Fatigue et crobes. J'oscille entre le DVD qui m'abrutira du fond de mon lit et la plume qu'on trempe dans les souvenirs trop brillants, ceux qui vous interrogent sur ce qu'on l'est en train de foutre de sa vie ; ceux qui vous rappellent qu'un jour on tenait le bonheur entre ses doigts et qu'on en doutait pas.
Fatigue et crobes, d'humeur mi-maussade, mi-déterminée, de celle qui vous font faire le ménage dans votre vie.
Entre fatigue et crobes, on se rassure comme on peut d'avoir su écarter certain vénéneux, piètre victoire quand on connaît le degré de leur toxicité, par nature incompatible avec toute forme de vie humaine.
Entre fatigue et crobes, on a beau avoir perdu ses proches, on a pas encore oublié leur fierté et leur amour. Alors on s'appuie encore un peu sur eux pour se réchauffer et aussi se consolider. Ce n'est pas parce que je navigue à vue que je dois oublier la confiance qu'ils avaient en moi. C'est ma rampe à moi. Mon bastingage, mon droit-fil.
Entre fatigue et crobes je sais pourtant bien que jamais je ne me satisferai d'être simplement là, à regarder passer ma vie comme une mauvaise dramatique qui fait chialer la télé. Entre fatigue et crobes, je la regrette pourtant ma vie d'avant, celle où c'était simple d'aimer, où la vie était si droite que j'y avançais sans me poser de questions. Bien sûr que je ne suis pas foutue de faire autrement que de continuer à avancer et que ce n'est pas maintenant que je vais cesser de croquer la vie à pleines dents mais putain, cela n'empêche pas de se demander si l'on est sur la bonne route...