couverture d'une partition musicale américaine de la fin du 19ème siècle

Le temps de rien.
Le temps où l'on n'a même plus le temps de le compter.
Le temps où l'on cavale, où l'on courre après lui.
Le temps où il n'a plus plus d'importance à force d'être au centre de tout.
Le temps où l'on vit aussi.
Pas forcément bien, mais incontestablement fort.
Le temps où l'on dévale Paris en selle. Même si cela reste une course c'est aussi une retraite.
Celui de sentir le printemps vous fouetter le visage alors qu'aucune feuille n'a encore perçé aux arbres.
Celui de s'amuser à jouer les danseuses pour mieux filer sur le pavé.
Où entre deux voitures on prend enfin celui de penser à ces folles journées, de les goûter,
Et surtout de mesurer toute la force qui m'éloigne du temps passé.
Le temps que l'on a pas, de regretter sa vie d'avant.
Le temps où l'on sait que l'on a quitté un monde pour s'en faire un autre.
Pas forcément meilleur mais qui a le mérite de n'être pas derrière soi.
Un monde qui me fait oublier le précédent aussi heureux que douloureusement abrégé.
Ma vie n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était.
Mes lendemains ne ressembleront en rien à ceux que je croyais miens.
Il m'est impossible de les comparer l'un, l'autre.
Ils sont l'un et l'autre. point.
Pour l'heure je n'ai surtout pas de temps à dépenser afin d'y penser.
Pour l'heure, je me perds dans la course du temps.
Et c'est plutôt bien de cesser d'y penser !