Ce matin, je traversais Condé-sur-Aisne lorsque je l'ai vu, un rien rustique, à jouer à qui mieux mieux entre quelques pignons à pas de moineau.
C'est la première de l'année que j'entraperçois et je suis toujours émue. Parce que mon grand-père allongé dans un fauteuil sous le grand tilleul s'amusait des heures à regarder leur aller-et-venues, parce que mon père les guettait année après année, veillant aux premiers rayons de soleil printaniers à ouvrir les volets de l'écurie laquelle abritait deux ou trois nids que les générations se refilaient, parce que tous les chats qui sont passés par ici filaient ventre à terre lorsqu'il s'agissait de traverser le carré d'herbe où elles attaquaient en piqué.
Et parce que désormais, même si je laisse en toutes circonstances les volets de l'écurie grand ouverts, elles ne viennent plus.
Mais je les guette encore, année après années.