Quand on demande ses papiers à sa Majesté PrincessH
« M'enfin, du coup, j'ai demandé aux gamines si ça leur arrivait souvent, elles m'ont répondu "une fois par semaine en moyenne"...
Moi, avec mes cheveux blonds, ma peau blanche, mes yeux clairs, et mes ancêtres pur terroir depuis le Moyen-Age et avant, c'est la seule fois de ma vie, jusqu'à présent... »
Je ne reproduis pas ici le dessin de sa sérénissime mais je vous promets qu'il vaut le détour !
Je note par ailleurs que jamais de ma vie on ne m'a demandé mes papiers d'identité...
C'est curieux car je me souviens que lorsque, étudiante, j'étais caissière dans un grand magasin parisien, mes collégues au teint sombre évitaient de sortir à la station "Forum des Halles". C'était la seule façon qu'ils avaient trouvé de contourner les contôles d'identité sythématiques et de pouvoir pointer à l'heure...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 10/11/2005
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Commentaires
Tout le monde comprendras que mon mon mari ne se déplace jamais sans sa carte d'identité. Même si j'en ai besoin pour faire une photocopie ou pour la montrer au service social. Il préférera faire un détour pour m'accompagner plutôt que de rester quelques heures sans, ce qui pour lui, signifierait être bloqué à la maison... Par contre, quand il est avec moi, jamais de problème. Je suis alors sa carte d'indentité :-)
Ma peau blanche, mes yeux clairs et mes cheveux raides m'ont évité ces contrôles jusqu'à... ce que j'épouse un homme "au teint sombre" comme vous dites VT. Depuis lors, j'ai eu l'occasion de tester la police ferroviaire, les douanes, la BAC, les gendarmes aux péages et j'en oublie certainement. Cela m'a permis de constater que nous ne sommes pas tous égaux devant l'Etat républicain... et de comprendre aujourd'hui la colère des banlieues.
Jamais non plus. Une fois seulement dans le RER avec un pote basané, lui seul s'est fait contrôlé. Lorsque je me suis tournée vers les agents pour leur demander s'ils voulaient aussi mes papiers, ils m'ont demandé s'il était avec moi ! J'en suis restée abasourdie. Je n'arrive toujours pas à comprendre.
Lorsque tu dis que les Français ne sont pas racistes, mais la France oui, je sais que tu as raison mais je trouve ça effrayant.
peux pas m'empêcher de flashbacker sur une époque où on faisait la queue dans le métro pour faire contrôler nos papiers quand on voyait un contrôle en cours .... on était au lycée ... mais pourquoi on le fait plus maintenant
J'ai tres souvent eu envie d'aller reclamer un controle d'identite aux policiers dans cette gare RER du val d'oise que j'ai longtemps frequentee. Pourquoi certains auraient-ils le privilege du controle et pas moi? Je crie a l'injustice, et la, je suis serieux.
Conseil rigolo pour pas vous ennuyer dans la vie: Essayez d'avoir une tête très sud, même pas identifiable au premier regard, des nom et prénoms plus français t'es mal et d'être née au coeur des Vosges.
C'est en essayant d'expliquer à un flic que non, je n'avais pas volé ma carte d'identité, et que oui, j'étais vosgienne et à moitiè espagnole pied-noir et que donc oui, je pouvais être très typée et m'appeller Brigitte, grâce à ce brave homme donc et à sa si obtuse petite cervelle j'ai découvert ma vocation. et vive l'histoire des peuples et des migrations. Essayez donc de noyer un raciste sous sa propre histoire Non, je vous le dis, c'est trop bon ...
Précisons que j'ai eu le même problème avec des tarés de chaque communauté, de chaque couleur et de chaque religion.
Une petite exception pour que la règle soit confirmée.
Un soir tard après un ciné, place de Clichy à Paris, mon pote et moi nous demandions où aller après la séance. Deux policiers se sont approchés pour contrôler nos papiers (que nous avions sur nous, ouf !). Ils nous ont demandé accessoirement ce qu'on faisait là (heu...) et aussi si nous avions fait notre service militaire (c'était vers 1993, alors que j'étais encore un fringant étudiant). Nul ton agressif de leur part. Précisons que je suis français, blanc, et idem pour mon pote. Et précisons aussi, est-ce utile, que c'est la seule fois de ma vie que cela m'est arrivé.
Demander les papiers de son altesse sérénissime la princesseH. On a frôlé la crise diplomatique.
Quand j'étais jeune, il y a plus de vingt ans (ta gueule, fiston) j'avais des cheveux longs et un grand blouson (je roulais en mobylette), des bottes, un grand sac (avec le casque dedans pour pas qu'il se nique dehors sous la pluie). Et un walkman (un truc de terroriste, à l'époque, payé avec mon pognon, comme la mob). En gros, les fringues normales de ma banlieue normale avec un nom qui se finit en y.
Je me faisais contrôler à tout bout de champs : sans rire : à peu près une fois tous les deux jours : une fois sur 4 à l'entrée ou à la sortie du RER, une fois par semaine à Denfert-Rochereau, faites les comptes. J'avais même plastifié ma carte d'identité pour pas qu'elle s'use parce que les flics trouvaient malins de la manipuler dans tous les sens avec leurs doigts sales (et ça valait 130 balles, la carte d'identité, à l'époque) pour faire genre qu'ils sauraient distinguer une vraie d'une fausse. Les bons jours, yavait fouille pour chercher des trucs qu'on fume sur lesquels on payait pas les taxes. Moi, je ne fumais pas. Un jour, pour rire, j'avais emporté une enveloppe de sauge de cuisine piqué à ma mère. J'ai fini au poste, évidemment : l'humour, ils connaissaient pas ya 20 ans. On m'a même expliqué que c'était un délit, et le pire, c'est que c'était vrai (la fausse ou la vraie, c'est pareil, même au fond du sac et sans rien prétendre).
Un jour, j'ai croisé la première femme de ma vie et j'ai coupé mes cheveux.
Hé ben devinez quoi ? Plus de contrôles.
Le truc chiant, c'est qu'avant, dans le RER, personne s'asseyait à côté de moi : l'odeur, sans doute. Une fois propre, les gens sont venus m'agresser avec leurs odeurs corporelles made-in-l'Oreal à eux en s'asseyant à côté de moi. Yen a même qui essayaient de me parler mais bon : rien que de voir avant/après, c'était pas le peine, ils avaient qu'à rester entre eux.
D'ailleurs, ils restent toujours entre eux. Mais au moins, maintenant, ils ne me voient plus au milieu d'eux et chuis peinard. Ya qu'au boulot ou faire semblant, des fois, ça use.
Tu (Tarquine) as écrit le post que je pensais écrire ... je n'ai jamais été controlé de ma vie (excepté dans ma voiture).
C'est donc à la fois difficile et facile de comprendre le ras-le-bol des "éternels contrôlés". Difficile car je ne me sentirais pas agressés si l'on me demande mes papiers et facile car je me dis que les flics ne sont peut-être pas "tout à fait correct" lors d'un contrôle d'identité ... bref "On ne devrait pas être contrôlé en fonction de la couleur de se peau ..." mais c'est une Lapalissade.
NB : J'aime bien le commentaire sur PrincessH :
...
ça me fait aussi penser à
Tait-toi
Curieux écho...
J'ai une amie chère et noire et française d'origine étrangère qui, à chaque démarche administrative est tenue d'apporter les preuves de sa nationalité Française : certificats divers et variés attestant sa naissance sénégalaise, sa naturalisation, sa "francité", sa résidence. Et ces tracasseries vexatoires ne cessent que lorsqu'elle fait état de son statut de haut-fonctionnaire...
Il y bien deux France dans la France, celle d'en haut et celle des autres.
Contrôle d'identité ? Mouais, quand je débarque dans la gare de mon bled et que les flics du coin font un contrôle de routine (je dois reconnaître une certaine impartialité dans ledit contrôle, on était 4 ou 5 dans la gare, tous ont montré patte blanche).
Dans Paris ? Jamais. Y'a même des fois où j'ai envie qu'on me demande mes papiers, que je puisse affirmer : regardez, j'existe, c'est moi... Mais nan, avec mon teint d'aspirine et mes taches de rousseur, no way. Même avec les cheveux longs, ils me contrôlent pas :'(
Amis policiers : Contrôlez moi ! J'ai toujours mes papiers sur moi ! En plus j'ai une tête de crétin dessus, ça vous fera rire ! Alleez, un p'tit contrôle autre que celui de l'aéroport quand je rentre ? Sioupléééé ! ?
Me voilà fort flattée d'être le source d'un billet chez vous, chère Tarquine... D'autant que j'ai hésité à commenter la situation actuelle, jusqu'à ce que j'ai lu ici l'histoire de Mohammed et Fatima, qui m'a rendue si triste....