La larme et le porte-voix
Il est une bien jolie chanson dans le Robin des bois de Disney que regardent mes enfants.
Des bas, des hauts,
Il y en a partout
Mais des drames,
Il y en a surtout,
Ici à Nottingham !
J'espère avoir laissé les drames
derrière moi mais je déambule, parfois
même prestement, entre l'apogée et le
périgée de mes émotions, de
mes humeurs ou de mes peurs.
Parce que donner en lecture n'est pas jeter en pâture, parce
que je ne veux pas risquer de transformer en drame quelques humeurs
lancées sur ces feuillets, je les tais.
Silence obstiné qui me pèse, censure à
moitié tolérée qui m'obsède.
Je touche ici aux frontières de l'intime et aux limites de
la renommée, celles où l'on redoute de se savoir
lue.
Si bientôt 39 ans de cohabitation avec ma personne m'ont
appris que lâcher la proie pour l'ombre est toujours une catastrophe
iminente, j'ai la conscience aiguë que savoir se taire
procède aussi du respect.
Entre le marteau et l'enclume, entre la larme qui coule et le
porte-voix qui la surestime, entre les silences planqués
derrière des banalités et les tumultes qui me
cinglent, la voie de la mesure me paraît bien
escarpée.
Egarée, je suis.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 25/10/2005
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Commentaires
J'aime bien cette description entre deux couplets (et comme je m'identifie aux pauvres ratons laveurs, parfois, moi/nous aussi) : "(Quatre ratons-laveurs portant des costumes à rayures horizontales rejoignent leur cachot, visiblement éreintés par une journée de travaux forcés)" Bon courage !
La voie de la mesure escarpée, la voix de la mesure faiblement audible à bien des moments... Juste question, le bord de l'intime, comme au bord d'un abîme. Une fois de plus, tu viens nourrir mes propres interrogations... Sourires...
Si je savais où acheter les petits cailloux du petit poucet, je t'en achèterais des poignées entières pour que tu ne sois plus perdue.
Je me cotise avec Vroumette :-) !
Je ne sais plus si nous nous vouvoyons ou tussoyons, alors pour aujourd'hui ce sera un vous de grand respect, pour madame Tarquine qui sait si bien trouver les mots pour ses peines, qui rejoignent parfois les nôtres et qu'elle allège chez nous sans nous charger des siennes (1) tout en les exprimant. C'est pour moi un réel secours. Je suis persuadée que je suis pas la seule à qui vos textes font cet effet-là. bon courage et encore merci.
(1) car la frontière impudique de l'intime n'est ici jamais franchie.
Vous avez choisi une voie difficile, Tarquine.
La voie de l'authenticité, la voie de la rigueur et de l'honnêteté. Entre l'honnêteté à soi et celle envers vos lecteurs, c'est évidemment la première qui doit primer.
Parce que vous avez besoin de mettre en mots (plutôt qu'en maux) des sentiments, des émotions et que la rigueur vous amène à peser tous ces mots pour vous clarifier le plus possible, vous en devenez fragile et vous funambulez sur les fils de vos billets.
Mais ce que nous lisons n'est jamais que l'expression de ces sentiments et émotions qui eux seuls font sens pour vous. Votre volonté farouche de n'être pas raccoleuse permet que pour moi (et d'autres aussi) cette expression, par la qualité de vos écrits, fasse sens aussi et me (leurs) donne à penser.
C'est de cela que je vous suis redevable : un témoignage ciselé qui fait sens et en devient précieux.