Je sais dorénavant qu'il y aura d'autres hommes dans ma vie.
Je sais aussi qu'il y aura d'autres sensations.
Je sais encore que le plus dur est derrière moi, que des murs sont tombés et que des voies se sont tracées.
En tout cela, je ne peux que remercier celui que j'appelais mon secret.

Cela n'a pas fait disparaître l'absolue certitude que Tarquin était l'homme de ma vie.
Cela n'a pas affadi la conscience particulière de l'amour assourdissant que je lui portais.
Cela ne me fait pas oublier comment lui savait m'aimer, entièrement, sans faux semblant, avec la plus parfaite honnêteté et sans penser un instant à s'en défendre ou s'en protéger.

Je ne suis pas certaine de ne pas porter toute ma vie le fardeau de cet amour perdu.
Je ne suis pas certaine de savoir aimer comme je l'ai aimé.
Et je suis persuadée que plus jamais on ne m'aimera comme lui savait m'aimer.
Ce n'est pas parce que je m'interdis de poursuivre des chimères perdues que j'en oublie la force et la singularité de ce que nous partagions.
Ce n'est pas parce que je m'interdis de me repaître du passé que j'en oublie la profondeur de ce qui nous unissait.