Souveraine et lotophage ou l'improbable illusion.
On a toujours le choix.
On a le choix de ne pas subir.
On a même celui de rester maître de sa vie.
Même face à l'innommable. Je le sais.
Alors parfois, je ferais bien de m'en souvenir plutôt que de
laisser mes démons me gouverner.

J'ai nettoyé mon ordinateur.
J'ai vidé mes téléphones portables.

Pour l'heure je laisse sans plus de manière mon
épuisement et ma lassitude combattre ma mémoire
vive.
Et peu m'importe de savoir ce qu'il ressortira de ce duel.
Je suis bien trop rompue pour m'en préoccuper.
Brisée à nager dans un univers trop incertain
pour moi.
Les écheveaux ténébreux font de moi un
être si tourmenté qu'il devient
intolérable à moi-même.
Alors je ne suis plus.

J'ai nettoyé mon ordinateur.
J'ai vidé mes téléphones portables.

Je vais déjà me souvenir d'où je viens.
Du chemin que j'ai fait.
Mais surtout de ces souffrances qu'on oublie jamais tout à
fait.
Alors de ridicule mes paniques vont se couvrir.
Sans doute. Peut-être.

Et puis, Tarquinou avec un à propos qui n'appartient
qu'à lui me déclame soudain que je suis « la plus
belle des mamans +.
En rajoutant qu'il est mon amoureux.
- Je ne sais plus qui est mon amoureux, Tarquinou.
- Mais je sais que ce ne sera jamais toi.
- Toi tu es bien plus que cela mon amour.

Je vais déjà me souvenir d'où je viens.
Je vais aussi m'emparer de cette insondable lassitude.
Je vais m'y engloutir.
Je vais m'y dérober.
Je vais fuir.
Un instant ou plus longtemps. Je ne sais.
Là il me faut survivre.
Après je réapprendrai à sourire,
peut-être à rire, et puis peut-être
qu'un jour je saurais vivre loin des énigmes que j'abomine
autant qu'elles me minent.
Cela m'est déjà arrivé.
Un temps seulement.

- Oui Tarquinou, je pleure pour papa.
- Je pleure aussi pour lui.

C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 18/07/2006
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Câline Céline pour chagrine Tarquine...
Juste pour vous dire que je pense à vous, sans vous connaître, juste un peu à travers un parcours de votre blog, mais je pense à vous, je voudrais bien faire plus mais les mots manquent.
Plonger dans sa mémoire et retrouver tout au fond les souvenirs d'antan.
Tout doucement, les faire remonter à la vie d'aujourd'hui, comme on hisserait du fond des mers un trésor oublié.
S'appuyer sur eux pour reprendre de l'élan, un tout petit peu, de quoi vivre au moins jusqu'à demain...
Si on a de la chance, après-demain...
Bises évaristiennes.
Je me permets de faire un petit lien afin que le badaud qui n'ose demander apprenne ici ce qu'est un lotophage
Où j'apprends que ce sont des mangeurs de lotos ! (des billets ? drôle de régime alimentaire).
Merci Sam, je n'en savais rien et où au passage je glisse des bises pour Tarquine (....dans des billets de lotos => mieux que les pattes de lapin, c'est pour porter chance)
Merci Samantdi, je vivais moi aussi dans l'ignorance. Tout comme Vroumette je les aurais bien vu manger (ou remplir) des grilles de La Française ...
Tarquine, billets après billets je retrouve mes propres pensées en bien mieux exprimées et quoique nos circonstances, pour ce que tu en laisses deviner soient bien différentes. Mes malheurs sont plus faibles et se sont atténués, me restent ceux des chagrins liés aux sentiments. Quand je te lis, j'ai honte de mes faiblesses. Et puis aussi : je me sens moins seule, un peu.
A propos de lotophagie :
Baudelaire / Le Voyage
J'écris des mots alors que c'est un silence respectueux que j'aurais voulu laissé ici.
Merci à vous de mettre en si bon ordre les mots sur ce morcellement, ce sentiment d'irréalité, cette difficulté à être tout simplement, une.
Parfois, je souhaiterais être dépossédée de tous mes souvenirs, même ceux des temps heureux, pour ne plus pleurer, mais que serais je alors ?
Bien amicalement.
Première fois que je laisse un mot ici... et évidemment, ne pas savoir quoi dire, sinon que ce blog m'a aidée, m'aide, qu'écrire ici est une façon d'aider aussi, peut-être, je n'en sais rien... Je ne trouve pas mes mots.
Juste que ce que je lis ici, souvent, m'a émue, fait pleurer, et que malheureusement, en ce moment, me renvoie à certaines choses que je ressens trop. Me fait aussi sentir très faible à côté de vous : vous êtes forte, ça n'aidera sans doute à pas grand chose de dire cela, on vous l'a dit 1000 fois, et je vous admire.
Merci.
Le passé est le passé, il faut vivre le présent sans pensé à l'avenir et surtout aimer ceux qui vous sont proches. C'est la seule solution que j'ai trouvé (elle marche un peu pour moi). Je suis de tout coeur avec vous VT. Amicalement.
Chagrine Tarquine,
Je vous envoie de bien belles pensées amicales du superbe bord de mer de Brives la Gaillarde, enfin de l'hôtel où je peux me connecter pour surfer quelques instants.
Je vous l'ai dit, superbe bord de mer ;-)
Je pense bien à vous.
tres tres joli texte comme je les aime plein de sensibilité et vécu...