Secrets de livre
Ce soir, je cherchais à livre à raconter,
à rire et à caliner.
Au milieu des ouvrages en tas et en amas, j'ai ressorti l'album photo
de Papa que mes Tarquinets ont annexé avec raison.
Je l'ai ouvert et son magnifique sourire m'a sauté au
visage, comme s'il était toujours là avec son
humour à vous dérider une veuve et une gentillesse
à vous dégoupiller n'importe quel dragon digne de
ce nom.
Tarquinette, sise par terre à côté de
moi s'est soudainement mise alors à balbutier qu'elle ne
voulait pas croire que son papa était mort.
C'est comme s'il était là. Comme s'il allait
venir.
Non ma chérie, il ne viendra plus.
Mais il t'aimait si fort qu'il t'aimera toute ta vie.
Et c'est bien normal qu'on ait l'impression qu'il n'est pas parti.
Parce qu'il nous aimait tant qu'il ne nous quittera jamais
complétement.
On a regardé toutes les photographies.
Une à une.
On a raconté les blagues qu'il faisait.
On a raconté ses facéties et celles que ses
Tarquinets lui faisaient.
Et puis, quand plus personne ne pleurait on a fermé l'album
et il a fallut enfin choisir un livre.
Alors Tarquinou a voulu "Mille secrets de poussins" de Claude Ponti.
Tarquinet invité à choisir le passage du soir a
immédiatement porté son choix sur la page 632.
Dans "Mille secrets de poussins", la page 632 est juste
après la page 126 et juste avant la page 364.
A la page 632, il y a le chapitre : « Est-ce que les poussins
meurent ? »
« Les poussins sont des poussins de livres, ils ne meurent
jamais. C'est impossible. [...] Les poussins n'ont pas peur de la Mort,
d'ailleurs, ils lui font plein de grimasques »
Milles mercis à Vroumette à qui les
Tarquinets doivent ce magnifique ouvrage qui nous a fait hurler de rire
ce soir selon une méthode "brise cafard"
spécial Claude Ponti :
Lire à toute vitesse en articulant parfaitement d'une voix
haute, claire et sonore une phrase longue aux noms
invraissemblables.
Ponctuer chacune d'elle en exigeant que vos enfants s'écrient
en choeur "oui mon colonel".
Puis les sommer de déclamer immédiatement ladite
phrase sous peine des pires tortures chatouillesques.
Les fous rire sont garantis mais pas l'endormissement qui s'ensuit.
Maintenant qu'ils ont rejoint Morphée, je crois que je vais
moi aussi aller retrouver le monde merveilleux de Claude Ponti.
Qui sait ? Peut-être que quelque part dans ce monde il existe
un Tarquin de livres...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 28/03/2006
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Vive Ponti ! (qui vient d'ailleurs de publier à l'Olivier un livre pour les grands (ça rigole moins))
Si d'une certaine manière, j'ai pu participer à une soirée de rire, ça me fait rudement plaisir.
Mais est-ce que j'aurai droit de faire des chatouilles quand même la prochaine fois que je verrai les Tarquinioles, même s'ils ont bien répondu "Oui mon Colonel !".
C'est marrant que vous parliez des livres de Claude Ponti... Mes filles les adorent elles aussi (et moi, j'avoue les lire aussi quand elles ne sont pas là !). Il y en a un vraiment très très beau qui s'appelle "l'arbre sans fin", je ne sais pas si vous le connaissez, mais c'est d'un poésie absolue sur le deuil, du point de vue des enfants. Ma fille aînée, Mathilde, veut le lire tout le temps. Vive Claude Ponti et vive les enfants (pourvu qu'ils ne deviennent pas des adultes trop cons...) Amitiés du Sud.
Un Tarquin de blog me semble bel et bien exister...
Comment fais-tu? Comment fais-tu ça? Vivre, avancer, écrire, regarder des photos, dire ces mots à tes enfants...? Je ne sais pas. Mais c'est beau...
Emouvante Tarquine, qui transmet si bien, larmes et rires, écritures et lectures, force et vulnérabilité, merci.
J'aurais aimé que dans ces moments-là a mère me parle comme cela. Ca n'a pas été le cas.
...
Je te le redis encore et encore : te lire m'apaise, non pas que je sois une survoltée ;-)) mais bon tu me comprends !
A très Bientôt ... Madame ...
Cette fois-ci, je ne tiens plus...parce que l'histoire des tarquinioles est par trop semblable a la mienne, parce que leurs reactions, reflexions et attitudes sont si proches des miennes au meme age, parce que j'avais peu ou prou le meme age que le dernier des Tarquins en circonstances semblales. Je me dis donc que la vie est ainsi faite, et que c'est avec des petits bonheurs qu'on surmonte les grands malheurs. Vous lire me donne du grain a moudre. Merci.
Moi non plus je ne tiens plus.
A chaque passage ici je me dis "c'est elle qu'aurait dû faire un livre, pas moi".
Parce que ma Lolette (le pendant de Tarquinette) me dit toujours "maman, t'as fait un livre" et que je m'échine à la reprendre "on ne dit pas t'as fait, mais tu as écrit un livre". Et qu'en fait je m'en fous complètement. Parce que les enfants qui parlent de faire les choses et donc de les vivre auront toujours raison.
Vous parlez aujourd'hui des papas qui sont plus là et moi des grand-mères qui sont plus là non plus.
Un papa ne meure qu'une fois. Une grand-mère ne meure qu'une fois. Mais une fois c'est quand même trop.
Aujourd'hui j'ai versé des larmes partout sur mon clavier.
Merci.
Pendant la lecture, près des Tarquinioles, j'étais assise par terre à feuilleter l'album et à t'écouter lire....et puis la fin du post. C'est le livre qui se referme. Sensation étrange.
Merci de savoir si bien raconter et conter vos petites choses de tous les jours.
Douce nuit à vous 4.