L'instable instant d'équilibre
Il est une saison où l'on s'est fait tellement
happée par la vie que l'on a franchi des montagnes, gravi de
tels sommets que le fardeau semble moins lourd.
Il est un instant où l'on sait aussi qu'il faut s'interdire
de regarder sans cesse derrière soi, absolue certitude que
l'on doit pas laisser son passé boucher son avenir.
Car les souvenirs ont tôt fait de vous escroquer le
présent, les comparaisons sont
délétères. Alors, un rien besogneuse
bien que sans aucune forme de contrainte, je baisse le front pour faire
route obstinément.
Parfois le train s'accélère et le pas
s'allège tant que l'on a soudain l'envie de tendre les bras
de part et d'autre en se rêvant princesse de la voltige.
Mais aimer l'ivresse de l'altitude ne signifie pas que l'on a, sans
conteste, la force de regarder très loin devant soi. Les
turbulences de la vie m'enivrent autant qu'elles m'apeurent, comme si
peindre un avenir allait parfois brûler mon passé.
Alors, par moment l'on a envie de se tenir loin des deux, ne pas
regarder derrière soi pas plus que d'envisager l'avenir,
loin des cimetières et des secrets, simplement croire que
dans le temps s'ouvrirait une minuscule niche où l'on se
roulerait en boule en suçant son pouce.
Mais le temps ne connaît qu'un sens.
Mais le temps ne se rembobine pas.
Mais le temps ne peut s'arrêter.
Mais le temps ne tend que vers demain.
Un instant de repli où l'on fermerait les yeux et
où l'on ne penserait à rien... Une belle illusion
d'optique.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 17/10/2005
Tréfonds et sentiments
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Commentaires
Je suis sûre que tu seras à la hauteur de ton rôle de princesse de haute voltige. Que tes pas deviennent de plus en plus légers.
Le réel exil commence lorsque le présent est confisqué. Quand on est condamné à rêver le temps d'avant et attendre l'avenir.
Chawki Abdelamir
Soyez heureuse, vous êtes sortie de cet exil.
Bonsoir
L’illusion optique, n’est elle pas l’interprétation, par le cerveau, d’un irréel espace temps achevé ?
Respectueusement xuan-lay
La vie est un grand escalier. On peut jeter de brefs coups d'oeil en arrière pour voir si on nous suit, mais il est préférable de se concentrer sur les marches à gravir pour ne pas en rater une. Alors oui, on peut s'arrêter et s'asseoir un peu. Mais ceux qui suivent en seront gênés. Et il y a tellement de monde sur la même marche avec qui faire un bout de chemin qu'il serait dommage de se priver de leur aimable compagnie.
Les sots seuls, peut-être ne doutent de rien ... (nulle flagornerie de ma part)
J'aime bien cette nouvelle rubrique "Tréfonds et sentiments" : elle vient à son heure, elle n'annule pas les autres, elle a pointé son nez, a pris sa place et nous vaut de bien beaux billets.
Je ressens tout ça... exactement tout ça... sourire...
C'est toujours aussi fort ce que tu écris Tarquine. Il y a tellement d'émotions lâchée sur le "papier". Le temps, il est souvent si difficile de savoir qu'en faire, trop ou pas assez, en avant ou en arrière, délicat complice de nos vies. Je dépose là de gros bisous. Il te sera peut être tout aussi peu aisé de savoir qu'en faire remarque!!! lol Bien à toi Lady ;))
Salut Tarquine, je viens relire ce texte, que je trouve tellement beau, tellement fort et mélodieux...Voir la vie comme un poème, luichoisir de jolis mots, ces phrases gonflent de sens et prennent leur envol. Merci :)