Mutine hirondelle
Ce matin, je traversais Condé-sur-Aisne lorsque je
l'ai vu, un rien rustique, à jouer
à qui mieux mieux entre
quelques pignons à pas de moineau.
C'est la première de l'année que
j'entraperçois et je suis toujours émue. Parce
que mon grand-père allongé dans un fauteuil sous
le grand tilleul s'amusait des heures à regarder leur
aller-et-venues, parce que mon père les guettait
année après année, veillant aux
premiers rayons de soleil printaniers à ouvrir les volets de
l'écurie laquelle abritait deux ou trois nids que les
générations se refilaient, parce que tous les
chats qui sont passés par ici filaient ventre à
terre lorsqu'il s'agissait de traverser le carré d'herbe
où elles attaquaient en piqué.
Et parce que désormais, même si je laisse en
toutes circonstances les volets de l'écurie grand ouverts,
elles ne viennent plus.
Mais je les guette encore, année après
années.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 18/04/2006
De bric en vrac
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Commentaires
en piqué
Tiens les hirondelles, j'aime bien aussi... J'y mettrais la voix de Paco Ibanez, pour chanter ce beau poème espagnol de Gustavo Becquer:
Volveran las oscuras golondrinas en tu balcon sus nidos a colgar, y otra vez con el ala en sus cristales, jugando llamaran;
pero aquéllas que el vuelo refrenaban tu hermosura y mi dicha al contemplar; aquéllas que aprendieron nuestros nombres, ésas… no volveran!...
Traduction: Les sombres hirondelles reviendront suspendre leurs nids à ton balcon, et de nouveau en jouant, elles frapperont de l'aile à ses vitres;
mais celles-là qui ralentissaient leur vol en contemplant ta beauté et mon bonheur, celles-là qui apprirent nos noms, celles-là ne reviendront pas!...
Emotion pour moi aussi hier après-midi j'ai vu "ma" première de l'année. Elle a fugitivement traversé l'horizon juste devant la voiture. J'ai guetté ses soeurs tout l'après midi : mais elle est restée unique. Peu importe : avec l'érable qui déploit ses feuilles juste devant ma fenêtre je sais que le printemps est vraiment là et ça change tout.
Faut en profiter, leur lente disparition n'est pas qu'un impression.
Ben moa, je n'en ai pas vue... Mais j'ai vu des écureuils... (Je sais, je sais, ils n'annonçent pas le printemps, eux... !)
Voilà l'occasion de poser une question relativement essentielle sur les bizarreries de la nature. Mon chat souffre-t'il d'un syndrôme de persécution aigu ou bien serait-il envisageable que les hirondelles n'attaquent de leur piqué que les chats noirs ? Mes observations ainsi que la culture paysanne de ma voisine me pousseraient à croire que les chats noirs ont du commettre un holocauste contre les hirondelles en un temps reculé pour qu'elles leur en veuillent tant. Ou alors elles sont méchamment racistes.
Pour les amateurs d'oiseaux, encore frustés de leur "première" :
http://www.visual-experience.com/index.php?showimage=311
très bô photoblog, mais déconseillé à ceux que la vue d'une fourmie fait tourner de l'oeil...
C'est vrai, les hirondelles nous font rêver, voyageuses et graciles. Par chez moi, on dit qu'elles fuient les maisons inhabitées. Elles reviennent année sur année dans les granges et dans leur nid, mais lorsque ces granges se viedent de leurs animaux, lorsque les gens partent, elles ne viennent plus. Elles aiment le mouvement, la vie humaine dans leur parage.
Nous avons toujours eu le plaisir d'avoir des hirondelles dans la maison mais sur la quinzaine de nids existant dans la remise 2 seulement sont occupés. Plus le temps passe et plus je m'attache à ces oiseaux si gracieux. j'attends avec impatience et inquiétude le jour ou la première va arriver. Mais quel plaisir de les voir s'afférer devant la maison malgrè le chat, le chien et les perruches. Tout ce petit monde cohabite très bien. Quelle tristesse si un jour elles ne revenaient pas.