Enseignement ou fumisterie ?
« Je suis rentrée en pleurs chez moi. J'ai écrit un e-mail à mon inspectrice, persuadée que mes rapports ne lui étaient pas transmis. J'ai ouvert l'ordinateur tous les jours, attendant une réponse. Rien. C'est l'omerta.»
Libération — « Mes trois mois en cours de violence appliquée »
C'est dans les écoles qu'on vous apprend les plus beaux
principes ; à combien se chiffre le nombre
d'exposés dispensés par nos chères
têtes blondes sur la liberté d'expression, le
droit à la sûreté ou la violence
à l'école, devant leurs camarades de
classe et leurs enseignants consciencieux ?
Pourtant, vous avouerez qu'il y a quelque chose de
stupéfiant dans l'énergie
déployée par certains ministères pour
se prêter au safari aux blogs et dans la force de l'arsenal mis en
œuvre pour mieux museler la parole des
élèves et de leurs enseignants
comparées au silence que l'on oppose à certains
appels à l'aide...
Et après l'on vient vous parler du respect des institutions...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 11/01/2006
De bric en vrac
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Commentaires
L'article est frappant, quel témoignage...
L'article de Libé est terrifiant ! On imagine totalement cette ambiance ingérable.
Beaucoup de courage dans ce témoignage et beaucoup de solitude aussi. Le discours sécuritaire d'Iznogood porte bien son nom : Securi- TAIRE !! ça me donne la gerbe !
Il me semble qu'un jour un ministre a qualifié cette institution de mamouth. Dommage que les profs l'aient pris pour eux. Quand on voit ce genre d'événement, difficile de ne pas y repenser !
J'avais lu cet article avec beaucoup d'intérêt.
J'ai été choqué par l'absence totale de soutien que je qualifierais d'indifférence de l'institution pour l'un de ses membres.
Cependant c'est plutôt le témoignage par l'enseignante de ses conditions de travail et l'affirmation de sa volonté de poursuivre néanmoins son exercice qui ont retenu mon attention.
Ce discours m'a semblé beaucoup plus juste, pertinent et touchant que celui consistant à proposer de sécuriser l'école sur un modèle carcéral en stigmatisant de façon grossière les élèves qualifiés de "difficiles".
Heureusement qu'en plus, elle n'avait pas ouvert de blog ! Elle se serait fait révoquer… La mise à sac de l'éducation nationale continue. Bientôt il ne restera que le mamouth.
Comment réagit la hiérachie de l'Education nationale quand l'un de ses agents met en évidence ses carences en appelant à l'aide ? ELLE LE SANCTIONNE. S'il y a un problème, c'est que l'agent n'a pas su faire face à la situation, ou qu'il crée lui-même le trouble. Gageons que ce professeur aurait eu une inspection ponctuée d'un rapport bien senti. Le plus souvent, les inspecteurs passent par le bureau du proviseur avant ou après la visite. Dans le secret du bureau, à la porte rembourée pour éviter les indiscrétions, le chef d'établissement peut tranquillement brosser un sordide portrait de son enseignant. Portrait qui sera ensuite validé par l'inspecteur. Il n'y a pas eu de réaction aux appels à l'aide de ce professeur parce qu'on estimait qu'elle était incompétente.
Oxygène a parfaitement synthétisé l'état des lieux.
En fait l'éducation nationale est en train de se comporter avec les enseignants comme la plupart des employeurs privés avec leurs salariés et l'état avec les chômeurs, elle les accuse et les désigne comme responsable de la situation qu'ils subissent. Je suis d'un temps où on aurait au contraire estimé que ces personnes étaient en droit d'obtenir un légitime soutien. A quel moment ce monde est-il devenu fou ?
sécuri-TAIRE, eh oui, hélas. bien vu Luciole.