amoureux.
- Je ne sais plus qui est mon amoureux, Tarquinou.
- Mais je sais que ce ne sera jamais toi.
- Toi tu es bien plus que cela mon amour.



Je vais déjà me souvenir d'où je viens.
Je vais aussi m'emparer de cette insondable lassitude.
Je vais m'y engloutir.
Je vais m'y dérober.
Je vais fuir.
Un instant ou plus longtemps. Je ne sais.
Là il me faut survivre.
Après je réapprendrai à sourire, peut-être à rire, et puis peut-être qu'un jour je saurais vivre loin des énigmes que j'abomine autant qu'elles me minent.
Cela m'est déjà arrivé.
Un temps seulement.



- Oui Tarquinou, je pleure pour papa.
- Je pleure aussi pour lui.